Nos élus Provinciaux

lundi 26 septembre 2016

LKU : "Ici on préfère les gens qui viennent de l'extérieur. On fait en sorte que le Kanak continue d'être marginalisé"

Ce samedi, c’était la fête de la citoyenneté. Mais à Nouméa, les organisateurs de la cérémonie au Mwâ Kââ ont regretté l’absence des communautés.
© NC1ere
L'initiative du Mwâ Kââ avait été lancée en 2003 par une association de la mouvance indépendantiste kanak  à l'occasion du 150e anniversaire de la prise de possession de la Nouvelle-Calédonie par la France.
Aujourd’hui, les participants se posent une question : où sont les autres communautés ?
Ce regret constitue un des temps forts de la célébration de ce samedi.
Tout comme le combat pour le corps électoral référendaire, dont de nombreux Kanak seraient toujours exclus.

CEREMONIE DU 24 SEPTEMBRE MWAKA

source

jeudi 22 septembre 2016

GLENCORE au secours de VALE (1 milliard de $) et KNS (49% Glencore) licencie ? ..

VALE emprunte un milliard de dollars garanti par GLENCORE ! A lire ici

 et

 Menace sur l'emploi chez Koniambo nickel : 140 postes seraient concernés A lire ici  et ici

pourtant

Glencore est un actionnaire de Koniambo Nickel SAS c'est une coentreprise appartenant à la Société Minière du Sud Pacifique (51 %) et à Glencore (49 %).

 

mardi 20 septembre 2016

Pour les Peuples colonisés d'Outre-mer qui seraitent tentés de voter sarko


Nicolas Sarkozy : "Dès que l'on devient français, nos ancêtres sont gaulois"

L'ancien président de la République, candidat à la primaire de la droite, était en meeting à Franconville, dans le Val-d'Oise. "Nous exigeons l’assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois." Une déclaration qui a une résonance particulière Outre-mer.
Nicolas Sarkozy en meeting à Franconville, le 19 septembre 2016 © Martin BUREAU / AFP
© Martin BUREAU / AFP Nicolas Sarkozy en meeting à Franconville, le 19 septembre 2016

En meeting électoral dans le Val-d'Oise, Nicolas Sarkozy a dénoncé  "la tyrannie des minorités". L'ancien chef de l'Etat, candidat à la primaire de la droite en vue de la présidentielle, a assuré que s'il gagnait en 2017, il serait "le président de la communauté nationale car en France, la seule communauté qui vaille est la communauté française". "Si l'on veut devenir français, on parle français, on vit comme un Français. Nous ne nous contenterons plus d'une intégration qui ne marche plus, nous exigeons l'assimilation. Dès que vous devenez français, vos ancêtres sont gaulois. +J'aime la France, j'apprends l'histoire de France, je vis comme un Français", doit se dire celui qui devient français", a ajouté Nicolas Sarkozy.


Aimé Césaire et les Gaulois

Cette petite phrase de Nicolas Sarkozy en référence aux Gaulois, prend une résonnance toute particulière dans les anciennes colonies françaises et notamment dans les départements, régions et pays d'Outre-mer, comme l'expliquait Aimé Césaire dans un de ses ouvrages, "Nègre, je resterai" :


Je me souviens d'une scène, à l'école primaire. J'étais assis à côté d'un petit bonhomme, à qui je demandai: «Que lis-tu?» C'était un livre: «Nos ancêtres, les Gaulois, avaient les cheveux blonds et les yeux bleus...» «Petit crétin, lui dis-je, va te voir dans une glace!»Ce n'était pas forcément formulé en termes philosophiques, mais il y a certaines choses que je n'ai jamais acceptées, et je ne les ai subies qu'à contrecoeur."

Aimé Césaire
Et les Ultramarins de la génération d'Aimé Césaire conservent les mêmes souvenirs, comme Yvette Bouquet, artiste de Nouvelle-Calédonie interviewée dans le documentaire "Nos ancètres les Gaulois" (à visionner ci-dessous), qui explique : "Nos livres d'Histoire, c'était Jeanne d'Arc, Louis XIV. On ne comprenait rien. On disait +Nos ancêtres les Gaulois+. On m'inculquait que mes ancêtres étaient Gaulois, aors que mes ancêtres étaient Kanak. Maintenant, avec le recul, cela me fait rire".

