PARTI TRAVAILLISTE

KANAKY

samedi 12 septembre 2015

Qui a gagné de la crise des réfugiés dans l’UE ?


Qui a gagné de la crise des réfugiés dans l’UE ?

L’UE est en concurrence avec les économies de certains pays comme la Chine ou l’Inde qui ont une population beaucoup plus importante que l’Europe et un taux annuel de croissance hors de portée. Pour être compétitif, l’UE aurait besoin d’un marché commun et plus vaste. Les anciens États communistes au sein de l’EU ont fourni à l’Allemagne, la France, l’Angleterre, un plus grand espace où elles ont pu facilement intensifier leur marché, l’Union Européenne devenant ainsi un concurrent plus fort pour non seulement la Chine et l’Inde mais aussi pour les Etats-Unis, le Japon et la Russie.

EU-Enlargement-groups 
Cette année a commencé avec un grand défi pour l’UE, en particulier pour l’Allemagne (moteur et contributeur majeur de l’UE) grâce à de coûteuses solutions financières pour maintenir la Grèce dans l’UE. Si la Russie ou la Chine avaient eu une implication quelconque dans cette affaire, il était très facile pour eux d’accorder un prêt à la Grèce pour sortir de l’UE. Mais ils ne l’ont pas fait.

Immédiatement après ce choc, il est apparu la crise migratoire qui n’a aucun lien avec la Grèce, mais trouve son origine dans la même tendance de vouloir saper l’économie de l’UE. Cette fois-ci, non plus, ni la Russie, ni l’Inde, ni la Chine n’apparaissent dans l’équation. La Commission Européenne a imposé des quotas obligatoires pour la redistribution d’un premier lot de 160 000 réfugiés. Etonnamment, l’Angleterre, fidèle allié des États-Unis, a été exemptée de la répartition des réfugiés sur son territoire. Et comme cette mesure encourage d’autres plus grandes vagues de migrants, il est prévu que l’ensemble des dépenses de l’UE serait supportées par les économies de la plupart des États membres.

imigranti-Irak-Orientul-Mijlociu 
Les avions multi rôles des sultanats du Golfe (Qatar et Émirats Arabes Unis) ont été extrêmement utiles pour les Etats-Unis et l’Europe (France, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Canada, Danemark, Italie, Norvège, Espagne, Suède) lors de l’opération de bombardement de la Libye. L’opération a conduit au remplacement de Kadhafi par les hordes islamistes qui sont arrivées pour se battre entre eux depuis les quatre dernières années. Le phénomène de djihadistes de l’Isis qui détruit les fondations de la Syrie, a été créé avec l’aide de l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, et le soutien des Etats-Unis et ses alliés dont les principaux pays de l’UE.


Pour le complexe militaro-industriel européen, armer les riches califats du Golfe constitue une manne céleste. Cependant, ni eux ni leurs clients ne contribuent en rien à la résolution de la crise des réfugiés. Le Qatar est équipé de chars modernes Leopard 2A7 et d’obusiers automoteurs PzH 2000 fournis par l’Allemagne, de systèmes de missiles antichar HOT et MILAN et d’avions multi rôles Mirage 2000 fournis par la France.

Leopard-tank 
L’Arabie Saoudite a été armée par l’Allemagne avec des véhicules de transport amphibis TPz Fuchs , par la Grande Bretagne avec des avions multi rôles Eurofighter Typhoon, Panavia Tornado et des pièces d’artillerie FH-70, par la France avec des chars AMX-30, des véhicules de combat pour l’infanterie AMX-10P, des frégates de classe La Fayette, Al Madinah et des hélicoptères anti sous-marins AS565 SA Dauphin.

Miraj-airplane 
Les Émirats Arabes Unis ont été armés par la France avec des chars AMX Leclerc, des véhicules de combat AMX-10P, des corvettes lanceurs de missiles de classe Baynunah, des avions multi rôles Mirage 2000-9, des avions de ravitaillement en vol Airbus A330 MRTT, des hélicoptères anti sous-marins Eurocopter AS 565 Panther ; par la Grande Bretagne avec des chars légers FV101 Scorpion, des pièces d’artillerie L118, des systèmes de missiles AA Rapier ; par l’Italie avec des corvettes lanceur de missiles de classe Abu-Dhabi.

navy.20150910jpg 
La morale et la politique multiculturelle dépendent en grande partie de la situation économique de l’UE. Par conséquent, l’introduction délibérée dans une économie en chute libre de millions d’immigrants, orchestrée par une main invisible, pourrait amener l’Union Européenne à y voir une solution pour mettre un terme à la dégradation de la qualité de vie des Syriens, des Yéménites, des Libyens, etc. L’UE pourrait traiter avec plus d’intransigeance des déclarations telles que celles de l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, qui a dit que son pays ne reçoit pas de réfugiés Syriens, semblant motiver son refus par la crainte que les syriens puissent attaquer la population chiite locale. Cet argument ne tient évidemment pas puisque la Jordanie, beaucoup plus pauvre, a dans son territoire au moins 2 millions de réfugiés palestiniens sunnites (et chrétiens) à la suite des guerres israélo-arabes, 300 000 Irakiens et deux autres millions de réfugiés Syriens. Et personne n’a jamais entendu parler d’incidents entre chiites et sunnites en Jordanie.

Iordania.20150910jpgUne Union Européenne affaiblie signera sans aucune opposition le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP), un accord commercial entre l’UE et les États-Unis, qui repousse les barrières du commerce (droits de douane, règlements et restrictions sur les investissements). L’essence du TTIP consiste à supprimer tous les obstacles tendant à limiter les bénéfices des sociétés transnationales.

En même temps, avec le TTIP, sont éliminés par les règlements qui protègent les citoyens européens, des abus des grandes corporations tels que le droit du travail, les règles de sécurité alimentaire, l’utilisation de produits chimiques toxiques et les lois relatives à la protection des données personnelles. Un mécanisme du TTIP appelé « résolution différends entre investisseurs et l’État » (ISDS), permet aux entreprises transnationales de poursuivre des gouvernements qui appliquent une législation nationale dont les décisions peuvent réduire leurs bénéfices. Une autre disposition de l’accord va permettre l’élimination des normes concernant les heures de travail et le minimum garanti des salaires, considérés comme des obstacles au commerce. Ainsi, les contrats collectifs de travail, sont considérés, dans le cadre du TTIP, comme des restrictions qui, du point de vue des entreprises transnationale, devront être éliminées.

Le but du TTIP est de créer de nouveaux marchés par l’ouverture, aux sociétés transnationales, des services publics et des marchés publics. Les cibles des privatisations massives sont les secteurs clés des États de l’UE, tels que la santé, l’éducation, l’ordre public, l’armée et les ressources naturelles.


Traduction Avic – Réseau International

Comment la consule honoraire de France alimente le trafic des réfugiès à Bodrum, en Turquie

Elle est propriétaire d'un magasin qui vend des bateaux pneumatiques et des gilets de sauvetage. "On est fautifs", avoue-t-elle, "mais si ce n'est pas nous, ç'en est d'autres."




