PARTI TRAVAILLISTE

KANAKY

lundi 16 juillet 2018

C'est une farce électorale

"Le Parti Travailliste appelle à la non-participation massive du référendum du 4 novembre prochain ! C'est tout, sauf un référendum d'autodétermination. Il n'est pas question pour nous, représentant le peuple colonisé, de nous associer à ce qui n'est pas un référendum d'autodétermination. 
C'est une farce électorale, quelque chose qui va piéger une fois de plus le Peuple Kanak sachant qu'il y a autant de non Kanak qui vont voter à ce référendum que de Kanak.
C'est la preuve que ce n'est pas un véritable référendum d'autodétermination..."

Louis Kotra Uregei, Président du Parti Travailliste
A Nouméa, le 14/07/18 au Congrès extraordinaire du Parti Travailliste

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Nouvelle-Calédonie : le Parti travailliste dit non au référendum


Le PT incarne la frange dure du mouvement indépendantiste Kanak, dissidente du FLNKS. Réuni en congrès, il appelle ses militants et sympathisants à la «non-participation» au référendum d'autodétermination du 4 novembre prochain, et accuse le FLNKS de faire le jeu de «l'Etat colonial».


«Ça va être un coup de tonnerre dans le pays», promet Louis Kotra Uregei, figure de proue du Parti travailliste (PT) de Nouvelle-Calédonie. En ce 14 juillet maussade, tandis que les Forces armées de Nouvelle-Calédonie défilent non loin sous le crachin, quelque 300 militantes et militants réunis à la Maison des Syndicats de Nouméa viennent d’entériner comme un seul homme l’appel du PT «à ne pas participer» à la consultation du 4 novembre sur l’avenir institutionnel du territoire, considérée comme «perdue d’avance». «A aucun moment vous n’avez entendu parler ici de boycott», souligne l’homme fort à la tribune, orateur impeccable et, de l’avis général, l’un des politiques les plus madrés du Caillou. «On ne veut pas employer ce terme, souffle une militante, ça fait trop penser à Machoro», allusion au meneur indépendantiste qui défonça une urne à coups de hache à Canala en 1984, donnant le signal des événements qui embrasèrent pendant quatre ans la collectivité d’Outremer.
Créé en 2007, le Parti travailliste et son bras armé, le redouté syndicat USTKE, qui revendique fièrement «le plus grand nombre de jours de grève du territoire», sont les locomotives d’un mouvement plus large, le Rassemblement des indépendantistes et nationalistes (RIN). Né en 2014 d’un schisme au sein du FLNKS - l’union historique des formations indépendantistes, elle-même forgée en 1984 -, le RIN n’a eu de cesse depuis de dénoncer les «compromis» des grands partis, le Palika et l’Union calédonienne, face à la droite loyaliste et à l’Etat français. Notamment, le pacte sur la composition des listes électorales conclu lors du 16e comité des signataires de l’Accord de Nouméa, à Matignon en novembre dernier, ne passe toujours pas.

 «Message positif»

«Ce référendum doit être celui de l’autodétermination du peuple colonisé, c’est-à-dire des Kanaks, or les conditions d’inscription des Kanaks de droit commun sur la liste référendaire (les Kanaks de statut coutumier sont inscrits d’office ndr) leur compliquent la démarche», proteste Sylvain Pabouty, secrétaire général de la Dynamik Unitaire Sud, petit parti membre du RIN. Autre conséquence de la faiblesse supposée du FLNKS, «l’immigration massive et continue de métropolitains», qui serait préjudiciable à l’emploi des Kanaks malgré la loi du pays qui, depuis 2012, impose aux entreprises de privilégier les candidats locaux. L’une des antiennes favorites de Louis Kotra Uregei, reprise à plusieurs voix lors du congrès d’hier. «Comment ça se fait que sur les trente ans passés, seuls 1 500 de nos jeunes ont bénéficié de programmes de formation des cadres, alors que des milliers de "métro" occupent les postes importants ici ? On en a marre !», s’exaspère un militant de la base, invité à s’exprimer au micro.
En cette période préélectorale très sensible, sur une terre traumatisée par les violences des années 80, le PT s’est gardé de trop appuyer, samedi, sur un thème qui lui vaut une persistante réputation de xénophobie. Plus ciblée, la «franc-maçonnerie» a fait l’objet de diatribes à la tribune, sans que le rôle des «frères» dans «la disparition programmée du peuple kanak» soit précisé. Mais avant la pause sandwich, devant l’assemblée debout, têtes baissées, le pasteur Wakira Wakaïne a rappelé, en détachant bien les mots, que «Dieu a donné le pays» aux Kanaks «à partager avec les autres». Dans ce parti au fond religieux très présent – Louis Kotra Uregei fait référence à la «Terre promise de Kanaky» dans un récent éditorial du journal du PT – tous se plient visiblement à la consigne : le rejet du référendum doit rester un «message positif». «On ne veut pas créer d’agitation. Le jour du vote, on ira simplement à la pêche», prévoit un militant.