Regardez ce documentaire, "Contre-histoire de la France d'Outre-mer : nos ancêtres les Gaulois", diffusé dans l'émission Archipels, sur France Ô et Outre-mer 1ère :

source

lundi 19 septembre 2016

Enfin ... la vérité surgit : qui a donc créé AL QAEDA et DAESH ?

La question sur le « terrorisme islamiste » que ni Hollande, ni Valls, ni Sarkozy, ni Juppé, ni Le Pen, ni Bayrou, ni consorts n’expliquent jamais au peuple français…
La tragique tuerie de Nice a conduit les habituels ténors de la politique française ayant le monopole d’accès aux grands médias (en particulier Hollande, Valls, Sarkozy, Juppé et Mme Le Pen) à prendre des airs martiaux.
C’est à qui s’indignera le plus fort que « les terroristes nous ont déclaré la guerre ».
C’est à qui fera la dernière surenchère dans la privation des libertés publiques et dans l’accroissement drastique de la surveillance des Français.

dimanche 18 septembre 2016

Calédosphère : un blog nauséabond aux mains de forces obscures

Le 5 juin dernier nous disions les tentatives de manipulations orchestrées par le pseudo-site d’information de Franck Thériaux. Si l’information selon laquelle Calédosphère a été pris en main par les services de renseignement de l’Etat français avait pu faire rire des esprits naifs les dernières semaines ont démontré la véracité de l’influence nauséabonde qu’exerce ce « blog » sur l’opinion calédonienne.
Au lendemain d’un simple fait divers qui a vu la disparition d’un responsable politique après une simple bagarre ce blog a sans aucune retenue diffusé les informations confidentielles détenues uniquement par les services de la police judiciaire. Quel meilleur exemple des liens étroits entre l’Etat et les contributeurs anonymes de Calédosphère ! Car l’Etat français n’a jamais rechigné à utiliser des médias à sa botte pour véhiculer des informations servant ses intérêts. Les attaques contre des indépendantistes estimés et respectés de Calédonie n’ont trompé personne.
Plus grave encore et à de nombreuses reprises les propos tenus lors des réunions confidentielles du gouvernement de Nouvelle-Calédonie ou d’autres institutions sont toujours diffusées de manière plus ou moins avouée par ce blog très fréquenté quelques fois une ou deux heures après la séance officielle du gouvernement. Faut-il rappeler que le représentant de l’Etat est toujours membre officiel de ces réunions ? Par l’intermédiaire de son représentant la France ne cherche-t-elle pas à constamment rapporter quelques affaires sensibles pouvant fragiliser des élus par l’entremise d’un média à sa botte ?
Mais ces élus ne sont pas choisis au hasard. Ce sont essentiellement ceux du Rassemblement-UMP et de l’Union Calédonienne et du Parti Travailliste. Utilisant des arguments démagogiques tels que les voyages ou les dépenses de ces élus, Calédosphère tente de jeter le discrédit sur des responsables très respectables qui ont eux le mérite d’être Calédoniens !
Farouchement protecteur quand il s’agit des représentants de l’Etat ou encore de groupuscules comme la Ligue des Droits de l’Homme ou des associations pseudos-écolos qui s’en prennent systématiquement à des entreprises bien implantées, Calédosphère s’en prend constamment à des fleurons économiques calédonien tel que l’OPT, ou à des grands groupes détenus par des vieilles familles respectables du territoire.
Calédosphère aux mains des Francs-maçons ?
Difficile de pas voir le lien entre les services de renseignement de l’Etat des personnalités médiatiques, un monde associatif opaque et très influent et l’ombre de la Franc-maçonnerie très présente en Nouvelle-Calédonie. Thierry Squillario en savait quelque chose. Avant son mystérieux suicide le journaliste d’investigation avait diffusé des informations sur les liens entre des Francs-Maçons déclarés et l’IHEDN, le puissant Institut des hautes études de défense national. Le rédacteur en chef des Infos expliquait que la Franc-maçonnerie fait une politique de conquête souterraine et d’envergure pour manipuler les calédoniens. Des sources bien informées racontent que le journaliste allait faire des annonces importantes sur les liens entre la puissante organisation, les services secrets français et l’Opus Dei tous associés pour conserver la Calédonie dans le giron de la France.
Parmi vous si quelqu’un a des informations ou des noms sur les franc-maçons qui participent à ces opération de manipulation des masses n’hésitez pas à nous les communiquer : ce site internet est fait pour ça.