L'enquête de France 2 démarre à quelques kilomètres de Bodrum, ville balnéaire de Turquie d'où partent depuis plusieurs mois les migrants vers la Grèce, puis vers les pays de l'Europe de l'Ouest. Sur la plage et dans les fourrés, les reporters de France 2 découvrent des vêtements épars, mais aussi des restes de bateaux pneumatiques et des emballages éventrés vraisemblablement destinés aux migrants. Qui vend ce matériel, utilisé notamment par les réfugiés qui prennent la mer ?
L'un de ces magasins appartient à la consule honoraire de France, installée dans la ville depuis de nombreuses années. Une plaque "Consul honoraire de France" est d'ailleurs apposée à l'entrée du magasin. Rappelons qu'il s'agit là d'une occupation bénévole, compatible avec une activité commerciale, comme l'indique le site du Quai d'Orsay.
Interrogée en caméra cachée, la patronne des lieux explique qu'elle n'est pas regardante sur l'identité de ses clients. A propos des migrants, elle assure : "On ne peut pas les empêcher de partir (...), et si nous, on ne vend pas, celui qui est à côté vendra, celui qui est derrière vendra…" se justifie-t-elle. Et d'ajouter : " Ça ne change absolument rien." A la question : "Vous êtes consciente que la consule honoraire de France alimente le trafic ?", elle répond "Oui", mais affirme qu'à Bodrum, d'autres sont dans ce cas : "la mairie", "le capitaine du port", "la sous-préfecture". "On est fautifs quand même, finit-elle par lâcher, mais si ce n'est pas nous, ç'en est d'autres."
Après la diffusion de ce reportage, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a aussitôt suspendu de ses fonctions la consule honoraire, indique le Quai d'Orsay.

mardi 8 septembre 2015

L’UC bouge sur le nickel

Avant de lire la nouvelle position de l'UC, un petit rappel des positions de nos leaders :
position du Président du PT le mercredi 12 août 2015
■ Rouleurs
Le parti travailliste considère qu’il faut suivre une stratégie minière de long terme, qui est de privilégier les usines calédoniennes on shore et off shore. Mais il faut dans le même temps résoudre le problème ponctuel que traversent les petits mineurs et les rouleurs. Par exemple en accordant une autorisation temporaire d’exportation vers la Chine. « Il faut éviter que les choses ne dégénèrent. »

Position du Vice-Président de l' USTKE  le vendredi 04 septembre 2015
Exportation sur la Chine
« Ouvrir une nouvelle ligne d’exportation, c’est un débat qui reste à entamer dans le cadre de la réflexion sur la stratégie minière. Nous ne sommes pas fermés vis-à-vis de cette question, explique le président par intérim du syndicat, ce qui nous intéresse, c’est que l’activité des rouleurs soit garantie. Si pour ça, il faut autoriser des exportations d’un volume déterminé et pour une durée limitée, il faut en parler. »

L’UC bouge sur le nickel

Publié le mardi 08 septembre 2015 à 03H00
Comme attendu, les membres du Groupe de travail des présidents et signataires ne se sont pas entendus sur la question électrique des exportations de latérites à destination de la Chine. Mais l’Union calédonienne a modifié sa position, et ouvre une porte.
Durant trois heures, les membres du GTPS ont échangé sur la définition et la valorisation des minerais à basse teneur.
Durant trois heures, les membres du GTPS ont échangé sur la définition et la valorisation des minerais à basse teneur.
Photo Thierry Perron
Rebelote. Comme le protocole d’accord signé le 28 août lors du conflit des rouleurs le prévoyait, les membres du Groupe de travail des présidents et signataires de l’accord de Nouméa (GTPS) se sont retrouvés, hier au haut-commissariat, autour de l’épineux dossier « nickel ».
Et à l’image de la précédente rencontre du 11 août, les acteurs autour de la table ne se sont pas entendus sur la question des demandes d’exportations de minerai à destination de la Chine. Bloc contre bloc. « C’est la deuxième fois que le GTPS est consulté sur la même chose. Qu’est-ce qu’il va y avoir de nouveau ? » soufflait un invité quelques heures avant le débat. Un petit bémol, en fait : les lignes de l’Union calédonienne ont bougé.

Doctrine. En préambule, le Syndicat des exportateurs de minerai (SEM), puis la Direction de l'industrie, des mines et de l’énergie (Dimenc), ont exposé leurs analyses sur les minerais dont la teneur en nickel est inférieure à 1,65 %.
Un stock de 21 millions de tonnes recensées aujourd’hui dans le périmètre des carrières en exploitation. Le point de la valorisation divise. Au point même d’avoir vu jaillir hier des échanges houleux entre deux des signataires, le loyaliste Pierre Frogier et l’indépendantiste Paul Néaoutyine. D’après le protocole d’accord, quatre sociétés minières ont déposé des demandes d’export de latérites vers la Chine. Les représentants de l’UNI et du Palika s’y opposent, confirmant la doctrine nickel promue dans le Nord : pas d’exportations de minerais, sauf à destination d’usines off-shore.
De même, Calédonie ensemble estime, notamment, ces sorties de produits contraires au schéma minier adopté par le Congrès à l’unanimité en mars 2009. Sur l’autre rive, les militants « Les Républicains » sont favorables aux demandes sollicitées.
Et l’Union calédonienne a hier créé un peu la surprise en modifiant sa position : d’accord pour les exportations vers l’« Empire du milieu », mais dans un temps et une quantité limités. « Ils jouent avec les limites du terrain ! » sourit un politique. « C’est plus compliqué », répond un cadre UC. Le plus vieux parti calédonien devrait préciser sa pensée devant les médias en fin de semaine. De prime abord, ce nouvel avis de l’Union calédonienne vient heurter sa résolution sur l’export de minerais adoptée au 45e congrès du mouvement, en novembre dernier à Koné.
L’organisation s’était engagée dans « l’arrêt total des exportations de minerais bruts non générateurs de plus-values pour le pays, dans un processus progressif à achever d’ici 2019 ».

Arrêt. Désormais, des mineurs « en grande difficulté », d’après des échos à l’UC, seraient donc autorisés ponctuellement à exporter, avant l’échéance, vers la nation chinoise. En clair, il ne s’agit « pas d’ouvrir des filières par exemple sur dix ans ». Ce n’est pas un grand secret, Wilfrid Maï, de MKM, est un proche de l’UC.
Suite à ces discussions électriques, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie doit maintenant ouvrir le dossier dans une semaine, mardi ou mercredi.
La nouvelle position de l’Union calédonienne, représentée par trois membres au sein de l’exécutif, peut faire pencher la balance en faveur des requêtes des sociétés minières. Les tractations se poursuivent.

L’avertissement de ContraKmine
Dans un communiqué diffusé hier soir, ContraKmine « prend acte de la décision des membres du GTPS qui ont statué favorablement aux différentes demandes d’exportations de minerais à destination de la Chine ». « Le président du gouvernement, à la sortie du GTPS, annonce, sans concertation avec les responsables du ContraKmine et du SEM, le report de la réunion du CCEM [Comité du commerce extérieur minier, NDLR], initialement prévue ce vendredi 11, au mardi 15 septembre. Nous rappelons aux personnes signataires de ce protocole de respecter leurs engagements au risque d’avoir un nouveau conflit dans le pays. Le ContraKmine marque son opposition à reporter la réunion du vendredi 11 septembre et souhaite que le président du gouvernement revienne à de meilleures intentions. Nous exigeons donc le maintien de cette réunion, comme prévu dans le calendrier.»

Réactions

Philippe Germain (CE)

« Faire évoluer le schéma minier »
« Le premier point de satisfaction est que nous sommes tous d’accord pour nous doter d’une stratégie nickel qui fasse évoluer l’actuel schéma minier.
S’agissant des demandes actuelles d’exportations, que ce soit vers la Chine ou vers le Japon, il n’y a toujours pas de consensus, ce qui montre bien que le gouvernement a eu raison de soumettre la question au GTPS et au Congrès. Cela dit, le positionnement de l’UC s’est modifié en prônant l’ouverture vers la Chine d’exportations en quantité limitée, dans une durée limitée, de sous-produits miniers dont c’est le seul débouché possible.
Mais il faudra voir dans quelle mesure cette position est compatible avec les demandes formulées par les mineurs. Il faudra que l’Union calédonienne précise les choses, auquel cas il pourrait y avoir une majorité. Si les conditions posées ne cadrent pas avec les demandes des mineurs, elles ne pourront pas être examinées en l’état. »

Victor Tutugoro (UNI)

« Des discussions assez vives »
« Nous avons examiné le document élaboré par le syndicat des exportateurs miniers et la Dimenc. Cela a donné ensuite des discussions assez vives, compte tenu de ce qui s’était dit lors des jours précédents.
Ce rapport va être transmis au gouvernement qui va l’examiner. Je retiens de cette réunion qu’il est important désormais d’élaborer très vite une stratégie à l’échelle du pays. En revanche, il n’y a pas eu de consensus sur la question des exportations vers la Chine.
Quant à la position de l’UC qui s’est modifiée sur cette question, dans l’éventualité où elle pourrait amener le gouvernement à se prononcer favorablement envers de telles exportations, c’est une mesure que nous condamnerions. On connaît le positionnement de la province Nord sur le sujet, on connaît la doctrine nickel que nous portons, et nous restons catégoriquement contre toute exportation de minerai en dehors des clients traditionnels. »