«Simulacre»

A l’heure de son «rendez-vous avec l’histoire», le Parti travailliste joue gros. Louis Kotra Uregei espère surfer sur la vague de frustration qui ne cesse de monter au sein du monde kanak, en proie au chômage et à la pauvreté et dont une partie de la jeunesse erre, déboussolée, dans les rues de Nouméa. Si, en dépit de son appel, le «peuple kanak» restait fidèle à la ligne du FNLKS en se rendant aux urnes, le PT, déjà minoritaire, se retrouvera marginalisé. En attendant, le leader de 67 ans n’entend pas faillir à sa réputation de coriacité. «On va aller dans tout le pays, dans chaque tribu, pour expliquer notre position et dénoncer ce simulacre de référendum», martèle Louis Kotra Uregei. 
Pour l’heure, le FLNKS n’a pas réagi à la déclaration du PT. Mais en avril dernier, en comité directeur de l’UC, le porte-parole du FLNKS, Daniel Goa, n’avait pas caché son peu d’estime pour les «positions pseudo révolutionnaires» du RIN. Il avait appelé les militants qui seraient à la fois au FLNKS et au RIN à «choisir»
 
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 Commentaire: L’USTKE est un syndicat combatif que la LCR soutenait déjà avant même l’existence du PT. Celui-ci en bonne logique « travailliste » n’est qu’une émanation du syndicat pour le représenter aux élections et non l’inverse!
Deux logiques s’affrontent comme dans plusieurs luttes récentes: ceux qui ont déjà perdu et qui accompagnent les vainqueurs en espérant des miettes en échange de leur attitude responsable. Et ceux qui veulent encore renverser la table, malgré le consensus pro colonialisme de droite comme de gauche.
C’est un comble de traiter le PT de raciste! On savait déjà que dans les déplacements internationaux, les occidentaux étaient des « expats » sympas et les pauvres des « réfugiés » invasifs et dangereux. On découvre que refuser de se faire déposséder de son pays est du « racisme ». Les palestiniens et les thibétains vont-ils être aussi accusés de racisme ?

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«Le Parti travailliste ne participera pas à un référendum qui n’a d’autodétermination que le nom»

Le choix a été acté lors du congrès extraordinaire réuni ce samedi, à Nouméa: le Parti travailliste ne participera pas au référendum du 4 novembre. Selon le mouvement politique, les conditions de sincérité et de justice ne sont pas réunies.
Louis-Kotra Uregei annonçant la décision ce samedi 14 juillet, à la Vallée-du-Tir. © NC la 1ère
© NC la 1ère Louis-Kotra Uregei annonçant la décision ce samedi 14 juillet, à la Vallée-du-Tir.
  • Par Françoise Tromeur
  • Publié le , mis à jour le
«Nous ne participerons pas au référendum du 4 novembre.» Voilà ce qu’a décidé ce samedi le Parti travailliste, qui réunissait ses militant pour débattre sur le sujet. Des militants venus avec un questionnaire. Parmi les points évoqués, celui de savoir si le référendum en sera réellement un. «Non», répond le Parti travailliste. Est-ce que les conditions de sincérité, de respect et de justice sont réunies? «Non», estime le PT. Autre question: est-ce que les accords successifs ont permis au peuple kanak d’être reconnu dans son propre pays? Non, répond là encore le Parti travailliste.
 

«Une position réaliste»

«C’est une position qui est réaliste, explique son président, Louis-Kotra Uregei. Le Parti travailliste ne participera pas à un référendum qui n’a d’autodétermination que le nom. Pour nous, c’est un plan de l’Etat pour emmener le peuple kanak dans une voie sans issue.»
 
«Nous voulons que dans ce pays, la réalité kanak existe et nous ne voulons pas devenir demain une communauté noyée dans le peuple calédonien.» 
 

Congrès en novembre à Maré

Et de poursuivre: «Nous, nous refusons ça. Nous refusons de nous résigner à ce plan. Et nous allons parcourir le pays pour dire que nous méritons autre chose. Que nous avons été trompés pendant des décennies et que, aujourd’hui, le peuple kanak doit relever la tête et dire partout «non». Non, nous, nous voulons que dans ce pays, la réalité kanak existe et nous ne voulons pas devenir demain une communauté noyée dans le peuple calédonien.» Le Parti travailliste organisera un prochain congrès à Maré, en novembre, lors duquel il entend présenter son projet de société et une constitution pour le pays.
 

Le doute planait depuis des mois

Le mouvement indépendantiste laissait planer le doute sur cette participation depuis plusieurs mois. Lors d'une conférence de presse donnée à la mi-mai, après la visite d'Emmanuel Macron en Calédonie, Louis-Kotra Uregei n'avait pas tranché. Mais annoncé la prise de décision pour cette date du 14 juillet, sans toutefois parler de boycott.
 

N-Calédonie : un parti indépendantiste prône la "non participation" au référendum

N-Calédonie : un parti indépendantiste prône la "non participation" au référendum

Ce référendum intervient à l'issue d'un processus de décolonisation par étapes entamé en Nouvelle-Calédonie en 1998, lors de la signature de l'accord de Nouméa.

