PARTI TRAVAILLISTE

KANAKY

mardi 5 février 2019

L'Union fait la force

Déclaration du Comité Confédéral National : ensemble pour gagner, le 5 février 2019 grève nationale de 24h

Résultat de recherche d'images pour "gilet jaune"  Résultat de recherche d'images pour "gilet cgt"
Depuis de nombreux mois, les salarié-es, les retraité-es, les privé-es d’emploi et la jeunesse se mobilisent dans notre pays. Depuis la fin de l’année 2018, le mouvement dit des Gilets jaunes mobilise les attentions et révèle un regain de confiance en l’action collective. La démultiplication des mobilisations s’oppose à la profonde injustice sociale et exige une autre répartition des richesses créées par le travail...
 
Depuis de nombreux mois, les salarié-es, les retraité-es, les privé-es d’emploi et la jeunesse se mobilisent dans notre pays. Depuis la fin de l’année 2018, le mouvement dit des Gilets jaunes mobilise les attentions et révèle un regain de confiance en l’action collective.
 
La démultiplication des mobilisations s’oppose à la profonde injustice sociale et exige une autre répartition des richesses créées par le travail.
Cependant, plus le temps passe, plus le patronat et le gouvernement méprisent les revendications pour les détourner en détruisant les solidarités, plus les revendications sociales débordent.
 
Parti de la hausse des carburants, le mouvement des gilets jaunes a évolué. Des exigences nouvelles rejoignent désormais celles exprimées par les salarié-es, les retraité-es, les privé-es d’emploi, avec la CGT. C’est pourquoi, partout où cela est possible, la CGT continuera à travailler les convergences avec les Gilets jaunes. Elle sera présente auprès des assistantes maternelles (Gilets roses) et de toutes celles et ceux qui se mobiliseront le samedi 2 février contre la dégradation de leurs droits au chômage.
 
Pour la CGT, patronat et gouvernement doivent entendre immédiatement les revendications. Il y a donc urgence à les exprimer encore plus fortement et encore plus nombreux dans les entreprises, les services et dans la rue et à favoriser leurs convergences.
 
Ensemble, nous voulons créer les conditions de la gagne pour :
• une augmentation du Smic de 20% (1800 euros brut), du point d’indice, de tous les salaires et pensions ainsi que des minima sociaux ;
• l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ;
• une réforme de la fiscalité par un impôt sur le revenu plus progressif et une TVA allégée sur les produits de première nécessité, le rétablissement de l’ISF et une imposition plus forte des plus hauts revenus et de la détention de capital ;
• le contrôle et la conditionnalité des aides publiques aux grandes entreprises ;
• le développement des services publics ;
• le respect des libertés publiques, tel que le droit de manifester remis en cause par le gouvernement ;
• le renforcement des droits et garanties collectives, des droits au chômage, de la sécurité sociale, notamment de la retraite ;
• une transition écologique juste et solidaire.
 
Dans ce cadre, le Comité confédéral national (CCN) de la CGT s’engage à créer toutes les conditions pour favoriser l’expression des besoins des salarié-es, des retraité-es, des privé-es d’emploi et des jeunes et plus largement des citoyens. Il les appelle à se saisir notamment des Cahiers d’expression revendicative populaire et les incite à s’engager dans l’action collective et dans la CGT.
 
Aussi, le CCN de la CGT appelle les syndicats et ses militants à proposer aux salarié-es de cesser le travail le 5 février 2019, dans le cadre d’une journée nationale de grève de 24h.
 
Elle organisera des assemblées générales dans les entreprises et services et mettra à disposition des salariés qui le décident, des appels à la grève dans tous les secteurs professionnels.
 
Afin d’élever encore plus les mobilisations, de les étendre, le CCN propose d’organiser chaque semaine les « mardis de l’urgence sociale ».
 
À l’issue du pseudo « grand débat national » organisé par le président de la République, la CGT propose d’organiser une nouvelle journée nationale d’action mi-mars qui pourra être un moment fort pour remettre les cahiers d’expression revendicative populaire.
 
Dans ce calendrier de luttes, le 8 mars 2019, journée internationale pour le droit des femmes, permettra à toutes et tous d’agir ensemble pour gagner l’égalité par le haut entre les femmes et les hommes.
 
En ce début d’année 2019, la CGT, à l’offensive, dynamique, visible et disponible, se déploie pour construire une année de luttes et de conquêtes sociales dans l’unité la plus large.
 
Montreuil, le 30 janvier 2019
 
Source

vendredi 11 janvier 2019

Réponse à la lettre ouverte de Florenda NIRIKANI


Je dînais chez des amis caldoches le soir où tu as publié ta lettre ouverte. J’avais été informé par des textos de camarades du Parti Travailliste qui en avaient pris connaissance sur facebook et en étaient révoltés. J’ai indiqué que j’allais en prendre connaissance après mon dîner et je verrais s’il y avait matière à répondre. Après réflexion, je me suis dit que l’urgence ne s’imposait pas et vu la proximité des festivités de fin d’année, cela pouvait attendre après.

La première raison pour laquelle il n’y avait pas urgence à te répondre, c’est par rapport à ton courrier qui veut se prévaloir d’une légitimité politique qui n’existe pas et qu’il n’y avait pas nécessité à le considérer comme une priorité.

Ensuite il y a des instances ou des personnes qui ont la légitimité de m’interpeller, ce sont les structures et les responsables du Parti Travailliste dont je suis le Président et à qui je rends compte dans les congrès et donc n’étant pas membre de notre Parti, je n’ai à priori aucun compte à te rendre Mlle Florenda Nirikani.