Pierre Frogier (Les Républicains)

« Sortir de cette crise »
« La question soulevée par les mineurs et les rouleurs des autorisations d’exportation de minerais vers la Chine est la conséquence d’une absence d’anticipation par les pouvoirs publics de la mutation qui s’est opérée ces dernières années, du fait de l’apparition de nouveaux opérateurs (KNS et Vale) aux côtés de l’opérateur historique :
la SLN. Une réflexion globale pour articuler, organiser et encadrer les relations entre ces trois opérateurs est seule susceptible de permettre à chacun des acteurs de trouver leur place (mineurs, rouleurs, industriels). En attendant l’aboutissement d’un tel schéma, pour lequel je ferai des propositions prochainement, je réaffirme la nécessité d’autoriser temporairement les exportations de latérites vers la Chine limitées en volume, en teneur et dans le temps pour sortir de cette crise et préserver notre secteur minier et industriel. »

Roch Wamytan (UC)

« Une durée très limitée »
« L’Union calédonienne a arrêté la position suivante. D’abord nous défendons la doctrine nickel du FLNKS qui a été mise en place en province Nord (contrôle de la ressource et des outils de valorisation).
Maintenant, il y a le problème conjoncturel mis à jour par le conflit des rouleurs.
Nous avons des familles, des militants qui traversent des difficultés et que nous devons écouter. Le document fourni par la Dimenc nous montre qu’il y a des sous-produits dans les verses, dans les curages et les décharges, qui ne peuvent être exportés que vers la Chine. Nous sommes d’accord pour que ça puisse se faire sur des volumes et sur une durée limités.
Ça ne revient pas à piller la ressource ni à contredire notre stratégie, qui consiste à aller vers l’arrêt progressif des exportations de nickel à l’horizon 2019. Et, bien sûr, ce serait reconsidéré si le partenariat entre la SMSP et le Chinois Jinchuan venait à se concrétiser. »

source 

dimanche 6 septembre 2015

je vous laisse à votre conscience !! Et surtout pas de pleurs ! »

« Je lui dirai ce que vous m’avez fait subir !
Je lui demanderai pourquoi vous ne m’avez pas laisser grandir ?
Je lui raconterai les souffrances de ma mère sans sommeil !
Je lui parlerai du désarroi de mon père impuissant, et sans travail.
Je lui demanderai pourquoi vous avez perturbé mon sommeil ?
Je lui dirai que vous avez détruit ma maison !
Je lui dirai aussi que vous avez détruit l’école de mes frères !
Je lui demanderai pourquoi le monde est resté sourd à mes pleurs ?


Je lui demanderai où sont passés les Hommes dignes et les valeurs ?


Échoué sur une plage, Je quitte ce monde et je vous laisse à votre conscience !! Et surtout pas de pleurs ! »

 
Dr Lahna, depuis Alep (Syrie) au petit matin… 


 

samedi 5 septembre 2015

DÉCRYPTAGE - Bougainville : l'indépendance et la mine

D'ici cinq ans, les habitants de Bougainville décideront s'ils veulent être indépendants ou s'ils préfèrent rester au sein de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 
© ABC RADIO AUSTRALIA

C'est ce qui est prévu par les accords de paix de 2001, conclus entre les rebelles bougainvillais et le gouvernement de Port-Moresby à l'issue d'un conflit sanglant. L'utilisation des ressources minières de l'île est le principal déclencheur des violences. Encore aujourd'hui, la mine de Panguna est au cœur de l'avenir politique du pays.
 

Historique du conflit 

Les revendications sécessionnistes des Bougainvillais remontent aux années 1960, avant même l'indépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le mécontentement des habitants de Bougainville s'est encore intensifié quelques années plus tard, avec la construction de la mine de Panguna. En 1967, le groupe minier australien Rio Tinto signe un accord avec le gouvernement australien, alors puissance coloniale. La production a commencé cinq ans plus tard. 
Ciaran O'Faircheallaigh, chercheur à l'université Griffith, s'est rendu à Bougainville dans les années 1970 pour étudier les conséquences de l'accord : 
 
« La plupart des habitants ne voulaient pas de la mine, elle leur a été imposée par l'administration coloniale à travers une loi, l'accord de cuivre de Bougainville, et ils n'ont pas eu leur mot à dire. À plusieurs reprises, l'administration coloniale a dû faire appel à la police anti-émeute pour réprimer l'opposition à la mine. C'est une partie essentielle de l'histoire, et c'est même essentiel par rapport à ce qui se passe ces derniers temps. »
 
Si l'opposition à la mine est si forte depuis le début, c'est notamment parce que cela engendre des pertes de terrains. Des habitants ont été relogés dans des endroits où ils ne pouvaient plus cultiver leurs légumes. D'autres ont empiété sur les terres coutumières de leurs voisins.
 
 

Terrains perdus, rivières polluées

 
Alors que les Bougainvillais perdaient leur ressource principale, les propriétaires de la mine se frottaient les mains. L'exploitation de la mine d'or et de cuivre de Panguna marchait si bien que Rio Tinto a amorti son investissement en seulement deux ans et demi. 
 
En plus de ne verser que de minimes compensations aux habitants, l'exploitant de la mine a ravagé l'environnement. À l'époque, les compagnies minières avaient le droit de déverser leurs déchets dans la rivière. 50 millions de tonnes ont alors été tout simplement versées dans la nature. En l'espace de deux ans, les rivières des alentours de la mine étaient biologiquement mortes.
 
Le ressentiment de la population, qui voyait les bénéfices de cette exploitation dangereuse partir à Port-Moresby, n'a cessé de grandir, comme le rapporte Anthony Regan, avocat et conseiller de l'actuel gouvernement de Bougainville :
 
« Pendant les années 1980, une nouvelle génération de propriétaires de la zone où la mine a été construite devenait adulte. Eux n'avaient pas reçu de compensation pour la perte de leurs terres et la mine ne leur donnait pas de travail. Les Bougainvillais n'occupaient que 30% des postes, qui ont été réduits de 10 000 lors de la construction de la mine à 3 500 lors de son exploitation. »
 
La situation a dégénéré et la mine a fermé en 1989. Elle n'a jamais rouvert, jusqu'à présent.
Pendant des années, l'île a été le théâtre d'un conflit sanglant autour de l'indépendance, avec la mine de Panguna en arrière-plan.
 
 bougainville a besoin de l'argent des mines
 
Après sept ans de négociations, l'implication de la Nouvelle-Zélande, de l'Australie et des Nations unies, un accord de paix a été signé en 2001. Bougainville bénéficie depuis d'une large autonomie, y compris dans le secteur minier, souligne Ciaran O'Faircheallaigh :
 
« Compte tenu de l'histoire, la mine était bien sûr une question très sensible. L'accord de paix autorise Bougainville à prendre le contrôle du secteur minier dès que le gouvernement local a la capacité de le faire. La province vient en fait de terminer ce processus de prise en charge des questions minières, ça a été fait en mars dernier. C'est unique en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans toutes les autres régions, c'est le gouvernement national qui a le contrôle sur les mines. »
 
Maintenant qu'il a tous les pouvoirs en la matière, le gouvernement de Bougainville va-t-il relancer la mine de Panguna ? Une question inévitable, explique Anthony Regan :
 
« Il y a un consensus à Bougainville parmi les dirigeants et la grande majorité des habitants : ce sera très difficile d'avoir soit l'indépendance soit l'autonomie réelle sans l'exploitation minière. Le budget de la province est d'environ 150 millions de dollars aujourd'hui, alors que les recettes n'atteignent que 12 millions de dollars. Bougainville dépend des aides extérieures. Le cacao, qui est la principale industrie de l'île, ne génère que 80 000 dollars par an, donc même en augmentant les taxes sur sa production, ça ne suffira pas à garantir l'autonomie financière de Bougainville. »

 Pour tenter de trouver une porte de sortie à ce casse-tête, certains proposent une autre solution : ne pas rouvrir Panguna, mais exploiter d'autres mines dans la province.

vendredi 4 septembre 2015

Européens, BANDES D'HYPOCRITES !