samedi 17 septembre 2016

vendredi 9 septembre 2016

Kanaky : Décolonisation explosive, question sociale bouillonnante, jeunesse en souffrance

Deux grèves générales ont marqué l’été en Kanaky (Nouvelle-Calédonie)...

Début août, le syndicat kanak indépendantiste USTKE, a exigé un rééquilibrage dans l’emploi et les responsabilités moins défavorable aux Kanaks. Le 1er septembre, une intersyndicale menée par le syndicat USOENS lié à la CFDT a lancé une grève contre la vie chère (les prix sont 35 % supérieurs à ceux de la métropole, 89 % pour l’alimentaire) et pour soutenir une loi, votée ce jour-là, encadrant les bénéfices des patrons pour faire baisser les prix.
Délimitant deux orientations politiques, ces conflits sont sous-tendus par l’échéance de 2018, terme du processus de décolonisation signé par les différentes parties en 1998, où le peuple devrait décider par référendum du type de souveraineté qu’il souhaite.
En 2014, les élections ont donné une majorité aux non-indépendantistes, plutôt liés à l’UDI française,  dans un rapport de forces démographique défavorable aux Kanaks qui ne représentent que 40 % de la population. En l’état actuel des intentions de vote, les indépendantistes ne semblent pas pouvoir l’emporter.
Le soulèvement kanak des années 1970-1980 avait poussé au « développement » d’une île figée dans un apartheid colonial où les Kanaks végétaient dans la misère face à des Européens à la richesse insolente. Depuis, beaucoup de choses ont changé. Avec un taux de croissance de 3 à 4 % dû à l’industrie du nickel, l’île s’est transformée : réseau électrique, routes, adduction d’eau, habitat, hôpitaux, écoles, centres culturels. Une classe moyenne est apparue, et des unions mixtes et une parole critique d’artistes, écrivains, journalistes présentent pour des jeunes métissés plus d’espoirs que le débat politique. Nombre d’ouvriers, d’intermittents, chassés par la crise en Europe, se sont engouffrés dans cette embellie calédonienne. Acceptant des salaires plus bas que les locaux, ils entrent en concurrence avec les Kanaks. Mais aujourd’hui le prix du nickel s’effondre. La bulle calédonienne pourrait éclater...
Le spectre de l’indépendance resurgit
Les tensions se multiplient d’autant plus que les inégalités se sont creusées. Dans les zones rurales, sur la côte Est, dans les îles Loyauté ou autour de Nouméa, la paupérisation a marginalisé bien des jeunes Kanaks qui rejettent par ailleurs les pratiques coutumières. 27 % de chômage chez les Kanaks, 7 % chez les autres ; 30 % de chômage dans le Nord et les îles, 8 % dans le Sud ; 9 % de Kanaks exercent des responsabilités, 91 % pour les autres. Une partie de la jeunesse kanak sort très tôt du système scolaire, ne trouve pas d’emploi et finit dans la prison du « Camp Est » à Nouméa, la pire de France, peuplée à plus de 95 % de Kanaks et Océaniens.
Les luttes sociales, récurrentes mais politiquement différentes, soit contre les prix, soit pour le rééquilibrage des emplois et des responsabilités, sont habitées de ces contrastes. De nombreux conflits sociaux radicaux ont éclaté ces dernières années. En 2009, Gérard Jodar, dirigeant de l’USTKE, a été condamné à un an de prison ferme.
Les indépendantistes de 1970-1990 cherchaient la conquête des institutions, construisant bibliothèques, complexes culturels, lotissements, zones artisanales. Mais le chômage et les positions prises (notamment dans la principale usine de nickel où ils sont majoritaires en collaboration avec le capitaliste Glencore) avivent les dénonciations d’affairisme et de compromission. Ainsi, à la manifestation du 1er septembre, on pouvait entendre la revendication de pouvoir aux ouvriers et la dénonciation de ces patrons de tout bords qui gouvernent l’île.
Le projet d’indépendance kanake socialiste resurgit, Alimenté par les indépendantistes du Parti travailliste ou de l’USTKE qui refusent les options capitalistes mais aussi par le Sénat coutumier qui ravive la question culturelle identitaire et relance la légitimité kanake, dénonçant l’argent roi, faisant prévaloir un discours et une pratique économique égalitaristes. Ainsi, il apparaît que la légitimité du droit à l’indépendance ne peut être séparée du pouvoir aux Kanaks pauvres. Et s’il est probable que le référendum sera encore repoussé au profit d’une solution négociée, « gare aux convulsions » !
Jacques Chastaing