Le parti Travailliste de Nouvelle-Calédonie a décidé samedi lors d'un congrès extraordinaire d'un mot d'ordre de "non participation massive" au référendum sur l'indépendance du 4 novembre, dénonçant "une farce électorale". 
"Tous les comités communaux, à l'unanimité, ont souhaité qu'il n'y ait pas de participation du parti Travailliste (PT) au prochain référendum", a déclaré à la presse Louis-Kotra Uregei, président de ce parti indépendantiste minoritaire, proche de l'extrême gauche (2 élus sur 54 au Congrès de l'archipel, NDLR).
"Tout à été fait pour que le peuple concerné soit de plus en plus large". "C'est tout sauf un référendum d'autodétermination et il n'est pas question pour nous, représentant le peuple colonisé, de nous associer à une farce électorale", a-t-il également déclaré, déplorant "qu'il y ait autant de non Kanak que de Kanak" qui puissent voter à ce scrutin. Selon lui, bien que l'accès au corps électoral référendaire soit soumis à des restrictions, "tout à été fait pour que le peuple concerné soit de plus en plus large", ce qui a "dénaturé le sens du référendum".
"Le 4 novembre, nos militants iront à la pêche ou joueront aux boules". Le leader du PT, ancien syndicaliste, a également mis en cause "la majorité non indépendantiste qui n'a jamais respecté le peuple kanak", qui est de "plus en plus largué dans cette société".  Louis-Kotra Uregei a cependant refusé d'utiliser le terme "boycott", soulignant que "dans l'esprit de tous ici cela veut dire boycott actif". Ce mot d'ordre avait été donné lors d'élections territoriales en novembre 1984, point de départ de plusieurs années de violences meurtrières entre Kanak et caldoches loyalistes.  "Le 4 novembre, nos militants iront à la pêche ou joueront aux boules, mais on ne partcipera pas à ce simulacre de référendum", a-t-il asséné, annonçant une "campagne de terrain" jusqu'au 4 novembre.

jeudi 12 juillet 2018

Congrès extraordinaire du Parti Travailliste : référendum ou pas

lundi 9 juillet 2018

Interview de Louis Kotra Uregei - 5 Juillet 2018

Référendum ou non : le Parti travailliste soumet un questionnaire


« Le référendum du 4 novembre 2018 sera-t-il un véritable référendum d’autodétermination ou n’en aura-t-il seulement que le nom ? Les conditions de sincérité, de respect et de justice sont-elles réunies pour cette consultation à l’autodétermination ? » Tel est le premier point d’un questionnaire adressé cette semaine aux militants du Parti travailliste, en vue de la tenue du congrès extraordinaire du mouvement le samedi 14 juillet à Nouméa. Ces questions-réponses doivent aider à arrêter une position à l’issue du débat. L’enjeu : le Parti participera-t-il, ou non, au référendum du 4 novembre ?

Dans la liste des interrogations à aborder, s’inscrivent la place des Kanak dans ce vote, l’ouverture de l’électorat, l’immigration, ou encore le bilan depuis les accords Matignon-Oudinot. « Les choses ont-elles été dans un sens profitable au peuple kanak, ou non ? » avance, entre autres, le président Louis Kotra Uregei. « Le rapport démographique a évolué de manière négative pour le peuple kanak. Avec tout le respect et l’amitié envers ces peuples frères, les Kanak veulent-ils être demain les Aborigènes, les Maoris ou les Hawaiiens de Kanaky ? Nous ne voulons pas, mais il faudra qu’une position claire se dégage ». Les répercussions possibles des deux options, participer ou pas, seront aussi observées. Lors de ce congrès extraordinaire du 14 juillet, une information sera également donnée sur un projet actuellement travaillé par le mouvement politique, « la Constitution du pays ». Selon le Parti travailliste, la mouture finale sera arrêtée au congrès prévu à Maré, en novembre. 
Photo YM

dimanche 10 juin 2018

OUI/NON au référendum

Le Parti Travailliste se prononcera dans un Congrès Extraordinaire prévu le 14 Juillet 2018 à Nouméa sur la consultation prévu le 4 Novembre et donnera sa position à l'issue de ce congrès. 
Plusieurs questions seront à répondre : 
1) Est-ce un véritable référendum d'autodétermination ? 
2) Les conditions de sincérité de cette consultation sont-elles réunies ? 
3) Quels sont les enjeux importants à ne pas sous-estimer indépendamment du résultat lui-même ? 
4) Qui serait au pouvoir le jour d'après si le oui l'emportait ? 
5) Le mouvement indépendantiste a-t-il préparé la victoire ces 20 dernières années ou au contraire fait le lit de la victoire du non ? 
6) Si le non l'emporte le 4 Novembre, la participation ne neutraliserait-elle pas un retour sur la fraude validée par le politiquement clos et l'absence de milliers de kanak sur la liste référendaire ? 
Selon les réponses qui se dégageront le PT dira s'il participe et appelle à voter oui sinon, ce sera l'appel à la non participation pour ne pas cautionner un résultat déjà programmé pour la négation et la disparition du Peuple Kanak dilué dans le peuple calédonien comme cela se dessine déjà ! 
En attendant la lutte continue contre les flux migratoires, pour l'emploi et l'accès à tout et partout des kanak toujours victimes de discrimination dans leur propre Pays. Et ça les accords dit du destin commun n'y ont absolument rien changé !
Louis Kotra Uregei 
Président du Parti Travailliste

dimanche 27 mai 2018

Référendum en Nouvelle-Calédonie : Emmanuel Macron a fait bouger les lignes

La visite du chef de l’Etat, début mai, a apaisé les tensions sur l’île et préparé le « jour d’après », quel que soit le résultat du vote du 4 novembre.