Satanés hypocrites, 

Vous (l'oligarchie occidentale) créez des guerres dans des pays qui ne vous ont rien demandé
Votre seul projet, piller leurs matières premières, même si pour cela, les autochtones doivent saigner
Des dommages collatéraux cela entraîne, puisque vous transformez en NOMADES des SÉDENTAIRES qui ne se seraient JAMAIS vus, sans votre intrusion, quitter leur terres.
VOUS AVEZ LE CULOT de dire après cela que vous ne voulez pas d'eux sur vos terres.
Malins comme vous êtes, vous présentez ces "déportés économiques" comme des envahisseurs alors qu'ils viennent naturellement chercher ce que chez eux vous avez pillé.
Nous n'avons strictement QUE FAIRE de votre tour EIFFEL ou de votre BIG BEN. Allez dire cela à Sarko, Hollande ou Marine LE PEN. Cessez de PILLER CHEZ NOUS et plus personne ne viendra chez vous.
Vous n'êtes pas un rêve pour l'Humanité. Vous vous apparentez plus à un cauchemar lorsque l'on étudie réellement le fonctionnement de vos sociétés.

Un jour viendra où ce sera vous qui coulerez, et croyez le bien, personne ne viendra vous sauver.

Kanaky : Arrêt des exportations

Nakety 
L’arrêt des exportations de minerai demandé par Calédonie Ensemble et l’Union Calédonienne fait échos à la Doctrine Nickel développée par les présidents de l’assemblée de la province Nord et de SMSP. Au même titre que la participation majoritaire de cette dernière dans les projets industriels, il s’agit d’un projet politique visant à contrôler la ressource minière afin de garantir un retour de valeur ajoutée lors de sa transformation. Tel est donc le contexte qui détermine aujourd’hui le champ dans lequel nous entendons les autorités dire qu’il n’est pas opportun d’exporter du minerai en Chine. Aussi, pour justifier l’embargo, comme ce fut le cas en Indonésie, SMSP fait valoir un manque à gagner pour le territoire de plusieurs milliards par an – et ce sur la base d’une projection consistant à démontrer ce que pourrait rapporter à la Nouvelle-Calédonie l’exportation vers la Corée si le minerai destiné à des clients traditionnels était entièrement dédié à sa transformation par l’usine de POSCO. Or, si cette stratégie commerciale peut paraître logique et tout à fait légitime du point de vue strictement politique, elle repose en revanche sur des arguments techniques et économiques qui ne sont pas fondés. Il existe en effet un profond décalage entre le discours politique et les orientations stratégiques industrielles, les pratiques minières et les engagements pris au sein des partenariats. En voici la teneur…
Exportation des garniérites. Depuis l’entrée en vigueur du schéma minier en 2009 et durant la période allant du 1er janvier 2010 au 30 juin 2015, la Nouvelle-Calédonie a exporté très exactement 134 609 tonnes de nickel contenu dans des garniérites à destination de la Corée et 99 343 tonnes vers le Japon. Partant de là, caractérisons, même sommairement au cours de cette période, les teneurs contenues dans le minerai et ventilons-les selon les destinations. Les teneurs représentatives vont de 2,23% en 2009, puis de 2,09 à 2,0% avec une moyenne supérieure à 2,05% pour la Corée et de 2,13% à 1,5% avec une moyenne inférieure à 2% pour le Japon. En 2014, les teneurs en nickel contenues dans les garniérites exportées étaient de 2% pour la Corée et de 1,93% pour le Japon. Par la voix de son comité de soutien, la Doctrine Nickel réaffirme que les petits mineurs « pillent la ressource », déclaration qui au regard de ce qui précède n’est absolument pas justifiée. Mais au-delà du jeu de langage et de ses énoncés dénotatifs visant à discréditer les référents et à mobiliser les véritables destinataires, le but recherché est que le minerai traditionnellement destiné au Japon soit redirigé vers la Corée afin d’alimenter l’usine de Gwangyang pour le compte de NMC qui n’est pas en mesure de le faire. Dans une interview parue le 2 septembre dans La Tribune, André Dang affirme que « l’an dernier le volume de minerai calédonien envoyé aux fondeurs japonais s’est élevé à l’équivalent de 25 600 tonnes de métal. Si ce nickel métal avait été produit par l’usine en Corée, la Nouvelle-Calédonie aurait bénéficié de 5 milliards de francs CFP de dividendes supplémentaires ». Cette affirmation est totalement surréaliste, bien qu’étant assez révélatrice du type de projections que fait le président de SMSP. En effet, au cours de cette année 2014, NMC a exporté un volume identique, très exactement 24 497 tonnes de nickel contenu dans du minerai à destination de la Corée. Cela nous permet donc de se faire une idée des pertes et profits générés. A la lecture des comptes de résultats, la société minière NMC a réalisé une perte de 2,2 milliards de francs alors que l’usine SNNC a généré un profit de 4,1 milliards, soit un peu plus de 2 milliards de dividendes potentiels pour l’usine au titre des 51% pour un tonnage identique. Comment alors SNNC aurait-elle pu générer un profit additionnel de 10 milliards en doublant la production afin que SMSP puisse percevoir 5 milliards de dividendes supplémentaires ? Non seulement cela est absolument impossible au regard des performances de la filière, mais deux raisons majeures permettent de comprendre pourquoi ce ne peut pas être le cas. La première d’entre elles est purement technique et concerne le minerai et les hommes qui le transforment en métal. Il est en effet de notoriété publique que dans le domaine du nickel les coréens ne disposent pas du savoir-faire japonais vieux de plus de 50 ans. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’équipe de Konetec constituée d’anciens cadres de PAMCO est venue assister les coréens lors de la construction et mise au point de l’unité de production. Aujourd’hui encore, en dépit d’un véritable savoir-faire sidérurgique appliqué à l’acier et d’un avantage compétitif dû à la taille de leurs infrastructures, les coréens sont incapables de valoriser des minerais de nickel d’une teneur inférieure à 2%. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de débouché en Corée pour la plupart des minerais calédoniens envoyés au Japon. L’imparfaite maitrise des techniques de fusion s’explique naturellement par le manque d’expérience, puisque POSCO est un aciériste, non un fondeur – et que SNNC est la toute première unité coréenne transformant du minerai de nickel en métal contenu dans des ferronickels. La preuve en est que SNNC dut à plusieurs reprises changer les briques réfractaires de son four. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ses ingénieurs sont particulièrement intéressés par les visites de l’usine de Doniambo pour qui (1) la longévité des fours reste une énigme et (2) les techniques d’homogénéisation du minerai le résultat d’une longue expérience. Sur le plan commercial, POSCO bénéficie en revanche d’un accord lui garantissant la sécurité d’une partie de son approvisionnement ainsi qu’un prix mécaniquement inférieur au prix du marché pour la fourniture d’un minerai de teneur moyenne en nickel facturé sur la base d’une teneur de référence de 2,27%. SMSP a en effet très mal négocié l’accord valide pour une durée de trente ans et est aujourd’hui tenue par cet engagement, puisque pour les teneurs inférieures à la valeur pivot la société minière paie des pénalités au partenaire coréen (pour de plus amples détails sur le partenariat, se référer aux articles L’emprise de POSCO, Une autre ligne pour POSCO ou encore, Au-delà des intentions). Pour cette deuxième raison, les garniérites à basses teneurs exportées vers le Japon ne peuvent donc pas être traitées en Corée car cela génèrerait des pertes encore plus conséquentes pour NMC, qui serait contrainte, elle, d’acheter le minerai au prix du marché. Aussi, cette dernière observation conduit à admettre que les projections de manque à gagner faites par SMSP ne sont pas du tout pertinentes ; d’autant que ce sont justement les deux raisons ici invoquées qui font que NMC se trouve en difficulté. Du fait du déséquilibre structurel du partenariat, NMC n’a pas été en mesure de financer les campagnes d’exploration de son domaine minier (représentant tout de même 13% des surfaces minières concédées du territoire), raison pour laquelle elle ne peut donc pas alimenter seule l’usine coréenne.
Exportation des latérites. De 2010 à mi 2015, 81 710 tonnes de nickel contenu ont été exportées vers l’Australie et 3 000 tonnes vers la Chine. Dans les projections de SMSP faites sur la base des résultats du partenariat existant, figurent bien évidemment le minerai latéritique qui ne peut être traité dans une usine offshore en Corée, mais le serait en Chine, au travers d’un partenariat du même type avec Jinchuan. L’argument de vente consiste ici à dire qu’il vaut mieux nous-même transformer ce minerai en métal plutôt que de le vendre en l’état puisque dans les deux cas le consommateur final n’est autre que la Chine. Les volumes représentent en effet quelques 20 000 tonnes de nickel contenu par an (si l’on fait abstraction du premier semestre 2015), de quoi envisager l’alimentation d’une usine. Ici l’argument se tient donc, sauf qu’il va à l’encontre du schéma minier qui garantit les exportations vers le client traditionnel qu’est l’Australie. Mais admettons que ce soit le cas et que dans l’absolu, en raison de l’évolution du marché, la Chine soit désormais considérée comme étant un (nouveau) « client traditionnel ». Dans cette éventualité, même si SMSP obtenait les permis de recherche pour concrétiser son partenariat avec Jinchuan, il faudrait dans le meilleur des cas au moins cinq ans avant que sa filiale minière CCMC soit capable d’explorer son domaine, puis d’ouvrir les mines afin d’approvisionner l’usine en Chine. Vu les antagonismes existants que le conflit des rouleurs a révélé aux citadins, il est clair que l’obtention des permis de recherche puis des autorisations d’exploitation ne manquera pas de générer des oppositions multiples et frontales sur le terrain. En Nouvelle-Calédonie, force est de constater que la terre n’appartient pas à ceux qui la travaille mais à ceux qui pensent en avoir hérité du temps d’avant la colonisation, ainsi qu’à ceux qui pensent pouvoir parler en leurs noms au sein d’institutions nées de la colonisation. A l’instrumentalisation (classique) des syndicats et (nouvelle) des groupes de pression environnementaliste, vient donc s’ajouter celle de légitimités coutumières diverses et antagonistes – ceux qui se revendiquent comme tels, ou faute de reconnaissance par les instances coutumières en place, s’identifient comme ayant un lien de sang avec la terre. Aussi, les grands projets miniers n’ont pas la même résonance selon que l’on vive en brousse ou dans les quartiers Sud, selon que l’on s’inscrive ou pas dans le matérialisme historique de la lutte pour l’indépendance. Outre la gestion permanente des conflits, l’ouverture des mines nécessitera également des moyens financiers colossaux dont ne dispose pas SMSP. Enfin, au regard du schéma minier, rien ne peut contraindre les autres mineurs à alimenter l’usine de Jinchuan plutôt que l’Australie ou un autre client chinois, car il s’agit bien d’une exportation de minerai et non d’une transformation dans une « installation locale ».
Les limites intrinsèques à la Doctrine Nickel. Clairement, il existe une véritable rupture entre le but officiellement présenté par la Doctrine et ce qui relève de la stratégie industrielle. Par l’intermédiaire de SMSP, la province Nord prétend avoir bouleversé les règles du jeu de l’économie (internationale) du nickel alors que son discours a avant tout une vocation politique, donc domestique. En voulant s’imposer au niveau du territoire, et donc à l’ensemble de la profession, elle fait fi de l’hétérogénéité des différents prérequis économiques que sont la liberté du commerce, le jeu de la concurrence, la compétitivité des entreprises. Pour des raisons purement politiques, le rapport au savoir (détenu par la DIMENC) est légitimé par le recours au narratif (dédié au populaire). Cette démarche doctrinaire vise donc essentiellement à prendre le contrôle de la ressource minière (apparemment appartenant aux calédoniens) en échange d’une prise de participation majoritaire dans le capital social des co-entreprises portant les projets. Mais, contre toute attente et espérance, cette démarche ne permet pas de s’assurer du retour de valeur ajoutée produite – et pour cause ? Pour des raisons financières, les deux projets industriels existants ont été laissés aux mains des multinationales étrangères qui assurent l’intendance et gèrent donc d’une manière unilatérale les « usines de SMSP » ainsi que la « ressource du pays ». D’ailleurs, on peut s’imaginer que Glencore et POSCO ne resteront pas les bras croisés et qu’ils s’efforceront de faire en sorte qu’un nouveau partenariat (avec Jinchuan) ne voit pas le jour. Mais dans l’agora calédonien, malgré les données détenues par la DIMENC, on constate que la réalité sur la situation économique du nickel ne peut pas se légitimer par ses propres moyens réglementaires. Pour ce faire, elle doit avoir recours au non-savoir économique, c’est-à-dire au faire-savoir qui est strictement politique et passe par les fourches caudines des présidents de provinces et du gouvernement. Vu l’importance que revêt la terre (plutôt que le nickel) dans l’imaginaire collectif indépendantiste, il est clair que les ténors des partis aujourd’hui au pouvoir se doivent d’être discrets sur les difficultés financières que rencontre SMSP. Face à leurs militants, ils ne peuvent pas non plus admettre que, faute de surface financière et de culture industrielle, ils se sont totalement fourvoyés sur leur capacité à valoriser la ressource au profit des calédoniens. Reste donc le discours, seulement le discours !
source