Mais je suis habitué en tant qu’homme politique à accepter les critiques et les débats, pour peu que l’un et l’autre soient menés de bonne foi. En l’espèce c’est loin d’être le cas et je regrette profondément la méthode employée.

Compte tenu de la forme et des éléments remplis de contre-vérités de ta lettre publique, je tiens à ne pas laisser passer l’occasion de répondre point par point et préciser un certain nombre de choses, à toi et aux personnes qui partagent tes analyses notamment en faveur du OUI au référendum du 04 Novembre dernier et que je connais bien dont un en particulier qui a commandité son commando des 3 femmes, Mado, Mareka à l’émission de Radio Djiido qu’il n’a pas manqué de féliciter sur facebook et toi, la jeune donneuse de leçons. Ce qui, je le conviens, peut donner une réponse qui soit assez longue.

Tu dis que je t’ai manqué au dernier meeting à Kowe Kara pour la campagne en faveur du oui ? Mais à quel titre aurais-je été présent puisque mon parti avait déjà pris position comme tu le dis bien pour la non-participation lors de son congrès extraordinaire du 14 Juillet 2018 en indiquant que le NON allait gagner et que la participation ne servirait qu’à cautionner et à valider ce NON programmé par l’État français avec la complicité passive du FLNKS depuis la signature de l’ADN ! Le PT a été le seul parti indépendantiste à convoquer un congrès pour se positionner vis à vis du référendum et l’USTKE seul syndicat à inscrire à son congrès la question de la participation à ce référendum. Dans les 2 cas, un vote démocratique a décidé de la non-participation à ce qu’on a appelé un simulacre d’autodétermination.

Je te rappelle la devise du Parti Travailliste : « Le parti qui dit ce qu’il pense et fait ce qu’il dit ! ». Dit ce qu’il pense : référendum bidon ! Fait ce qu’il dit : Pas de caution ni de validation d’un pseudo référendum d’autodétermination donc non-participation !

Et le résultat du référendum d’autodétermination bidon du 04 Novembre a été exactement celui que le Parti Travailliste et l’USTKE avaient prédit : La victoire programmée du NON ! Et pourtant nous n’avons pas disposé d’autant de moyens que vous les partisans du OUI : 26 millions pour le FLNKS à travers ses 2 groupes au Congrès, sans compter la campagne médiatique réservée aux seuls partisans du OUI ! Après vous pourrez toujours essayer d’expliquer que 43% c’est la victoire, comment se fait-il qu’il n’y ait pas l’indépendance alors ??? C’est là où est le mensonge et la manipulation qui a trompé la population kanak et que vous continuez à tromper en cherchant des boucs émissaires alors que vous saviez tous que le oui ne pouvait pas l’emporter puisque la LESC comprenait 80.000 kanak pour 95.000 non kanak ! J’en veux pour preuve encore le procès intenté aux deux élus PT du groupe UCFN par des responsables politiques importants notamment de l’UC (D. Goa, R. Wamytan, C. Machoro, PC. Tutugoro entr’autres) après la position du congrès extraordinaire du Parti Travailliste. Pendant que je donnais les explications sur la position du PT de non-participation, je distribuais aussi l’argumentaire arrêté par notre parti à l’issue de notre congrès extraordinaire. Après lecture, certains ont pris la parole et ont précisé qu’ils étaient d’accord avec notre argumentaire mais ils privilégiaient la position du BP FLNKS et que le groupe s’inscrivait dans la participation et la campagne du OUI ! Explique-moi comment on peut être d’accord avec un argumentaire de non-participation et appeler à voter OUI tout en sachant que le OUI ne l’emporterait pas ! Si ce n’est pas du mensonge et de la manipulation, c’est quoi ???

Concernant le RIN, si je suis d’accord avec l’expression des revendications dont tu fais état et des mobilisations qui ont porté ces revendications, j’aurais aimé que tu daignes remercier les moyens que l’USTKE et le PT ont apporté pour que ces mobilisations soient une réussite et que vous puissiez bénéficier d’une tribune, parce-que sans ces moyens humains et matériels, je ne pense pas qu’avec tes amis, vous seriez arrivés à faire aussi bien tous seuls. On sera attentif à observer vos prochaines mobilisations.

Venons-en maintenant à cette fameuse banderole où était inscrit « 20.000 kanak radiés des liste » ! Je dis fameuse parce-que je l’ai déjà relevé dans un échange avec votre « mentor » par personne interposée : Cette banderole qui était déployée sur un mur au dernier congrès de l’USTKE avait été faite bien auparavant pour une manif du RIN au moment où il était question d’un nombre de kanak non présents sur les listes de 25.000 ensuite 23.000 pour tomber en dernier lieu à environ 19.000 comme tu dis ! Comme tu veux être pointilleuse sur les chiffres, mais alors pourquoi tu emplois le terme environ ? Environ moins de 19.000 ou environ plus de 19.000 ? Mais la banderole parle de 20.000 alors tu décrètes que c’est faux, c’est 19.000 ! Mais comment tu peux être aussi affirmative puisque tu le reconnais toi-même, ce n’est ni par les indépendantistes ni par toi-même mais ce sont les résultats d’un travail fait par l’État ? Ah bon ! c’est l’État donc c’est parole d’Évangile !!! Mais quel État ? Un nouvel État ou celui colonial contre lequel on se bat pour avoir notre indépendance et à qui vous faîtes confiance pour les chiffres concernant les listes électorales ?