Emmanuel Macron, le 4 mai, à Nouméa.
Depuis mercredi 23 mai et jusqu’au 14 juin, la population calédonienne est appelée à se prononcer sur les « propositions de valeurs (…) partagées » élaborées par le groupe de dialogue dit « sur le chemin de l’avenir ». Ce groupe, mis en place en décembre 2017 à l’initiative du premier ministre Edouard Philippe, réunit les chefs de file des principales forces politiques représentatives, sous l’égide du Haut-Commissaire de la Nouvelle-Calédonie, Thierry Lataste, et désormais en présence du représentant personnel du premier ministre, le conseiller d’Etat François Seners.

dimanche 20 mai 2018

Notre Organisation syndicale condamne avec fermeté le nouveau massacre des Palestiniens

L’USTKE condamne avec fermeté le massacre de la population Palestinienne à la frontière de Gaza, perpétré dans l’après-midi du lundi 14 mai par l’armée de l’État israélien. Cinquante-deux (52) palestiniens ont été tués par des tirs de soldats israéliens au cours d’affrontements entre manifestants gazaouis et militaires, selon le ministère de la santé de Gaza, le 14 mai. Leur nombre de victimes tués serait de soixante (60), le 15 mai. Selon Amnesty International, près de 2000 Palestiniens ont été blessés, dont au moins 900 par balle, le 14 mai. Quatre cents blessés de plus, le 16 mai, soit 2400 blessés ! Comment peut-on arriver à un tel carnage !

C’est un crime contre l’humanité, c’est odieux, c’est effroyable ! Les mots nous manquent pour exprimer notre désarroi face à une telle atrocité !
 
De notre petit bout de pays en voie d’émancipation, surnommé le « Caillou » ou « Kanaky » implanté dans la région du Pacifique Sud, nous avons l’impression que rien n’est fait pour pacifier la région du Proche-Orient où l’État d’Israël continue à étendre, à fortifier sa politique colonialiste depuis 1948 avec l’appuie de Trump, le président actuel américain. Son administration a jugé nécessaire de transférer l’ambassade américaine vers Jérusalem ce qui a provoqué un tollé chez les manifestants palestiniens.
 
L’État d’Israël continue à nier les droits légitimes du peuple Palestinien, 70 après, il poursuit méthodiquement sa politique de dépossession, de colonisation et d’occupation, ainsi que le maintien de la bande de Gaza sous un blocus illégal et inhumain, en violation de toutes les résolutions adoptées par les Nations Unies.
L’USTKE exige la levée immédiate du blocus de Gaza et soutient la résistance palestinienne et s’associe aux organisations non-gouvernementales, aux associations œuvrant pour la paix au Proche-Orient quant à l’exigence d’une protection internationale du peuple palestinien et de sanctions contre l’État d’Israël.
L’USTKE demande à ses soutiens internationaux de joindre leurs efforts de solidarité afin que la (les) voix du peuple Palestinien puisse(nt) résonner au-delà des mers et, nous tenons également à exprimer nos sincères condoléances aux familles des victimes tués encore une fois de plus sous le coup d’une armée d'occupation coloniale. 
 
Le Bureau confédéral de l’USTKE
 

Cette banderole a été déployée au début du cortège des travailleurs de Kanaky durant la marche du 1er mai de cette année, dans les rues de Nouméa.

Le 30 juillet 2014, de nombreuses personnes étaient venues à l'appel de notre Organisation syndicale pour marquer leur soutien au peuple Palestinien. Un rassemblement, ponctué par des prises de parole de certains de nos responsables politiques indépendantistes, devant l'entrée du Haussariat.  
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vendredi 18 mai 2018

Le Parti travailliste commente la visite de Macron

LKU n’est pas tombé sous le charme d’Emmanuel Macron. 
 
Le Parti travailliste a tenu une conférence de presse, hier, pour revenir sur la visite du président de la République et sur les prises de position du FLNKS. Deux sujets qui sont liés aux yeux du président du parti, Louis Kotra Uregeï. Avec Maki Wéa à ses côtés, il évoque la venue d’Emmanuel Macron à Gossannah le 5 mai. Bien que niant que la position du collectif de Gossanah (contre la visite du Président ce jour-là) ait été dictée par le Parti travailliste, LKU estime que le chef de l’Etat n’aurait pas dû « imposer sa présence » en ce jour particulier.
La mise en place d’un cordon de gendarmes pour contrôler la circulation des habitants et l’arrestation, selon lui, de femmes voulant sortir une banderole contestataire, l’incite aussi à dire que la liberté d’expression a été bafouée. Selon Maki Wéa et LKU, c’est le FLNKS qui a annoncé la venue de Macron à la commémoration d’Ouvéa : pour le PT, c’est « symptomatique du comportement général du front, qui va à l’encontre de la démarche unitaire affichée ». Le parti se tient d’ailleurs depuis plusieurs mois à l’écart du groupe UC-FLNKS et nationalistes avec lequel il est censé siéger au Congrès.
Enfin, LKU a tenu à mettre les points sur les « i » concernant le référendum du 4 novembre. Il se dit respectueux des Accords de 1988, qui reconnaissaient les « victimes de l’histoire » et leur place dans le corps électoral du référendum. Mais il s’inscrit, une fois de plus, contre les « concessions » faites par les autres indépendantistes au fil des années et estime qu’il ne faut « pas mettre la charrue avant les bœufs ». Autrement dit, « ce pays aujourd’hui n’est pas celui du destin commun (...) c’est d’abord celui du peuple kanak colonisé (...) qui sera prêt à accueillir celles et ceux qui le voudraient ». Le parti prendra position le 14 juillet, date à laquelle il annoncera s’il participera ou non à la consultation, notamment en fonction des derniers travaux d’inscription sur la liste électorale spéciale.