samedi 29 août 2015

Les rouleurs de Nouvelle-calédonie ont signé le protocole hier à 21h00

Le conflit opposant les rouleurs au gouvernement vient de s’achever, hier soir, après plusieurs heures de négociation. La fin de vingt-cinq jours de blocages et d’angoisse. De l’avis de tous, le rôle de Daniel Goa en tant que médiateur aurait été primordial.
Impossible encore à imaginer hier matin, Philippe Germain sert la main des rouleurs. Un protocole d’accord est signé.
Impossible encore à imaginer hier matin, Philippe Germain sert la main des rouleurs. Un protocole d’accord est signé.

Il a terminé la réunion par une coutume. De quoi appeler chacun à poursuivre le dialogue après la signature du protocole d’accord, hier à 21 heures au haussariat, entre le syndicat des rouleurs, celui des exportateurs miniers et le gouvernement.
Daniel Goa, après seulement quatre jours de médiation, vient de mettre fin à un conflit de vingt-cinq jours, marqué par de violents tacles par médias interposés et qui semblait s’enliser. Lui, défenseur ardent de la doctrine nickel, est venu défendre les intérêts de ceux qui demandaient à la remettre en question. Une position schizophrénique ? « Peut-être, sourit-il au terme de six heures de conversations à huis clos, mais j’étais là en tant que médiateur, pas président de l’UC, je le leur ai dit d’entrée. » Un coup de maître, certainement. « Mais maintenant que le protocole est signé, j’ai compris que j’ai tout son poids sur mes épaules. Cette situation était impossible, il fallait que les choses avancent. »

Confiance. « Ça a été un conflit extrêmement dur, confie Vincent Bouvier, qui, il y a encore six jours, était prêt à envoyer les forces de l’ordre pour débloquer le pays. C’est simplement la volonté de sortir du conflit de la part de tous les acteurs mais également, je tiens à le souligner, la médiation de Daniel Goa qui a permis d’en sortir. » Pourtant, dans le protocole d’accord signé, peu de choses ont réellement changé par rapport à jeudi dernier, où le président du gouvernement, interrogé sur l’aboutissement des demandes d’exportation des mineurs, avait alors assuré « ne pas pouvoir s’engager davantage par respect pour les instances [le Groupe de travail des présidents et signataires, GTPS, et le comité du commerce extérieur minier, NDLR] qui devront s’exprimer sur ces demandes. » Rien n’a vraiment changé. Si ce n’est une chose. La confiance et une signature au bas du document. Celle de Daniel Goa.