Sur le terme « radiés » inscrit sur la banderole, la manière dont tu brodes autour de ce terme montre bien à quel point tu es à court d’arguments politiques sérieux ; Les camarades qui ont écrit cette banderole ne sont sans doute pas aussi rompus que toi aux subtilités de la langue française et auraient peut-être dû employer le terme absents plutôt que radiés mais leur pensée reflétait exactement les constats du moment que nous faisions au RIN comme indiqué plus haut sur le nombre de kanak absents de la liste référendaire.

Tu me dis ensuite : « Cependant, auras-tu le courage de dire publiquement que tu as menti aux militants du PT et de l’USTKE et à tous tes enfants sur les chiffres ? Auras-tu le courage de dire que tu as manipulé l’opinion publique profitant de l’ignorance des gens ? » !

Mais quelle prétention et quel manque d’humilité !!!

Tu vois je pensais que tu étais différente de ces jeunes qui aujourd’hui, sous prétexte d’émancipation, se considèrent exonérés de respect envers leurs aînés mais je vois que ce moule de l’arrogance mal placée t’a aussi façonnée ! Et de quelle manière !!!

Ainsi tu as la prétention de croire que tu peux interpeler publiquement en le traitant de menteur et de manipulateur un responsable politique qui a commencé son engagement dans la lutte pour la revendication et l’affirmation de l’identité kanak avec les Foulards Rouges en 1969 qui a précédé la revendication de l’indépendance de Kanaky, et qui a consacré sa vie à cette lutte bien avant même que tu ne viennes au monde.

Laisse-moi te raconter une histoire : Lorsque nous avons créé le FLNKS – heureusement que tu reconnais que j’ai fait partie de ces responsables qui avions décidé de le faire (aucun de ceux qui dirigent actuellement le FLNKS n’ont fait partie des fondateurs) – nous avons organisé le Bureau Politique en équipes de deux PERSONNES et j’ai fait équipe avec un certain Éloi MACHORO. Diverses réunions partout pour préparer le boycott actif du 18 Novembre 1984 dont une à Unia-Yaté et l’un des jeunes responsables politiques de l’UC qui nous avait reçu était le beau-frère Adolphe DIGOUÉ qui n’était pas encore passé au PALIKA.

Mais je veux en venir à Wawilu et à la famille MANDAOUÉ à laquelle tu as fait référence. Il faut rappeler que jusque-là Wawilu était le fief RPCR du vieux Auguste PARAWI REYBAS. Pour pouvoir organiser une réunion avec Éloi à Nékoué dans le district de Waraï justement, j’ai demandé à Pépé Béra (Philippe MANDAOUE mon beau-père) de porter un tabac auprès du Grand Chef son grand frère Félix MANDAOUÉ qui a accepté et la réunion s’est tenue chez le vieux à la Grande Chefferie. Était également présent ce soir-là le vieux CHENEPA BOEWE responsable de l’UPM. La réunion a été quelque peu perturbée par le représentant du PALIKA Narcisse KASOWIBANOU (encore un beau-frère maintenant décédé), qui indiquait que le PALIKA était contre la création du FLNKS et que cette réunion ne servait à rien. Malgré cela la réunion s’est poursuivie et le FLNKS a pris corps à Wawilu avec la mise en place du Comité de Lutte et son implication dans le boycott actif du statut Lemoine le 18 Novembre 1984. Bilan : À l’issue des élections régionales de 1985 suivant le plan Fabius-Pisani instaurant quatre régions dans le pays, la région centre sera remportée par la liste du FLNKS grâce au basculement de Wawilu qui avait voté majoritairement pour la liste indépendantiste.

Pépé Béra c’est ce vieux qui, un jour à l’appel du Comité de Lutte de faire un barrage au pont de Wawilu, arrivé le premier sur les lieux avec son tracteur ne s’est pas dégonflé et l’a mis en travers de la route pour commencer le barrage. C’était l’occasion, à travers ce témoignage, de rendre hommage à ce cœur de lion extraordinaire que la vie m’a accordé le privilège de rencontrer et de côtoyer pendant des années, il a aujourd’hui 95 ans.

Avec Éloi, après la campagne pour le boycott actif du 18 Novembre 1984, nous avons partagé un dernier dîner à la CPS chez Hilda LINI le jeudi 15 Novembre au soir. Vers 23H00, nous nous sommes séparés, Éloi est parti en direction de Canala pour organiser l’opposition au vote le dimanche et ma famille et moi sommes partis à Toka le lendemain, conformément à la volonté du BP que chacun rentre dans sa tribu. Nous ne sommes jamais revus ! J’ai appris son assassinat le samedi 12 janvier 1985 au matin, j’étais à Wollongong au sud de Sydney où j’avais représenté durant les 3 précédents jours le FLNKS au congrès du Socialist Workers Party. Ce même jour de la mort d’Éloi était incendié le siège de l’USTKE à l’ancienne maison des syndicats, rue de la république.

J’ai voulu te rappeler cet épisode de notre histoire comme j’aurais pu t’en raconter des dizaines dont celles de la vidéo sur ma déclaration au Congrès de l’UC à Kowe Kara , pour te faire comprendre, que contrairement à beaucoup de responsables actuels du FLNKS, mon implication dans la lutte aux côtés de ces frères et ces vieux qui aujourd’hui ne sont plus là, m’a servi de protection contre ces dérives mensongères et manipulatrices que tu as toi-même côtoyé dans tes engagements divers, au Palika, au groupe UCFN ou encore au FLNKS. Et pour ne rien oublier et affirmer cette mémoire, j’ai donné comme prénom à mon deuxième fils : YANN-ELOI pour Tonton Yann Céléné UREGEI et mon frère Eloi MACHORO !