mercredi 7 septembre 2016

Bonjour Tristesse : ÉTÉ DE MERDE

dimanche 4 septembre 2016

La france, ce grand pays où on honore la Femme. Et après ils veulent nous expliquer l'égalité Homme-Femme ???

Mesdames, gardez bien cette photo en mémoire pour 2017, quelle brochette de misogynes  !
En france, déjà que la Femme ne peut pas s'habiller 
comme elle le souhaite, alors comprenez qu'avant qu'elle accède à la présidence de la république 
faudra repasser dans 100 ans...



vendredi 2 septembre 2016

Aujourd'hui, les enfants, le professeur fillon va vous raconter comment la France a «voulu partager sa culture».


Et nous ne parlerons pas des massacres, des génocides dans les autres colonies françaises car il faudrait des mois voire des années ...  
Honte à toi fillon, de vouloir changer l'histoire de france !!!

jeudi 1 septembre 2016

Combien de milliards gagnés ? Le peuple Kanak devrait être milliardaire....


Tchernobyl : du nickel calédonien pour confiner la radioactivité

C’est un chantier unique au monde. En Ukraine, un peu plus de trente ans après la plus grave catastrophe nucléaire de l’histoire, une immense charpente métallique en acier inoxydable au nickel va confiner le réacteur accidenté. Elle pèse plus de 25.000 tonnes.
Enceinte de confinement en acier inoxydable et nickel du sarcophage nucléaire de Tchernobyl en Ukraine © Droits réservés
© DROITS RÉSERVÉS Enceinte de confinement en acier inoxydable et nickel du sarcophage nucléaire de Tchernobyl en Ukrainesourand
Le 26 avril 1986 à 1 h 23 du matin, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait. A une centaine de kilomètres au nord de Kiev, le site atomique porte encore les stigmates du cataclysme. Un consortium français conduit par Bouygues et Vinci finalise la nouvelle enceinte de protection conçue pour durer un siècle. Cette arche immense est en acier inoxydable, elle contient du nickel de haute pureté produit en Nouvelle-Calédonie.
 

Du SLN 25 pour Tchernobyl

Le grand chantier en cours est celui de la nouvelle enceinte de confinement. Elle doit recouvrir le vieux sarcophage qui entoure le réacteur éventré. L’arche d’acier inoxydable de Tchernobyl contiendra plus de 3000 tonnes de nickel. Pour ce défi hors norme, il fallait utiliser un alliage de grande pureté. L’aciériste européen Aperam a fait appel principalement à la SLN et à Eramet. Plus de 500 containers de nickel SLN25 ont été acheminés par voie maritime de Nouméa à Anvers. Puis par camion jusqu’à Charleroi. À la sortie des fours électriques, les énormes bobines ou « coils » d’inox mesurent 1000 mètres de long et pèsent plus de 20 tonnes chacune.