Entendus. « Notre protocole, détaille Max Foucher, vice-président de Contrakmine, devait être compris par tout le monde. Nous débutons à peine le travail, mais nous avons trouvé les formules nécessaires. Il fallait que les rouleurs soient considérés comme des acteurs qu’on écoute, c’est chose faite. Ils avaient besoin d’un bol d’air, j’ai l’impression qu’ils ont tous compris. Nous sommes satisfaits. » Tout comme Xavier Gravelat, président du Syndicat des exportateurs miniers.
Même Philippe Germain, pourtant quelques jours plus tôt fermement décidé à ne plus discuter, a le sourire. « C’est avant tout un soulagement pour toute la Nouvelle-Calédonie. C’est la signature d’un protocole d’accord qui ressemble énormément au précédent. La différence est la confiance apportée par Daniel Goa. » Mais les bases de cette sortie de conflit ont également été posées quelques heures auparavant. Contrakmine a pu rencontrer en début d’après-midi le conseil d’administration de la SMSP (usine du Nord) pour lui faire part de ses difficultés sur les quatre sites miniers. « Nous avons enfin pu leur présenter des chiffres et discuter avec eux. Ça a été très positif, raconte Max Foucher. C’est la première fois qu’ils nous ont entendus. »
A présent, le chantier peut débuter. Mais cette fois-ci dans le calme.

Une entrée en matière crispée
Arrivé près d’une heure et demie après le rendez-vous fixé à 14 heures, le président du gouvernement se présente crispé au haussariat. Il ne serre pas la main de Max Foucher, pourtant sur son passage. Pas un regard n’est échangé. « Il nous a fait le coup de ne jamais revenir après une suspension de séance, lance Max Foucher. On ne peut pas le retenir de force non plus ! » Comme un nouveau démenti aux déclarations du président qui, au lendemain du tir sur la fenêtre de son bureau, le 13 août, assurait avoir été séquestré. Les portes de la salle se referment peu avant 16 heures. Le syndicat des exportateurs, les petits mineurs, les rouleurs, le gouvernement et l’Etat se retrouvent ensemble. A ce moment-là, difficile de croire à un consensus, que même l’habileté à susciter le dialogue de Daniel Goa ne semble pas pouvoir faire naître. Et pourtant…

source 


"Ce protocole est identique, à quelques virgules près, au protocole qui avait été négocié le 20 août.
La clause sur l'abandon des poursuites contre les rouleurs a été supprimée.
Enfin, un article a été rajouté pour préciser que les mineurs et les rouleurs sont favorables au principe de la mise en place d'une redevance nickel, conformément aux engagements de la déclaration de politique générale."

1

2

3

4

5

6

Protocol de fin de Conflit mineurs/gouvernement

jeudi 27 août 2015

Le schéma minier : Les petitis oublis, oup's !

 Ainsi, à la page 245, le schéma minier prévoit de :

« Protéger l’emploi sur mines et l’activité des petits mineurs en cas de crise du secteur du nickel. L’activité des petits mineurs, représentant une part significative de l’emploi sur mine, est très vulnérable aux fluctuations des cours du nickel. Leur activité est essentielle à une répartition de l’emploi sur l’ensemble des régions minières de la Grande Terre, et au maintien des revenus de certaines communautés dépendant aujourd’hui fortement de l’industrie minière. »


Et à la page 246 :

« de soutenir les entreprises minières et leurs sous-traitants, notamment les rouleurs, dans les conjonctures de crise économique. »


  
Le schéma minier clikez sur le lien :
 
https://dimenc.gouv.nc/sites/default/files/download/2009-05_schema_mise_en_valeur_des_richesses_minieres_nc.pdf

mercredi 26 août 2015

La logique coloniale française : Des Basques aux Algériens, de la colonisation « intérieure » à la « colonisation extérieure


Le discours sur la République et les « valeurs de la république » ont connu un retour fulgurant sur le devant de la scène politique et médiatique à l’occasion des attentats de janvier 2015 et de leur instrumentalisation idéologique par Manuel Valls. Le roman national construit par la classe dominante, comme idéologie de justification et de légitimation de son pouvoir, s’est de nouveau déployé avec ses concepts lourds et ses oppositions binaires (universalisme contre particularisme, modernité contre réaction, lumières contre obscurantisme, assimilation contre communautarisme, etc.). Nous nous sommes expliqués à maintes reprises sur les enjeux de cette séquence historique qu’a été « je suis Charlie[i] ». Nous voulons aujourd’hui faire le point sur ce qui rend possible une telle instrumentalisation : l’intériorisation massive dans une partie importante de la gauche du mythe de la « mission civilisatrice » comme outil d’émancipation des peuples de France à l’interne de l’hexagone, puis des peuples et nations d’Asie, d’Afrique et d’Amérique à l’externe. Les logiques, buts et processus qui ont présidé à la colonisation externe sont ainsi de même nature que ceux qui se sont déployés dans ce qu’il faut bien appeler une « colonisation interne ».



La colonisation comme processus de généralisation du rapport social capitaliste

mardi 25 août 2015

« Dieudo » invité surprise


Il a été invité à la cérémonie de levée de deuil du grand chef Ataï. Dieudonné a annoncé officiellement sa venue en Nouvelle-Calédonie prochainement, pour y livrer, notamment, un spectacle que l’humoriste promet virulent.
A ses yeux, c’est un honneur, pour la fondation un défi, et pour les autorités,  un prochain casse-tête. Dieudonné vient d’officialiser sa venue.
A ses yeux, c’est un honneur, pour la fondation un défi, et pour les autorités, un prochain casse-tête. Dieudonné vient d’officialiser sa venue.
Photo DR
Ils comptent bien faire venir Dieudonné Mbala Mbala et, mieux, ils comptent bien que ce soit la France qui paie. Voici le dernier coup de force tenté par la Fondation Ataï qui prépare depuis des semaines la cérémonie de levée de deuil du grand chef, initialement prévue le 1er septembre. Dans le cadre de cet événement très important, le grand chef Bergé Kawa, président de la Fondation Ataï, et Warawi Wayenece, son secrétaire général, ont décidé d’inviter l’un des hommes les plus polémiques de ces dernières années dans l’Hexagone. « Nous l’avons simplement contacté via son agent, raconte Warawi Wayenece. C’est pour nous une grande nouvelle de recevoir un tel artiste. »

Subvention. Le principal intéressé, forcément, se fait un malin plaisir d’accepter l’invitation de « ses frères kanak ». Il le clame dans une vidéo postée sur son site Internet. « J’ai eu l’insigne honneur d’être convié par le peuple kanak à cette grande cérémonie (...), affirme Dieudonné. Je serai présent et je ne louperais ça pour rien au monde. » Il risque de ne pas payer le voyage et l’hébergement.
Dans un courrier adressé aux responsables, notamment du haussariat, Bergé Kawa a sa petite idée pour le financement. « Les délais étant restreints et pour plus d’efficacité, nous proposons que l’Etat français fasse le premier pas à travers une attestation d’attribution de subvention qui serait réalisée par le Trésor public, écrit le président de la Fondation. Ceci afin de pouvoir, à travers notre organisme bancaire, démarrer les réservations de billets d’avion et d’hôtels pour nos artistes invités. Vous trouverez ci-joint la feuille de route de Monsieur Dieudonné Mbala Mbala qui nous propose un spectacle consacré au personnage Ataï. »

Controversé. De là à voir l’Etat financer un spectacle de Dieudonné sans sourciller ? « C’est le défi, reconnaît Warawi Wayenece. Pour l’instant, nous n’avons pas reçu de réponse. Ils ont d’autres soucis en tête… Mais nous tenons vraiment à ce qu’il vienne. Il faut aller au-delà des polémiques. C’est un artiste. Il mène un combat d’artiste et nous soutient dans la lutte kanak. »
Bergé Kawa rappelle quant à lui qu’il sait pertinemment que « M. Mbala Mbala est un personnage controversé en France. Mais ce qui nous intéresse, c’est son franc-parler et son charisme. Et je suis persuadé que cet humoriste connu pourra aider notre fondation à réaliser ses grands projets ». L’artiste, de son côté, prévient : « Je vais faire un pot-pourri de tout ce qui vous fait vomir… » Il continue dans un langage fleuri.
La date n’est pas fixée pour le moment. « Nous sommes persuadés qu’il viendra, ce ne sera pas à cette date, précise Warawi Wayenece. Avec le conflit des rouleurs, nous allons devoir tout décaler pour des questions de sécurité. »
Jean-Frédéric Gallo