Je relève que si parfois tu as effectivement été en désaccord avec ces structures, tu en fais état aussi dans ta lette ouverte, je ne t’ai jamais vue ou entendue interpeller leurs responsables comme tu l’as fait avec moi-même responsable du Parti Travailliste : Paul NEAOUTYNE ? Victor TUTUGORO ? Rock WAMYTAN ? Ce sont pourtant eux les signataires de l’Accord de Nouméa en faisant des concessions inimaginables notamment par l’ouverture du corps électoral référendaire qui avait été figé en 1988 et qui font les concessions répétées dans les Comités des Signataires ! C’est NEAOUTYNE et GOA qui par deux fois, ont adoubé le gouvernement Germain ! C’est quoi la raison de ce ciblage partisan ?

La raison principale est de donner des gages de bonne conduite pour avoir les faveurs de ces dirigeants lors de la préparation des listes électorales et notamment en Province Sud où si je ne me trompe, PABOUTY et toi souhaitez figurer sur la liste ! Je vous rappelle que si la DUS a pu être présente sur la liste en 2014, c’est après être venu quémander à la Vallée du Tir au siège de l’USTKE et reçu le soutien du PT pour qu’aux discussions à Dumbéa au KAIMOLO, le PALIKA et l’UC reviennent sur leur positionnement initial d’occuper les 6 premières places.

Venons-en maintenant au droit à l’autodétermination ! Oui j’affirme et j’affirmerai toujours que, ici en KANAKY ce droit appartient d’abord au kanak parce-qu’il est le seul colonisé dans ce pays et pour la vérité historique, il est important de toujours le rappeler. Oui nous avons reconnu les victimes de l’histoire à Nainvilles-Les-Roches et leur avons offert une légitimité dans le Pays Kanak ! Cela s’est retrouvé dans la composition du corps électoral pour le référendum de 1988 qui était figé pour 1998. Je rafraîchit ta mémoire en t’indiquant qu’à aucun moment je n’ai remis ça en cause puisque j’en étais moi-même signataire de l’Accord Oudinot de 1988 qui a arrêté ce corps électoral accepté par l’état et le RPCR, corps électoral dans lequel étaient pris en compte les victimes de l’histoire.

À aucun moment nous avons exigé que seuls les kanak votent le 04 Novembre 2018, il faut cesser de raconter n’importe quoi !

C’est l’ouverture incontrôlée du corps électoral référendaire par l’Accord de Nouméa que nous avons dénoncé avec les concessions répétées des Comité des Signataires et le faire, ce n’est pas attiser la haine mais défendre notre droit ! Là où nombre d’entre vous pensez d’abord aux autres avant les kanak, nous on pense d’abord à notre Peuple et à défendre son droit, ce droit tellement foulé aux pieds grâce à des gens comme vous :
·         Où est notre droit pour l’emploi ?
·         Où est notre droit pour la promotion, la direction ?
·         Où est notre droit pour le logement ?
·         Où est notre droit pour nos cadres kanak préparés à l’exercice des compétences transférées ?

Je t’invite à prendre connaissance des rapports de Samuel GOROHOUNA Docteur en économie qui confirment ce que nous avons toujours dénoncé.

Et puisque tu parles des wallisiens et tahitiens, je te dis simplement, va revendiquer une légitimité dans leur pays, tu vas voir s’ils vont prendre des gants pour te mettre un coup de pied aux fesses ! Tu sais celui qui te dis ça, c’est celui qui a mené le plus de conflits avec son syndicat pour défendre les travailleurs non kanak exploités ! Une fois leurs problèmes règlés, démmerdez-vous les kanak avec votre revendication d’indépendance ! Vous pouvez toujours fantasmer et croire que vous allez convaincre les non kanak de voter en faveur de l’indépendance, je vous observe et je souris de votre naïveté politique ! Pourquoi voulez-vous qu’ils changent alors qu’ils ont tout, ont pris la place des kanak partout dans le privé et dans le public grâce au silence irresponsable de ceux-là même, dirigeants indépendantistes qui devaient en priorité protéger les intérêts du Peuple Kanak.

Je ne perdrai pas mon temps à répondre à tes délires sur la définition d’un kanak ni aux allusions vis à vis de nos familles non kanak. Je te dirais simplement que la fille de Tonton Bibi vient de réussir son BTS grâce à son travail et grâce aussi aux deux années de formation en alternance qu’elle a pu avoir dans l’entreprise de son Tonton Loulou !

Tu sais je partage mon temps entre ma famille kanak, ma très nombreuse famille métisse et mes amis caldoches, tahitiens, wallisiens, zoreilles, etc… Des coups de fête, des repas, des coups de belote et j’en passe ! Depuis bientôt 68 ans que je suis né dans cette ville de Nouméa, où j’y suis resté toute ma vie jusqu’à ce jour ! Et c’est toi qui as la prétention de venir m’apprendre comment être avec les non kanak !

Concernant l’émission « Nation de Demain » de Radio Djiido, je ne suis pas au courant de la décision à propos des questions des auditeurs, Yvette est une responsable qui fait de son mieux et prend les décisions qui lui semblent bonnes. Puisque tu n’en fais pas état et ne l’a pas condamné, je suppose que tu as fait partie des personnes qui ont déprogrammé la précédente émission dans laquelle j’étais invité.

Parlons du congrès mais d’abord, pourquoi je dois te rendre des comptes à toi Florenda NIRIKANI qui n’a pas mis un bulletin de vote pour me faire élire au Congrès de la NC puisque je suis issu de la province des îles ?