jeudi 17 mai 2018

visite présidentielle et les «compromissions» indépendantistes

Emmanuel Macron n’aurait pas dû se rendre sur les tombes des dix-neuf d'Ouvéa le 5 mai, estime le Parti travailliste. Le mouvement s’interroge également sur la crédibilité du groupe UC-FLNKS et Nationalistes. Il arrêtera mi-juillet sa position pour le scrutin du 4 novembre.
Durant la conférence de presse de ce 17 mai. © NC la 1ère /Sylvie Hmeun

Le déplacement d’Emmanuel Macron en Calédonie et les positions soutenues par le FLNKS: tels étaient les sujets sur lesquels le Parti travailliste tenait à s’exprimer publiquement, ce matin. Concernant la visite présidentielle, le PT «ne partage pas l’euphorie générale». Louis Kotra Uregeï estime qu’en se rendant à Ouvéa le 5 mai, Emmanuel Macron a confisqué le devoir de mémoire aux familles des 19 indépendantistes kanak tués dans l'assaut de la grotte.

«Ce n'est pas bien d'avoir fait ça»

«Pourquoi pas le 4, pourquoi pas le 6, pourquoi forcément le 5?, interroge a posteriori le dirigeant indépendantiste. Le 5, c’est depuis trente ans la commémoration par les familles de cette tragédie. Il fallait laisser ça aux familles. Il ne fallait pas s’imposer. Le président de la République a montré qu’il pouvait aller partout, que personne ne pouvait l’empêcher de faire ce qu’il voulait faire. C’est quoi, le fait du prince? Où est le respect de la dignité des familles ? Pour nous, ce n’est pas bien d’avoir fait ça.»
Le Parti travailliste considère également que remettre au gouvernement les actes de la prise de possession représentait une erreur.
 

Crédibilité

Le mouvement s’interroge par ailleurs sur la crédibilité du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès. Pour le PT, depuis 2015, les positions prises lors des Comités des signataires ne correspondent pas à celles qui étaient arrêtés avant de se rendre à Paris. Louis Kotra Uregeï cite en exemple l’inscription des natifs sur la liste électorale spéciale.
«Il ne faut plus parler de référendum d’autodétermination.»

«Compromissions»

«Ce sont pour moi des prises de position par des responsables politiques, mais qui ne sont pas des positions du mouvement indépendantiste. J’ai entendu parler de compromis. Il n’y a jamais de compromis sur ces questions-là. Ce sont pour moi des décisions qui sont des compromissions, assène-t-il. Ça a faussé les choses. Aujourd’hui, pour moi, il ne faut plus parler de référendum d’autodétermination, avec les conditions qui ont été faussées.» 

Congrès extraordinaire

Puisqu’il estime que le référendum n’existe plus, le Parti travailliste participera-t-il au scrutin du 4 novembre ? Réponse le 14 juillet. «On a choisi cette date pour faire notre congrès extraordinaire à Nouméa, précise Louis Kotra Uregeï, à l’issue duquel on annoncera la prise de position du Parti travailliste par rapport au référendum et la stratégie qui s’ensuivra.» Mais d’ajouter: «Jusqu’à présent, on n’a jamais utilisé le terme de boycott. Si les conditions sont réunies, on participe. Si les conditions ne sont pas réunies, on ne participe pas.» 

mercredi 16 mai 2018

QUELQUES REFLEXIONS SUR LES PERSPECTIVES D’EMANCIPATION


Une précision terminologique préalable: le terme « émancipation » emprunté à l’accord de Nouméa est utilisé ici dans le sens d’indépendance, conformément à la déclaration 1514 des Nations-Unies. Une interprétation qui n’est évidemment pas partagée par les partis de droite pour qui l’émancipation doit être comprise   « au sein de la République française » et dont on peut se demander aujourd’hui… si elle n’est pas non plus celle de certains dirigeants du FLNKS. 

I)                   Constat :
Nous sommes à la fin de l’accord de Nouméa et à six mois d’une importante consultation sur le devenir de la Nouvelle-Calédonie. Le mouvement indépendantiste est extrêmement divisé et de surcroît, le concept de mouvement de libération nationale est désormais purement et simplement abandonné. Le FLNKS  dont discours et pratique politiques sont caractérisés par la confusion sur les objectif à atteindre, s’inscrit en effet de moins en moins dans une logique de « libération » du peuple colonisé. Il semblerait en effet qu’il s’aligne, sans le dire explicitement, sur la doctrine  qui conduit à abandonner la logique d’indépendance au profit d’une simple reconnaissance d’une identité kanak ouvrant des droits particuliers (statut coutumier) au sein d’un peuple calédonien.  Une approche qui conduit évidemment à la marginalisation.

mardi 15 mai 2018

Solidarité avec les PalestinienEs face aux crimes d’Israël !

Ce lundi, alors que d’aucuns célébraient le transfert de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, les PalestinienEs de Gaza ont manifesté, par dizaines de milliers, à proximité de la « frontière » avec Israël. L’armée israélienne a une fois de plus ouvert le feu sur les manifestantEs : à l’heure où nous écrivons ces lignes, ce sont pas moins de 52 personnes qui ont été tuées.

dimanche 13 mai 2018

! Kanaky !


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Cannibale de Didier Daeninckx, en Folio.