Brésil: la justice ordonne à Vale de suspendre ses activités dans le Para

Rio de Janeiro, 15 août 2015 (AFP)
Un tribunal de Brasilia a ordonné au géant minier brésilien Vale de suspendre ses activités d'extraction dans la mine de nickel Onça Puma, dans l'Etat amazonien du Para, et de dédommager les Indiens de la région.
La décision de justice publiée dans un communiqué samedi répond à une demande du parquet de la ville de Redençao (sud-est du Para).
Elle ordonne que Vale verse immédiatement un million de réais (quelque 300.000 dollars) par mois à chacun des trois villages indiens, de l'ethnie Xikrin, de la région de Cateté, où la rivière du même nom est polluée par des métaux lourds.
Parmi les problèmes provoqués par cette pollution figurent la malformation des foetus et des maladies graves, affirme le parquet.
Ce dernier souligne que "les impacts avaient été prévus dans des études réalisées par l'entreprise Vale elle-même mais que, jusqu'à présent, aucune forme de compensation n'a été effectuée".
Selon le parquet, les activités dans la mine de Onça Puma -- qui a commencé à produire en 2011- sont les responsables de la pollution et la compensation financière servirait à ce que la population indigène s'adapte à la nouvelle réalité puisqu'elle ne peut plus pêcher ou se baigner dans la rivière.
Vale a indiqué, selon le quotidien O Globo samedi, que'"elle avait déjà fait appel pour reprendre ses activités dans la mine" qui sont "dûment autorisées par le secrétariat à l'Environnement du Para".
cdo/az


lundi 24 août 2015

Facéties idéologiques


1990748047[1]Dans la Doctrine Nickel que les porte-paroles de la province Nord veulent absolument imposer au territoire, il est question de valorisation de la ressource minière, de son contrôle et de retombées économiques pour le pays. Leurs opposants voient derrière cette initiative une démarche politique, mais surtout une volonté de camoufler la situation périlleuse de SMSP née de multiples engagements non tenus. Pour ce faire une opinion citoyenne et dépassionnée, regardons de plus près, au travers d’un exposé synthétique et chiffré, ce que cela implique en terme d’apports en nature, d’engagements financiers et de rente métallurgique.

Il en est de même pour le nickel avec un opérateur comme Eramet. Le troisième axe vise à nous réorganiser pour sécuriser certains métaux.



L’avenir de la France dans l’industrie minière, selon Emmanuel Macron

Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron (au centre) et le PDG de Columbus Gold, Robert Giustra (à gauche) sur le site du gisement aurifère de Montagne d’Or - Muryel Jacque

En déplacement en Guyane en fin de semaine dernière, Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie, a visité le projet minier d’or le plus important à ce jour en France. Ce dernier est mené par une junior canadienne Columbus Gold.


Le projet de Columbus Gold est-il un bon exemple du renouveau minier de la France ?

Oui ! Il participe pleinement au renouveau minier de la France. A travers la refonte du code minier, qui fait l’objet d’une large consultation, et le travail sur la mine responsable, nous voulons redonner des perspectives à cette activité.
D’abord, en disant clairement que la France métropolitaine et l’outre-mer ont un avenir minier. Il y a énormément de minerais exploitables, et nous avons eu une tradition et une culture forte en la matière.
Ensuite, pour réussir, il faut être aux standards internationaux et du moment. Cela signifie que nous devons être au niveau des meilleurs en termes de productivité et de professionnalisme. Cela veut dire aussi qu’il nous faut respecter les normes environnementales et les exigences sociales, notamment le respect des personnes, des formations, etc.
Avec le projet Columbus Gold, nous sommes face à un industriel de niveau mondial qui a une grande expertise, que ce soit sur le continent américain ou de manière plus accessoire en Europe. Il sait exploiter aux meilleurs standards, et a la capacité d’investir massivement sur un site en exploitation primaire. Cet industriel est l’un des fers de lance de la mine responsable.

Quels sont les autres ?

Les exploitants français dans l’Hexagone et en Guyane. En Guyane, il y a une vingtaine d’artisans, qui se concentrent sur une exploitation alluvionnaire, compte tenu du coût de l’exploitation de l’or primaire. Il faut les aider sur le plan environnemental, social, sur le plan de l’investissement, car ils sont au cœur de ce renouveau minier. Ces orpailleurs légaux ont aussi un rôle fort à jouer, notamment parce qu’il y a un taux de retour social et économique direct pour la région : ils sont le visage entrepreneurial de ce secteur aurifère.
Pour les soutenir concrètement, nous devons d’abord mieux les aider sur le plan financier : les banques commerciales sont totalement absentes et la banque publique d’investissement (BPI) n’est pas assez là. Je veux que celle-ci renforce sa présence en Guyane et en particulier ses interventions dans ce secteur. Nous devons également simplifier et accélérer l’instruction des permis miniers. C’est pour moi l’un des enjeux du code minier. Actuellement, les demandeurs attendent trop longtemps.


En quoi consiste aujourd’hui la stratégie minière du pays ?

Cette stratégie demande un examen très approfondi. Nous en avons les premiers éléments grâce au BRGM [bureau de recherches géologiques et minières, ndlr] sur les différents minerais et sur les potentiels d’exploitation : ils sont réels, on peut créer de la valeur. Mais cela n’est pas de nature à répondre à la totalité des besoins français ni à faire de la France un pays qui puisse concurrencer les grands pays miniers.
En revanche, il y a une richesse sous le territoire français, notamment de l’or, en France métropolitaine et en outre-mer. Compte tenu des enjeux économiques qui sont les nôtres, nous ferions une erreur profonde en ne l’exploitant pas. Il faut donc lever le tabou qui laisse penser qu’on ne pourrait plus exploiter le sous-sol de notre pays. Notre imaginaire reste marqué par la mine du XIXème siècle. En réalité, nous avons la capacité d’exploiter de manière durable et responsable sur le plan environnemental et social.
C’est tout l’enjeu des prochains mois. Il s’agit d’une perspective de développement, qui n’est pas destinée à transformer le visage de l’économie française mais à le compléter et à le renforcer. C’est pourquoi elle fait partie de notre stratégie économique et de notre stratégie de filières.


Peut-on dire qu’aujourd’hui, la France est en train de rouvrir ses mines ?

Oui. On peut dire que la France va rouvrir de nouvelles mines. Pas les mêmes, pas forcément dans les mêmes secteurs, car ce ne sont pas forcément les mêmes enjeux et ce sont de nouveaux investissements. Mais la France a décidé de reconquérir le sujet minier et de se redonner un avenir dans ce domaine.


Les Guyanais ne semblent pas opposés à l’exploitation du sous-sol de la région. En métropole, c’est une autre histoire...

En France, il y a eu une véritable culture minière jusqu’aux années 1980. Elle était forte dans certaines régions, la Lorraine, le Nord-Pas-de-Calais, le Sud aussi. Ces régions ont conservé une forte sensibilité en la matière, beaucoup plus grande que d’autres. Comment l’expliquer ? D’abord, parce qu’elles sont souvent dans l’incompréhension vis-à-vis des explications hasardeuses ou des approximations qui leur sont données, parfois par les industriels eux-mêmes. Il peut également y avoir des sensibilités locales, liées notamment à la question du « retour », en particulier lorsque les perspectives d’emplois sont trop faibles ou qu’elles ne sont pas suffisamment claires.
Enfin, il y a une sensibilité environnementale. Elle est forte en France et cela suppose de l’objectiver. Nous devons admettre que le « risque zéro ex ante », n’existe pas. Etre exigeant sur le plan environnemental, cela veut donc dire avoir un débat démocratique et technique avant d’autoriser un projet. Cela veut dire aussi sélectionner des experts indépendants, chose pour laquelle nous avons eu une faiblesse en France sur plusieurs projets, et faire des évaluations. Il nous faut remplacer la culture de la polémique par celle de l’évaluation objective. Il faut être exigeant, c’est le principe du code minier et de la charte, c’est la raison d’être des enquêtes et des études indépendantes.
Certes, ce dispositif d’évaluation est plus lourd qu’au XIXème ou au XXème siècles. Mais nous vivons dans un autre univers : personne ne souhaite se retrouver, dans 20 ou 30 ans, avec des réserves d’eau disparues et des nuisances en tout genre. Nous devons évidemment en tenir compte pour construire l’avenir minier de notre territoire. Enfin, il nous revient de veiller au retour pour les populations locales, pour qu’elles profitent des emplois, des investissements et de l’activité générés par l’exploitation. J’ai la conviction qu’on peut combiner l’ambition économique et les exigences environnementale et sociale.