Concernant notre responsabilité d’élus, Madame Marie-Pierre GOYETCHE et moi faisons partie des élus qui assuraient au mieux et le mieux nos mandats jusqu’à la décision du groupe UCFN de nous retirer du groupe et de facto des postes que nous occupions : Nous ne sommes plus présents ni dans le bureau du congrès ni dans aucune commission. Nous avons donc décidé de choisir les moments où nous irions sièger, n’en déplaise à quiconque ! Mais je t’assure que nous ne perdons pas notre temps, il y a encore plein de combats à mener et nous nous y préparons dans la sérénité surtout vis à vis des militants de notre parti à qui reviendra la décision de reconduire ou pas notre candidature lors des prochaines élections. Je te passe sur leurs réactions outrées que tu te sois permise de prétendre à t’immiscer dans leurs responsabilités de désignation de leurs candidats.

Quant à la désignation des novices que tu préconises, l’un de nos militants a eu cette réaction : « Florenda tout ça, ils croient que la politique c’est un jeu et qu’il faut mettre sur les listes des gens qui vont aller apprendre la politique » !

Je me suis souvenu alors de ce qui s’était passé au MWA KA lorsque se passaient les débats de savoir s’il fallait déplacer les cases ou pas pour les mettre sur le terre-plein du port autonome suite aux injonctions de la Mairie de Nouméa de libérer la place. À ce moment-là, l’opportunité était réelle puisque le Gouvernement, le CA du port autonome et la Mairie de Nouméa s’étaient accordés pour mettre à disposition le terre-plein pour permettre un déplacement des cases dans la dignité. Les intransigeances exprimées ont été telles que le déplacement des cases n’a pu se faire et je me rappelle toujours l’un de vos arguments : On est opposé au déplacement des cases et nous les jeunes on veut prendre nos responsabilités et faire notre propre expérience, alors peut-être qu’on se trompe et que même si on fait mal ou on a mal, ce sera l’occasion pour nous d’apprendre. Résultat les cases n’ont pas été déplacées, la Mairie de Nouméa a fait intervenir sous protection de vigiles privés et de la police, des engins de travaux publics en l’occurrence des pelles qui ont tout détruit, écrasé et le tout évacué au dépotoir. Ensuite la Mairie de Nouméa avait pris un arrêté d’interdiction d’édifier des cases sur le terre-plein initialement disponible et qui ne sert aujourd’hui qu’aux salons et foires.

Où étiez-vous les jeunes pour s’opposer au démantèlement des cases… disparus ! Et la tribu dans la ville…disparue ! Voilà un exemple de votre initiation !

Je profite pour t’indiquer que le MWA KA ainsi que l’arbre de la parole qui sont à la Moselle ont été transportés de leur lieu d’origine gratuitement par un camion de ma société.

Quant aux absences aux travaux du congrès, je ne te les nommerais pas mais si tu fouilles bien il y a quelques noms qui devraient agiter ta fibre pointilleuse et te faire réclamer du fric pour l’Élan des conques ou autres… Je suis certain que tu les connais mais chut… il faut donner des gages.

Parlons-en du groupe UCFN et de l’organisation des collaborateurs :

Marie-Pierre GOYETCHE et moi sommes deux élus du PT et aucun collaborateur rémunéré par le groupe, seuls 2 demi-postes partagés grâce à la présidence de la commission des sports.

Sylvain PABOUTY seul élu de la DUS et 4 collaborateurs !!! Y-aurait-il des élus plus égaux que d’autres ? Est-ce pour cela qu’il se démène autant à faire l’alchimiste pour transformer la claque du NON en une victoire des 43% et plaire au FLNKS ?

Sur les décisions politiques du groupe, je regrette l’absence de fermeté vis à vis de l’UNI-PALIKA et de ses dérives pro Calédonie Ensemble. Le Président du groupe Rock WAMYTAN sait exactement de quoi je parle et connaît aussi ma détermination à défendre mes positions quand je les estime justes.

La stratégie unitaire peut ne pas se faire dans les provinces nord et îles, c’est exactement ce qui s’est passé aux précédentes provinciales. En province sud, le sens des responsabilités de chaque nationaliste sera déterminant pour tenter de s’assurer une majorité au Congrès.

Pour conclure, je serais tenté de dire  que ta volonté de manifester  le  « courage » de transgresser  le lien  coutumier que nous avons , pour exprimer une  prétendue conscience politique est pitoyable et ne constitue qu’une diversion  flagrante pour tenter de donner des gages de loyauté au FLNKS dans une perspective purement électoraliste, mais surtout le fait que ces critiques soient exprimées sous forme de lettre ouverte au grand public  ne sert en réalité qu’une seule stratégie, celle des  opposants à l’indépendance, qui vont se délecter de ce qu’ils vont appeler des « querelles intestines » démontrant le manque de maturité et de solidarité de ceux qui veulent obtenir la pleine souveraineté.

Ta lettre ouverte constitue une erreur politique (encore une) doublée d’une faute.