© Alain Jeannin. Acier inoxydable APERAM au nickel SLN 25 Eramet
© Alain Jeannin. Acier inoxydable APERAM au nickel SLN 25 Eramet

Dans la codification industrielle et métallurgiques, les séries 304 et 316L contiennent un minimum de 10 % de nickel. Après les forges de Charleroi en Belgique, les bobines ont été transportées puis assemblées sur le chantier de Tchernobyl en Ukraine. La série 316L servira d’isolant pour la tranche supérieure de ce sandwich très particulier. La série 304 est celle qui contient le SLN 25. Elle servira de revêtement intérieur non-magnétique pour éviter l’accumulation de poussière contaminée. 
Sur place, en Ukraine, un contingent spécial de 2 500 spécialistes travaille à l’édification de l’ouvrage monumental, la couverture métallique de la centrale nucléaire. Ces travailleurs de l’extrême s’affairent sous l’arche d’acier, dont le site d’assemblage, à 300 mètres du réacteur, a été assaini et recouvert de béton. La radioactivité est relativement faible, sauf à proximité du réacteur numéro 4 dont l’accès est limité et sécurisé.
 

Il fallait le meilleur acier inoxydable

Le chantier titanesque se situe à quelques centaines de mètres du lieu où s’est produit le plus grave accident nucléaire de l’histoire. L’intérêt du nickel calédonien dans l’inox de la structure ? « Le nickel va optimiser la résistance de l’acier inoxydable et lui permettre de résister aux aléas climatiques, de plus ses qualités mécaniques et physiques assurent une barrière impénétrable à la radioactivité » précise le Nickel Institute.
« La pureté et la stabilité de l’alliage de fer et de nickel SLN25 en font un choix évident. Pour confiner la radioactivité, il faut le meilleur acier inoxydable et pour y parvenir, il doit contenir le meilleur nickel » explique, sous couvert de l'anonymat, un responsable du projet.

L'or gris de la SLN : alliage de Fer et de nickel SLN 25 Eramet pour l'acier inoxydable © Alain Jeannin
© Alain Jeannin L'or gris de la SLN : alliage de Fer et de nickel SLN 25 Eramet pour l'acier inoxydable

L’arche d’acier inoxydable et de nickel est haute de 108 mètres, elle mesure 257 mètres de long et 162 mètres de large – de quoi contenir la statue de la Liberté. Elle pèse trois fois plus que la Tour Eiffel. Voilà pour les chiffres de cette prouesse industrielle.
Le consortium Novarka comme « nouvelle arche », « nova arka » en ukrainien a été mis spécialement en place par les Français Bouygues et Vinci qui assurent la réalisation de cette nouvelle enceinte de confinement sécurisée.
Si l’hiver prochain n’est pas trop froid, car le chantier est stoppé quand la température descend en dessous de -17°C, rendez-vous est fixé en 2017 pour voir achever le tombeau d’acier inoxydable et de nickel calédonien de Tchernobyl.
Avec cette prouesse d’ingénierie, la population ukrainienne et l’environnement européen devraient être protégés pour un siècle ou plus.

Face aux fraudes et à la répression, la France doit arrêter son soutien aveugle à Ali Bongo

Gabon : Lettre ouverte à François Hollande, président de la République

Paris, le 29 août
Monsieur le Président,
Alors que jusqu’à aujourd’hui, l’exécutif français continue de soutenir le régime du clan Bongo-PDG [Parti Démocratique Gabonais] au pouvoir depuis près de 50 ans , notamment via sa coopération militaire et sécuritaire [1], il est plus que temps que les autorités françaises se rangent enfin du côté du peuple gabonais et condamnent les pratiques de cette dictature !
Si samedi 27 août, d’après tous les observateurs et médias, le peuple gabonais est allé massivement voter, le processus électoral aura été clairement entaché de nombreuses fraudes et irrégularités. Tout d’abord en amont des élections, avec le fichier électoral qui comporte de très nombreuses irrégularités comme l’a démontré dans un audit [2] le chercheur May Mouissi : plus d’une cinquantaine de villes ont un nombre d’électeurs inscrits plus important que d’habitants par exemple !