C’était l’époque, pas si lointaine, où les perroquets étaient des patères, l’Afrique pleine de « joyeux lascars » qui :
« Pour être élégants
Aux pieds mettaient des gants »…
Poétique que scandait la Marche officielle de l’Exposition coloniale de 1931, chantée par Alibert, diffusée par le Poste. Le racisme souriant ouvrait le bal, le pire sans doute, celui par lequel la France se vantait d’être protectrice et galante.

mercredi 9 mai 2018

Poutou veut une "radicalisation de la contestation politique"

L'ex-candidat à la présidentielle, Philippe Poutou (NPA) appelle, dans une interview à paraître lundi dans le quotidien "La Marseillaise" à une "radicalisation de la contestation politique", envers Emmanuel Macron. Interrogé par le même quotidien, le leader de Génération.s Benoît Hamon invite à une "riposte sans répit".

"Stopper Macron, c'est aussi une question de rapports de force. C'est l'histoire d'un mouvement social qui est à reconstruire pour pouvoir transformer radicalement la société. Comme en 1936 et en 1968, il faut organiser une radicalisation de la contestation politique", indique Philippe Poutou. 

mardi 8 mai 2018

Liberté d'expression du Peuple Kanak : bâillonnée ! Indépendantistes et Nationalistes en garde à vue !


Un vent de censure a soufflé lors de la venue d'Emmanuel Macron, ce vendredi 4 mai 2018, dans le quartier de Pierre Lenquette, à Nouméa, capitale de la Kanaky (colonialement appelée Nouvelle-Calédonie).
Bien loin des quartiers aisés et européanisés du sud de la ville, ce quartier est le reflet de l'apartheid social et colonial où la dure réalité de la vie quotidienne des Kanak est omniprésente : discrimination à l'emploi, difficulté à se loger, vie chère, emploi local non respecté. Les maires successifs de la droite coloniale ne se sont jamais souciés d'améliorer les infrastructures environnantes des logements sociaux du quartier de Pierre Lenquette, sauf en ce jour de la venue d'Emmanuel Macron pour lequel il vient découvrir la zone pilote de la police de sécurité au quotidien : quartier nettoyé, maison de quartier repeinte, tags effacés, débroussaillage, élagage.
Tout y est pour que la communication de Macron y soit resplendissante.
La colère de la population contre sa venue doit rester dans l'ombre. L'Histoire tachée de sang depuis la prise illégale de possession du pays par la France en 1853 ainsi que le désir d'indépendance à moins de six mois du référendum sont censurés : sacs fouillés, banderoles saisies, snipers aux derniers étages des bâtiments sociaux. La tension est palpable de la part des policiers, du service d'ordre et des RG présents. 
Interpellations musclées
Des militants indépendantistes et nationalistes se sont vus dans l'obligation d'ouvrir leurs sacs et ont été saisis de leurs banderoles sur lesquelles où pouvaient y lire : « France, Paye ta dette coloniale ! » ou encore « Ici, c'est Kanaky », « Etat français assassin » ; « France = Voleur, restitution des 83% des terres volées ».
Lors du passage de Macron au commissariat pour le plan de promotion de la police de sécurité, une militante indépendantiste se fait violemment embarquer en sortant sa banderole qui reprend la phrase du président français lors de son discours à Alger : « La colonisation est un crime contre l'humanité ». Trois autres militants indépendantistes sont neutralisés et menottés et placés en garde à vue. 
Gardes à vue
Trois d'entre eux sont libérés après 22h00 et la quatrième après 42h00 de garde à vue suite à ses propos envers le président de la République française : « Etat français assassin... Macron assassin... Kanaky Libre ». 
Etrangement, au moment de sa comparution devant le procureur après 23h de cellule, l'avocate commis d'office n'apparaît plus. La militante sort après 42h avec un rappel à la loi pour outrage à l'état français et au président de la République Emmanuel Macron avec aucune suite judiciaire à condition qu'elle ne commette pas une autre infraction dans un délai de 6 ans. La peine serait alors de 6 mois à 1 an de prison ferme.
Emmanuel Macron a donné le ton médiatiquement pendant son séjour dans sa lointaine colonie le maintien de la France est le meilleur chemin pour la population en continuant d'occulter les revendications de liberté, d'indépendance, de souveraineté du Peuple Autochtone Kanak qui n'a jamais cessé de résister depuis le début de la colonisation

Kanaky, le 7 mai 2018  
Une militante emprisonnée

Erdogan : « Les Français ont massacré 5 millions de musulmans en Algérie »


Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dans un discours que « les Français ont massacré 5 millions de musulmans en Algérie », rapporte ce lundi 7 mai la Radio-télévision de Turquie (TRT, publique).

« Les Français ont massacré 5 millions de musulmans en Algérie. Ils ont commis également un massacre énorme en Libye. Mais le monde s’est tu. Il en sera de même plus tard, car c’est leur structure, leur caractère » a dénoncé M. Erdogan lors de la cérémonie des Prix de la paix Zeytindagi d’Istanbul.

Le président truc s’est également exprimé sur la cause palestinienne. « Aussi bien dans ce monde que dans l’au-delà, nous serons à la poursuite de l’administration israélienne qui a associé la Palestine et Jérusalem avec les persécutions, alors qu’ils auraient dû être les centres de l’humanité et surtout de la paix » a déclaré M. Erdogan.

Selon le président turc, l’ONU ne trouve aucune solution aux problèmes sur terre. « Le monde est plus grand que cinq. Nous allons défendre ce qui est juste jusqu’à notre dernier souffle. Un système qui laisse aux profits, voire même à la volonté de 5 pays, la sécurité de tous les pays du monde, ne peut être durable. Il faut dorénavant que l’ONU soit réformé » a-t-il insisté.

source 

Macron Super-menteur !