UREGEI Louis Kotra
Président du Collège Honoraire de l’USTKE
Président-Fondateur du STKE
Président du Parti Travailliste
Membre Fondateur du FLNKS
Signataire de l’Accord Oudinot de 1988



vendredi 28 décembre 2018

Thomas Sankara fut assassiné lors d’un coup d’État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré

Thomas Sankara (1949-1987) reste une figure adulée en Afrique. Un leader du panafricanisme, mais surtout un homme d’Etat charismatique et doué d’une intégrité à toute épreuve. Son engagement marxiste était-il pour autant une raison de le renverser et de l’assassiner ?
 J’avoue ma profonde sympathie pour cet homme et m’intéresse à son histoire. Je lis et relis Thomas Sankara parle, une compilation de ses discours et entretiens, réalisés durant son mandat de président du Burkina Faso (ancienne Haute-Volta), “le pays des Hommes Intègres” dont il était justement le meilleur représentant. [1]
 Sa chute et son assassinat brutal n’avaient provoqué paradoxalement que de peu de remous à l’époque, alors que les Burkinabés et le monde entier savaient qui était le coupable. Un rêve d’émancipation s’en était allé au profit d’un réalignement du Burkina Faso dans le cercle des Etats africains alliés de la France, des Etats-Unis et de “l’impérialisme” aux yeux des révolutionnaires marxistes.
 Dans sa biographie disponible sur Wikipedia, le coupable de sa mort est clairement désigné : “Le 15 octobre 1987, Thomas Sankara fut assassiné lors d’un coup d’État organisé par celui qui était considéré comme son frère, Blaise Compaoré. Plusieurs jours plus tard, il fut déclaré « décédé de mort naturelle » par un médecin militaire.” Je me souviens d’un documentaire consacré à Thomas Sankara diffusé sur la chaîne Public Sénat dans lequel, Blaise Compaoré, devenu le nouveau chef du régime, tirait un trait définitif sur l’ère Sankara ; l’homme avait un regard sombre et qui semblait cacher beaucoup de choses inavouables.
 Dans sa propre biographie sur Wikipedia, Blaise Compaoré, toujours chef de l’Etat burkinabé, y est clairement désigné comme celui qui a “assassiné son prédécesseur et ami Thomas Sankara pour avoir trahi l’esprit de la révolution”. On ne peut être plus explicite et personne n’est venu jusqu’à présent démentir cette grave accusation.
 En lisant le dernier numéro de Courrier International (n°926), je découvre son supplément d’été consacré aux “Drôles de couples” politiques et du show-bizz en général. Dans la catégorie des couples “infernaux”, le journaliste burkinabé Ernest Diallo du Journal de Jeudi de Ouagadougou revient dans un article sur le couple présidentiel Blaise et Chantal Compaoré : Chantal Terrasson des Fougères, fille d’une éminente figure politique ivoirienne, aurait été utilisée par le président ivoirien Félix Houphouët-Boigny (grand ami de la France) pour “appâter” le jeune capitaine et second de Thomas Sankara. Une tactique du président ivoirien visant, d’après le journaliste, à “infiltrer” le régime du fougueux et révolutionnaire Sankara par une alliance matrimoniale qui scellerait les intérêts de la Côte-d’Ivoire et du Burkina Faso, dès lors que ce pays sera présidé par Blaise Compaoré.
 Aujourd’hui, je vois et entends la “réconciliation” proclamée entre Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo, l’actuel président (par intérim avant l’élection présidentielle de novembre prochain) de la Côte-d’Ivoire. Les deux hommes s’étaient fâchés durant la dernière guerre civile ivoirienne. Et je ne peux pas ne pas repenser à cette alliance matrimoniale et d’intérêts faite entre ces deux pays, avec certainement l’approbation de la France, au détriment de la vie de Thomas Sankara et de l’avenir du peuple burkinabé.

Notes :
 [1] Michel PRAIRIE, Thomas Sankara parle. La révolution au Burkina Faso (1983-1987), 2007, Pathfinder Books, New York, 480 pages, 26 euros.


31 juillet  2008

jeudi 20 décembre 2018

Communiqué de la CGT : La France la révolte des "gilets jaunes"




Décolonisation Le référendum calédonien acte-t-il un renouveau indépendantiste mondial ?

Profitant de la rencontre d’une délégation du FLNKS à Matignon, le FLNKS a convié des mouvements indépendantistes de Guadeloupe, Martinique et Guyane à une rencontre pour relancer « une dynamique de lutte entre militants des dernières colonies françaises ».

Vendredi dernier, le premier ministre Edouard Philippe réunissait le Comité des signataires de l'accord de Nouméa afin d’acter la date des prochaines élections provinciales sur le Caillou (le 12 mai 2019) et la suite de l’application de l’accord de Nouméa. Entre « front loyaliste » (réunion des Républicains calédoniens et le Rassemblement-LR) et  indépendantistes, dont les quatre composantes se présenteront unies au scrutin prochain, « il y a des interprétations différentes sur la lecture de la fin de l'accord », a euphémisé la ministre des Outre-mer Annick Girardin. Les premiers réclament la réouverture du corps électoral provincial, restreint aux personnes présentes sur le Caillou depuis au moins novembre 1998. Ils estiment que le processus est allé au bout : «Les deuxième et troisième référendums n'ont plus lieu d'être », a lâché Thierry Santa, du Rassemblement LR. Mais forts d’une progression certaine lors du référendum du 4 novembre (43,3% pour le oui à l’indépendance, quand les sondages leur promettaient 35% dans le meilleur des cas), les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) veulent aller au bout du processus qui prévoit deux nouveaux référendums. Car au bout, ils entrevoient la possibilité d’une « souveraineté pleine et entière ».
C’est cette perspective qui outre les Kanak, donne matière à mobilisation des indépendantistes des anciennes colonies françaises. Lundi, le leader du FLNKS Roch Wamytan avait convié plusieurs représentants indépendantistes de Guyane, Martinique et Guadeloupe afin de réactiver une « nécessaire dynamique de lutte entre militants des dernières colonies françaises ». Le référendum a donné « un nouveau souffle aux mouvements de décolonisation », expliquait Roch Wamytan. En Kanaky-Nouvelle-Calédonie, « l’Etat avait capitalisé sur l’extinction du mouvement kanak, ils ont perdu ». Et c’est dans l’ensemble des possessions françaises que se lève « l’espoir que la porte de la liberté s’ouvre », lance le leader calédonien.