La veille du jour du vote, le 26 août, la Cour constitutionnelle (présidée par la belle-mère d’Ali Bongo, pour rappel) annonçait qu’elle "autorise les militaires à voter en dehors des centres dans lesquels ils sont régulièrement inscrits, et l’ouverture de listes additives d’électeurs pour eux [3]", ceci en dehors de tout cadre légal. Mais aussi lors de la journée du vote, où de nombreuses personnes ont été surprises en train de voter plusieurs fois avec différentes cartes d’électeurs, notamment certains élus PDG à Libreville, sans parler des nombreux cas de bureaux de votes fictifs où se trouvaient des urnes pré-remplies comme ont pu le montrer plusieurs vidéos et photos.
Malgré toutes ces fraudes avérées en faveur du président sortant, de nombreux acteurs internationaux – dont le Parti Socialiste français [4] - considèrent, tout comme la société civile, ainsi qu’une large partie de l’opposition politique gabonaise, qu’Ali Bongo est nettement distancé par son opposant principal, Jean Ping. Ces affirmations font suite à la compilation d’une grande partie des procès-verbaux des bureaux de votes dont les différents observateurs, tant de la société civile que des partis politiques, ont obtenu une copie.
Malheureusement, tout laisse à penser qu’Ali Bongo prépare un nouveau coup de force pour s’imposer, quitte à utiliser la violence comme il l’avait fait en 2009 (provoquant la mort de plusieurs dizaines de civils, notamment à Port Gentil). En effet, et comme nous vous l’avions déjà signalé dans notre courrier du 22 juillet dernier [5], les répressions vont grandissant contre les opposants depuis le début du mois de juillet (de nombreux militants sont d’ailleurs encore aujourd’hui en prison et ce de manière totalement illégale). Ce week-end, c’est l’activiste franco-gabonais Rodney Ekorezok, membre fondateur du CRAN Gabon et qui avait participé à la mise en place du dispositif AAA (Alerte Arrestations Arbitraires) qui a disparu juste après que plusieurs de ses amis ont eux-mêmes été embarqués par des forces gouvernementales. De plus, les deux chaînes de télévision privées, TV+ et la RTN, ont cessé d’émettre suite à une attaque de membres des forces armées du régime contre leurs installations. Les forces militaires ont de nouveau été déployées dans les rues, notamment de la capitale Libreville.
La mission d’observation de l’Union Européenne a annoncé [6] ce 29 août que le processus électoral avait été marqué par différentes irrégularités, notamment un manque de transparence. Elle fait aussi référence au fait que « l’ensemble des candidats de l’opposition et une partie de la société civile exprime un manque de confiance dans l’impartialité des trois organes responsables pour l’administration des élections, à savoir le Ministère de l’Intérieur, la Cour Constitutionnelle et la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP) ».
Nous demandons donc à l’exécutif français de ne pas reconnaître automatiquement les résultats qui seront annoncé par le ministère de l’intérieur, notamment avant que toute la lumière soit faite sur les nombreuses fraudes avérées qui ont eu cours pendant l’ensemble du processus électoral, et de conserver une extrême vigilance vis-à-vis des résultats qui seront annoncés par les organes responsable des élections du fait des allégations de non impartialité de ceux-ci
Nous vous demandons également de condamner publiquement toutes les violences et répressions perpétrées par les forces de sécurités gabonaises contre la population gabonaise, et renouvelons notre exigence de suspension de la coopération militaire et sécuritaire avec le Gabon. Par la même, nous vous demandons d’exiger la libération immédiate des différentes personnes arrêtées de manière arbitraire et détenues illégalement, et notamment le dernier en date, le citoyen français Rodney Ekorezok, tout comme l’ensemble des citoyens et militants détenus pour des raisons politiques, notamment Firmain Ollo Obiang, J. R. Yama, Koumba Mba Essiane.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération
 Fabrice Tarrit, co-président de l’association Survie
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