Bonjour à tous,
Juste au cas ou certain aurait quelques doutes ...
Voici la retranscription d'une analyse de journaliste de l'émission "labas si j y suis".
J'aime bien en particulier la dernière proposition: "3ieme mensonges tu dégages"
 (cela pourrait-il inspirer une proposition pour la constitution de Kanaky ???? )
 
Il se veut pourfendeur des fake news et des contrevérités, mais n’arrête pas de les aligner : droit international, réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), de la Contribution sociale généralisée (CSG), de la taxe d’habitation, dotations aux petites communes, etc, etc. En quatre heures d’entretien audiovisuel, Emmanuel Macron a fait un festival. Le président biaise et ment, les « fact-checkers » fact-checkent. Sans aucune leçon à tirer ? Un coup de sang de notre chasseur de faux :
Usage de Faux : Macron Super-menteur ! par Là-bas si j'y suis
Entre TF1 d’un côté et BFMTV-RMC-Mediapart de l’autre, Emmanuel Macron a accordé les 12 et 15 avril près de quatre heures d’entretien à des médias au cours desquelles chacun a pu l’entendre parler :

1) de la légitimité des frappes occidentales en Syrie,

« Nous sommes intervenus dans un cadre très précis, et je veux le dire à nos concitoyens. Un : dans le cadre strict, justement, de cette légitimité internationale… [1] »

2) de la réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune,

« Donc c’est pas de l’injustice, c’est une politique d’investissement [2] » « Mais on a enlevé l’impôt sur la fortune pour tout ce qui était investi dans l’économie ! [3] »

3) des entrepreneurs qui ont fui l’Impôt de solidarité sur la fortune,

« Nous avions des centaines de milliers d’entrepreneurs qui vendaient leur entreprise et qui, parce qu’on les taxait à l’impôt sur la fortune, alors même qu’ils voulaient réinvestir dans le pays, s’en allaient. [4] »

4) mais aussi, de la hausse de la Contribution sociale généralisée pour les retraités,

« Oui, on leur a demandé un effort, mais pour pouvoir, justement, réussir à baisser les cotisations sociales salariales de tous les travailleurs de France [5] ! »

5) des exonérations de la taxe d’habitation,

« La taxe d’habitation, aujourd’hui, il y a déjà près du tiers de la population qui est exonérée, les plus modestes ne la paient pas. [6] »

6) des économies demandées à l’hôpital public,

« Il n’y aura pas d’économies sur l’hôpital dans ce quinquennat, je vous rassure. [7] »

7) des dotations financières aux petites communes,

« Pour la première fois – je m’étais engagé à le faire – toutes les petites communes, TOUTES, elles ont eu leurs dotations maintenues. Donc faut pas raconter non plus des carabistouilles à nos concitoyens, hein [8] ! »

8) des classes rurales qui seront ouvertes à la rentrée,

« À la rentrée prochaine, on aura 32 000 élèves en moins qui rentrent en CP, 32 000 ! On peut pas faire comme si de rien n’était. Et pourtant, on va ouvrir près de 5 000 classes. On va en ouvrir un peu plus de 3 000 pour dédoubler dans les zones les plus difficiles, dont certaines sont à la campagne, hein ! Il y a des classes dites en Zone d’Éducation Prioritaire, qui sont ici dans l’Orne en semi-rural. Mais on va ouvrir 1 000 classes dans le rural [9] ! »

9) des élèves de CM2 qui ne savent ni lire, ni écrire,

« Quand on a un cinquième des gens qui ne savent pas lire, ou écrire, ou compter en CM2, on ne peut pas prétendre après aller au bout. [10] »

10) on l’a enfin entendu sur la réforme du droit d’asile,

Edwy Plenel « Vous faites que le demandeur d’asile sera devant un écran, au lieu d’être dans une relation humaine avec la personne qui jugera de son sort.
Emmanuel MacronCe que vous dites est faux.
Edwy PlenelNon, c’est vrai !
Emmanuel MacronLe demandeur d’asile sera toujours d’abord face à un fonctionnaire de préfecture, puis face à l’OFII et l’OFPRA. Ce ne sera jamais un écran, c’est faux ! [11] »
Alors, est-ce que :

1) Les occidentaux avaient toute la légitimité pour frapper en Syrie ?

Et bien non, c’est faux. Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France n’ont opéré dans aucun « cadre strict », comme l’a dit Emmanuel Macron, et en vertu d’aucune « légitimité internationale ». Europe 1 l’a expliqué : les trois pays n’avaient pas de mandat de l’ONU [12].

2) La réforme de l’Impôt de solidarité sur la fortune a-t-elle consisté à sortir de l’impôt sur la fortune ce qui était investi dans l’économie ?

Et bien non, c’est faux. France 2 en a fait un « Œil du 20 heures » : les yachts et les voitures de luxe ne sont plus taxés. Et il n’y a rien qui oblige les imposés à l’Impôt de solidarité sur la fortune d’hier à investir aujourd’hui dans l’économie [13].

3) Y avait-il, avant cette réforme, « des centaines de milliers d’entrepreneurs » qui s’en allaient du fait de l’Impôt de solidarité sur la fortune ?

Et bien non, c’est faux. France 2 les a comptés aussi : ils n’ont été « que » 8 114, en dix ans, selon un rapport de Bercy [14].