« Combler un non-sens historique »

Le résultat du travail politique kanak a ravivé « une fierté, une envie d’être plus combatifs », estime Luc Reinette, représentant du Fos pou Konstwui Nasion Gwadloup (Force pour reconstruire la Guadeloupe). C’est « un exemple », approuvait Germain Beautin, de l’Union pour la liberté en Guadeloupe, évoquant notamment le travail de fourmi des Kanak pour « peser sur la constitution des listes électorales ». Serge Glaude, du Collectif des patriotes guadeloupéens, espère, pour la Guadeloupe comme pour les autres territoires, une réinscription sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies. La Nouvelle-Calédonie, inscrite en 1946 comme Saint-Pierre-et-Miquelon, La Réunion, la Martinique, la Guyane française, en a été retirée « d’un trait de plume » en 1947 comme les autres territoires, lâche le vieux militant. Mais seul le Caillou a été réinscrit en 1986, ce qui a indéniablement pesé dans le processus en cours. « La France doit accepter que nous soyons réinscrits sur cette liste des pays à décoloniser ! », pour selon lui « combler un non-sens historique ».
Puisqu’elle est reconnue pour l’un d’entre eux par l’Organisation des Nations unies, cette demande devrait fédérer tous les indépendantistes des anciennes colonies françaises, estime Garcin Malsa, du Mouvement des démocrates et écologistes pour une Martinique souveraine (Modemas), pour qui « développer nos liens est un impératif absolu pour obliger l’Etat » à reconnaître cette revendication comme « légitime ». « Quelle que soit la dénomination qu’on nous donne, département, collectivité, territoire, nous vivons la même colonisation, les mêmes méthodes, le même mépris, relance Serge Glaude. Pour être entendus nous devons globaliser notre lutte de décolonisation. »
Les participants, qui reprenaient langue après une longue période (ils ne s’étaient pas rencontrés officiellement depuis le début des années 2000), ont prévu d’établir « une plateforme commune face au même colonisateur français ». Pourraient y figurer la définition d’un processus de décolonisation passant par référendum comme en Nouvelle-Calédonie, la question des réparations liées à l’esclavage, aux différentes formes d’exploitation (des hommes, du sol, du milieu maritime…), d’éventuelles évolutions institutionnelles, même si « cela nous laisse peu d’espoir », au vu des expériences d’autonomie dans lesquelles « le colonisateur garde la main », lâchent les militants… «Tout recommence aujourd’hui», s’enthousiasmait Luc Reinette, en actant un prochain rendez-vous une fois travaillée « l’unification de nos forces au(x) pays ». 

mardi 11 décembre 2018

Historique de la création des organes d'information du Peuple Kanak

Bonjour à tous.

Suite à la déprogrammation de l’émission « Nation de Demain » qui devait accueillir le Président du parti Travailliste, le communiqué du PT qui s’en était suivi avait mentionné une réaction plus personnelle de ma part sous forme de rappel de la genèse du projet organes d’information du Peuple Kanak que le FLNKS nouvellement créé souhaitait mettre en place dès 1984, année de sa fondation. Ceci afin de mettre en évidence le rôle qu’avait joué l’USTKE dans le cadre de ses relations régionales et internationales.

22, 23 et 24 Septembre 1984 : Création du FRONT de LIBÉRATION NATIONALE KANAK et SOCIALISTE – FLNKS à l’Océanic à Ducos composé autour d’une charte, des groupes de pressions suivants :

  • Partis politiques :
          • UNION CALÉDONIENNE - UC
          • FRONT UNI de LIBÉRATION KANAK - FULK
          • UNION PROGRESSISTE MÉLANESIEN - UPM
          • PARTI SOCIALISTE KANAK – PSK

  • Syndicat :
          • UNION des SYNDICATS des TRAVAILLEURS KANAK et des EXPLOITÉS – USTKE

  • Groupe des femmes :
          • GROUPE des FEMMES KANAK EN LUTTE – GFKEL

  • Comité de revendications de terres :

          • COMITÉ de REVENDICATIONS de TERRES de la CÖTE OUEST

Toutes les structures étaient devenues des groupes de pression avec 2 représentants chacun au Bureau Politique, cela pour être sur un même pied d’égalité. C’était l’un des changements majeurs comparé au Front Indépendantiste – FI (de 1979/1984) composé seulement de partis politiques et le PALIKA qui était hors du FI.

Dans les partis politiques, le PALIKA qui était contre la création du FLNKS et s’était positionné en observateur ne rejoindra le mouvement que le 1er Décembre 1984 lors de la mise en place du Gouvernement Provisoire de Kanaky et la levée du drapeau à la Conception chez Mr Nicolas PIDJOT. C’est par son représentant Elie POIGOUNE que le PALIKA fera sa déclaration d’intégration au FLNKS. Entretemps, la mobilisation contre la mise en place du Statut Lemoine qui avait été lancée avec le bris de l’urne par la hache d’Eloi MACHORO avait gagné du terrain avec des barrages dans différents endroits du pays et nos premiers morts du côté de Ouegoa.

