PARTI TRAVAILLISTE

KANAKY

lundi 21 novembre 2016

Le Parti travailliste hausse le ton

Le parti conditionne sa participation au scrutin d’autodétermination, à la demande d’inscription automatique des Kanak sur la liste référendaire.

« Maintenant, il faudrait que les Kanak aillent s’inscrire pour se prononcer sur l’avenir… Mais que devient leur position de colonisés ? » a argué Louis Kotra Uregei au congrès. Photo Yann Mainguet
Crée le 21.11.2016

Le discours d’ouverture avait posé le tempo. Appuyé, sans détour. Les décisions du VIIe congrès du Parti travailliste, concocté ce week-end Vallée-du-Tir à Nouméa, confirment l’orientation, pressentie avec le slogan de l’événement : « 2018 : notre rendez-vous avec l’histoire ! » Tout d’abord, sans surprise,
« on rejette tout nouvel accord » indique Louis Kotra Uregei, président réélu de l’organisation indépendantiste.
Une condition de participation au scrutin d'autodétermination est ensuite avancée. « Nous revendiquons l’inscription automatique et sans condition de tous les Kanak, de statut coutumier ou non », sur la liste référendaire. Apparaît ici « un préalable ». Si cette requête est écartée, « pourquoi irions-nous à ce référendum ? » avait lancé, en début de congrès, le leader du mouvement, à ses adhérents. Autrement dit, la grogne monte d’un cran.
« Tourner la page »
Cette demande d’inscription systématique des Kanak est portée par le Rassemblement des indépendantistes et nationalistes (RIN) dont des militants du Parti travailliste sont membres. Dans le prolongement de la marche du 26 octobre dernier, le collectif entend préparer une nouvelle mobilisation avant la fin de l’année. Et une troisième résolution a été adoptée, pour le court terme, cette fois, Vallée-du-Tir. « Nous avons décidé de ne pas participer aux élections nationales, présidentielle et législatives » en mai et juin 2017, souligne LKU. C’est-à-dire, pas de soutien, pas de candidats, et pas de vote. Rien. Pour le président du parti, « nous sommes axés essentiellement maintenant sur 2018. Il nous appartient de rester cohérents. On veut aujourd’hui tourner la page de la relation coloniale avec la France ». Ce choix de faire l’impasse sur les rendez-vous nationaux, tout comme la demande d’inscription systématique des Kanak sur la liste référendaire, rejoint une motion analogue de l’Union calédonienne, prise le week-end précédent à Houaïlou. L’exact écho. Le Parti travailliste n’a jamais caché sa proximité de pensée avec l’UC sur des sujets politiques. D’ailleurs, Louis Kotra Uregei et Marie-Pierre Goyetche siègent dans le même groupe au Congrès, l’UC-FLNKS et nationalistes, que les collègues du plus vieux mouvement calédonien. Une grosse différence s’impose néanmoins : la formation pilotée par Daniel Goa est une des composantes du FLNKS, contrairement au Parti travailliste. Le patron du PT n’a pas été tendre samedi matin à l’égard du Front. Une coalition « instrumentalisé(e) par certains responsables politiques. Le FLNKS n'est plus véritablement représentatif de la volonté politique des Kanak ». La perspective de l’échéance de 2018 va accentuer les positions des uns et des autres. Un contexte propice à des rapprochements peut-être plus structurés.