Considérez-vous qu’il y a toujours un risque d’approvisionnement en matières premières en France, en particulier en métaux stratégiques ?

Non. Il est vrai qu’à un moment donné, la stratégie de certains pays a été d’accumuler des matières premières, ce qui en a fait monter le cours. Le ralentissement des émergents, et en particulier celui de la Chine ces derniers temps, a fait redescendre le cours de ces matières premières et en a réduit les aspects critiques. Je pense par exemple au cuivre. On pouvait craindre un début de tension : celui-ci n’a pas eu lieu.
Toutefois, les pouvoirs publics ont le devoir d’anticiper. Notre stratégie se fonde sur trois axes. D’abord, nous mutualisons le risque d’approvisionnement, c’est à dire que nous multiplions les pays sources pour ne pas être dépendant d’un seul pays ou d’une seule source. Le deuxième axe concerne les métaux rares et plus critiques qui dépendent parfois d’un ou deux pays seulement. On connaît la sensibilité de l’uranium : nous avons là une vraie stratégie avec notre opérateur Areva. Il en est de même pour le nickel avec un opérateur comme Eramet. Le troisième axe vise à nous réorganiser pour sécuriser certains métaux. Notre dépendance relative à la Russie nous a amenés à réorganiser nos filières industrielles pour la réduire. Nous pourrions constituer des productions de synthèse qui permettent de réduire la dépendance au titane notamment, qui est critique pour la filière aéronautique.

La chute des cours des matières premières change-t-elle la donne ?

Nous sommes extrêmement attentifs à ce sujet. Avec deux approches : à travers la stratégie minière, d’une part, et à travers celle des plans industriels. La première est transversale. La seconde se fonde sur une logique filière par filière, afin de ne pas nous retrouver dépendants de certains approvisionnements. La chute des cours du pétrole a permis de diminuer la pression sur quelques secteurs mais n’a pas changé le fait que la stratégie industrielle doit être anticipée.
Muryel Jacque, en Guyane
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021276716192-emmanuel-macron-lavenir-de-la-france-dans-lindustrie-miniere-selon-emmanuel-macron-1147141.php?hwlPoGZat6W9xcxp.99#

dimanche 23 août 2015

Techniques d'énarques : laisser pourrir sans rien faire jusqu'à l'infraction lourde ... Paix à son âme

Un automobiliste se tue sur un barrage des rouleurs de nickel

Un des barrages des rouleurs de nickel, le 19 août. Photo AFP
Un des barrages des rouleurs de nickel, le 19 août. Photo AFP
Un jeune homme est décédé dans le nuit de samedi à dimanche à la suite d’un accident sur l’un des barrages érigé par les rouleurs de nickel, a annoncé dimanche le haut-commissaire de la République, Vincent Bouvier.
Il s’agit du premier incident grave en marge de ce conflit avec les routiers transporteurs de nickel qui dure depuis trois semaines.
«Ce matin vers 2h30, Roger Nui, âgé de 25 ans, circulait à bord de son véhicule sur la voie de dégagement ouest ; il s’est encastré sous un camion de rouleur qui bloquait la voie de Kowekara (sud de l’île, ndlr). Il est décédé des suites de ses blessures», a déclaré M. Bouvier.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de cet accident.
Le conflit qui oppose les mineurs et les camionneurs transportant du nickel au gouvernement a débuté le 5 août. Ces derniers réclament notamment l’ouverture d’un canal d’exportation de minerai vers la Chine.
Le Conseil consultatif du commerce extérieur des mines (CCEM) et le groupe de travail des présidents et signataires de l’accord de Nouméa (GTPS) ont donné un avis défavorable à leur requête.
Depuis, les rouleurs campent devant l’immeuble du gouvernement avec leurs 30 tonnes et organisent des blocages dans la capitale calédonienne et en divers points de l’intérieur de la Grande Terre.
La ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, a appelé l’ensemble des acteurs «à renouer sans délai les fils du dialogue pour permettre, dès aujourd’hui, un retour à la normale sur toutes les voies de circulation et pour lever les obstacles à la résolution du conflit en cours», dans un communiqué.
Le représentant de l’Etat a lancé un appel solennel aux rouleurs afin qu’ils mettent fin aux blocages à Nouméa et sur l’ensemble du territoire. «La tenue de la réunion de conciliation prévue dimanche après-midi est conditionnée à la levée des barrages», a-t-il précisé. 

 source 

 Techniques d'énarques ou de polytechnicos: laisser pourrir sans rien faire jusqu'à l'infraction lourde, photos et hélicos, puis peser dans la discussion avec menaces de punition Efficacité terrible à froid et ça réduit les dommages collatéraux.

Techniques de politicos: promettre et ne pas tenir ou renier les contrats pour une virgule mal placée. 


Techniques de patron: laisser pourrir un mouvement jusqu'à l'asphyxie. Ca fait des économies et les mecs travaillent encore plus en revenant.

Depuis deux semaines, la panique gagne le marché du nickel

Souvenez vous, le 11 août dernier, le nickel connaissait un discret mais bien réel "flash crash" de près de 15 % en une minute après la dévaluation de la monnaie chinoise. La valeur instantanée de la production calédonienne de nickel s'est dépréciée d'autant.
Depuis le 11 août, le cours du métal poursuit son recul, atteignant même son niveau le plus bas depuis 6 ans. © AJ
  Depuis le 11 août, le cours du métal poursuit son recul, atteignant même son niveau le plus bas depuis 6 ans.

Ce "flash crash" du nickel, survenu après la clôture de la bourse des métaux de Londres, était directement lié à la dévaluation du yuan face au dollar, alors même que la production des usines chinoises d’acier inoxydable, consommatrice de nickel, s’était déjà contractée en juillet.
 

Au cœur de l’été, la violente rechute du nickel

La confiance des investisseurs dans l'industrie du métal ne sera sans doute pas restaurée avant que les actions de Pékin pour renforcer son économie ne se traduisent par des résultats. La hausse du dollar, monnaie de référence et de paiement de matières premières, renchérit les importations chinoises de nickel de plus de 2 %. Mais, en dévaluant sa monnaie, Pékin espère renforcer ses exportations qui ont chuté de 8,3 % en juillet.
 

La crise des cours du métal atteint le minerai et le ferronickel

Depuis le 11 août, le cours du métal a poursuivi son recul, atteignant même son niveau le plus bas depuis six ans, à 9 100 dollars la tonne. Le nickel, tout comme le cuivre, souffre de la conjonction d’une offre abondante et d’une baisse continue de la demande en métal pur. Ainsi, le cours du métal coté au LME de Londres impacte directement la production calédonienne de ferronickel et les exportations de minerais. L’indice LME sert de référence au prix, qui est déterminé par la quantité de nickel contenu.
 
Dans ce contexte, les métallurgistes chinois de l’inox font pression sur leurs fournisseurs pour obtenir des matières premières toujours moins chères. En faisant jouer la concurrence entre les exportateurs de minerai de nickel, Philippines, Madagascar ou Nouvelle-Calédonie. C’est l’arrière-plan du conflit qui oppose le gouvernement du Pays aux mineurs qui veulent exporter du nickel vers la Chine
  
Des usines en sursis
Le nickel-métal a perdu 31 % de sa valeur depuis le début de l’année. Des usines ferment en Afrique, d’autres sont mises en sommeil à Madagascar, en Australie et au Canada. Et les usines calédoniennes de nickel ? Pour le moment, elles ont échappé au pire.