Le GFKEL de Suzanne OUNEÏ et le Comité de Revendications de Terres de la Côte Ouest seront intégrés immédiatement au sein du mouvement. L’USTKE également mais la confirmation devait être faite lors de son Congrès qui s’est tenu 3 semaines plus tard à la cantine des dockers.

L’organisation du FLNKS était la suivante :

  • La direction et la représentation :  Gouvernement Provisoire de KANAKY composé du Président et de Ministres
  • L’animation et la coordination :     Bureau Politique composé de deux représentants par groupe de pressions
  • Les structures à la base :                  Les Comités de luttes composés de tous les groupes de pressions dans chaque commune, chaque tribu, chaque quartier etc…

Au mois d’Octobre 1984 s’est tenue à Fiji la Conférence des Syndicats du Pacifique à l’Hôtel GATEWAY à proximité de l’Aéroport de Nadi. L’USTKE membre du Forum des Syndicats du Pacifique depuis la conférence de Septembre 1982 à Nouméa, a présenté à cette conférence de Nadi, une résolution de reconnaissance du FLNKS comme seul représentant politique du Peuple Kanak. La stratégie mise en œuvre pour faire voter cette résolution fût un travail de lobbying auprès des syndicats des petites îles du pacifique et lorsque la majorité fût acquise, l’USOENC autre syndicat représentant le pays ainsi que les syndicats des grands pays Japon - SOHYO, Australie - ACTU et Nouvelle-Zélande - NZFOL furent informés et acceptèrent alors de soutenir cette résolution qui sera votée à l’unanimité de la conférence. Les représentants de l’USTKE étaient Claude WEMA mon premier adjoint et moi-même.

Ce vote fût une avancée majeure pour les raisons suivantes :

  • Première reconnaissance officielle internationale du FLNKS : Tonton Yann Celene UREGEI Secrétaire Général du FULK en partance pour l’ONU fera escale à Nadi où nous lui remettrons cette résolution de reconnaissance du FLNKS pour le travail de lobbying auprès des pays pour le soutien à la cause kanak et la réinscription sur la liste des pays à décoloniser de l’ONU, ce qui interviendra 2 ans plus tard.
  • Reconnaissance en conférence : déclinaison et soutien de tous les syndicats membres.

Le Comité Directeur suivant cette conférence se tiendra le samedi 9 Février 1985 à Port-Vila à la même date que le 2ème Congrès du FLNKS qui se tenait à Nakéty Canala. La délégation de l’USTKE composée de François-Élocie André (aujourd’hui décédé) et moi-même partira du Congrès de Nakety et nous étions accompagné de Mr YEIWENE Yéyé Secrétaire Général Adjoint de l’UC et Jean-Marc PAMBRUN SG du syndicat AU PUPU MAOHI de Tahiti qui avait transité par le Congrès de Kanaky avant le CD de Pt-Vila. Tous deux sont également décédés.

Ce Comité Directeur des syndicats du Pacifique décidera, conformément à la résolution de la conférence de Nadi, de demander à tous ses syndicats membres de soutenir le FLNKS dans le cadre de sa lutte de libération nationale, par des aides en particulier financier, à se doter de moyens d’information et de communication tels que journaux, radio etc… C’est ainsi que débuta le soutien financier des syndicats du Pacifique et si ma mémoire est bonne, c’est la Fédération Nationale des Syndicats de l’Enseignement Australiens qui la première fera un don de 10.000 AUD$. La grande sœur Jacqueline DETEIX représentant le SELEC (Syndicat des Enseignants Laïques de l’Enseignement Catholique) assistera à différents congrès de cette fédération.

Ce soutien financier des syndicats du Pacifique dont le point de départ aura été la résolution de reconnaissance du FLNKS par la conférence de Nadi – Fiji d’Octobre 1984, sera très important puisqu’il permettra aussi le financement du bureau du FLNKS à Sydney dont le représentant accrédité par le FLNKS était le frangin Jacques Boengkhi Sarimin.

Les premiers organes d’information du FLNKS seront donc Radio Djiido et le journal Bwenando. Pour le lancement de Bwenando, Jean-Marie TJIBAOU Président du Gouvernement Provisoire de Kanaky demandera à Hnalaïne UREGEI de l’USTKE alors représentant du FLNKS en France, de revenir et d’en être le premier rédacteur. S’agissant de la radio, l’un des soutiens actifs aura été pendant des années le responsable de l’USTKE Pierre CHAUVAT, PNC sur UTA/AIR France/AIRCALIN, qui ramènera au retour de ses vols, les premiers CD en vogue ou du matériel nécessaire à la bonne marche de la radio.

Je profite pour saluer et remercier tous les camarades de l’USTKE, avec une pensée particulière pour celles et ceux qui nous ont quitté, qui ont fait en sorte que ces organes d’information puissent voir le jour et les ont soutenu du mieux qu’ils pouvaient.

J’ai souhaité témoigner de cette part d’histoire parce-que certains qui étaient contre la création du FLNKS ou qui n’y étaient même pas engagé, ont manqué de respect en prenant la responsabilité de déprogrammer l’émission dans laquelle j’avais été invité. Surtout qu’à aucun moment de l’histoire de Djiido, jamais aucun responsable pro-colonialiste n’a connu une telle situation. Bien au contraire, tous ces pro-colonialistes ont antenne ouverte en permanence sur Radio Djiido.

En mémoire des frères et sœurs de lutte sincères,
Combattants de la Liberté pour Kanaky,


UREGEI Louis Kotra
Président du Collège Honoraire de l’USTKE
Président-Fondateur du STKE
Président du Parti Travailliste
Membre Fondateur du FLNKS
Signataire de l’Accord Oudinot de 1988