4) La hausse de la Contribution sociale généralisée imposée aux retraités a-t-elle été décidée pour pouvoir baisser les cotisations salariales de « tous les travailleurs de France » ?

Et bien non, c’est faux. Les Décodeurs du Monde ont fait le tri : la baisse ne concerne ni les fonctionnaires, ni un quart des travailleurs indépendants [15].

5) Y a-t-il déjà « presque un tiers des contribuables qui ne paient pas la taxe d’habitation » ?

Et bien non, c’est faux. 15 % seulement des ménages ne la paient pas. C’est le quotidien dijonnais Le Bien public qui a retrouvé le chiffre dans une étude de l’OFCE, l’Office français des conjonctures économiques [16].

6) « Il n’y aura pas d’économies sur l’hôpital durant le quinquennat » ?

Et bien non, c’est toujours faux. RMC l’a noté : d’ores et déjà, si le dernier budget de la santé est en hausse de 2 %, il ne parvient pas à couvrir la hausse des charges programmées – une hausse de 4 % –, ce qui oblige les établissements à réduire leur personnel [17].

7) « Toutes les petites communes ont vu leur dotation maintenue » ?

Et bien non, c’est faux. Là, plusieurs médias, en avalanche, ont tiqué : si l’enveloppe globale des dotations est stable, dans le détail, 22 000 communes verront la leur baisser [18]. C’est aussi l’Association des maires de France qui le dit [19].

8) On va, à la prochaine rentrée, « ouvrir 1 000 classes dans le rural » ?

Et bien non, c’est encore faux. Il y en aurait plutôt 200 à 250 en moins, d’après les chiffres de l’Éducation nationale que Le Monde a retrouvés [20].

9) Un cinquième des élèves ne savent-ils ni lire ni écrire au CM2 ?

Et bien non, c’est toujours faux. Le Monde, encore lui, a fait le distingo : les chiffres d’Emmanuel Macron ne portent pas sur la capacité des élèves à lire ou à écrire. Mais sur des compétences qu’il leur est demandé de maîtriser comme savoir « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles ». C’est-à-dire des compétences qui vont au-delà de la lecture [21].

10) Était-il faux, de la part d’Edwy Plenel, de dire qu’un demandeur d’asile pouvait se retrouver devant un écran lors du traitement de sa demande ?

Et bien non, c’était vrai ! Ou plutôt, Emmanuel Macron avait une fois de plus faux de dire que c’était faux. Et Europe 1 a eu raison de noter que si le demandeur d’asile pouvait s’opposer à ce mode d’examen de sa demande, le projet de loi du gouvernement réformant le droit d’asile, lui, voulait lui imposer [22].
Alors où est le malaise, me direz-vous ? Il n’est pas tant dans l’incroyable capacité d’Emmanuel Macron à faire usage de faux. Nous avions déjà repéré – souvenez-vous – en février 2017 la capacité du candidat à l’élection présidentielle à « oublier » sa propre signature au bas d’un décret qui autorisait l’exploitation de sables sous-marins en Bretagne – ce qu’il niait [23]
Non, le malaise ne provient pas tant de cette capacité phénoménale. Il vient de ce que nous, chasseurs de faux – et au-delà de nous, la presse en général –, avons tellement le nez sur le guidon, sommes tellement à l’affût de la proie, c’est-à-dire de l’erreur, du mensonge ou de l’approximation, que nous en perdons de vue l’essentiel.
Et c’est quoi l’essentiel ? Et bien qu’un chef d’État, le président de la République française, peut aujourd’hui asséner contrevérités sur contrevérités, des erreurs ou des mensonges, et que cela n’émeut plus personne. Pas un mot dans les journaux, les sites, les radios, les télévisions, pour s’indigner de cette multitude de faux. Non, juste un renvoi, dans chaque média, au factchecking quotidien : la routine ! Le Monde renvoie même pour plus d’exhaustivité à la compilation très bien faite des étudiants de l’école de journalisme de Tours, qui ont recensé les vérités et contrevérités présidentielles [24].
Et bien, moi, voyez-vous, je ne m’y résous pas.
Les automobilistes voient les points de leur permis diminuer à mesure qu’ils font des erreurs, les chômeurs sont blacklistés s’ils oublient de s’actualiser : un président d’une république non bananière devrait finir par être éjecté au troisième mensonge à ses administrés.
chronique : Jean-Michel Dumay
réalisation : Jonathan Duong
montage : Léa Bardiau
son : Sylvain Richard et Alexandre Lambert

Notes

[1Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[2Emmanuel Macron, TF1, 12 avril 2018.
[3Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[4Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[5Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[6Emmanuel Macron, TF1, 12 avril 2018.
[7Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[8Emmanuel Macron, TF1, 12 avril 2018.
[9Emmanuel Macron, TF1, 12 avril 2018.
[10Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[11Emmanuel Macron, BFMTV-RMC-Mediapart, 15 avril 2018.
[13L’Œil du 20h, « ISF : les "carabistouilles" d’Emmanuel Macron », France 2, 16 avril 2018.
[14L’Œil du 20h, « ISF : les "carabistouilles" d’Emmanuel Macron », France 2, 16 avril 2018.
[16Pierre Madec et Mathieu Plane, « Évaluation de la réforme de la taxe d’habitation d’Emmanuel Macron », Policy Brief, Office français des conjonctures économiques et Sciences Po Paris, 26 juin 2017.
[19« Emmanuel Macron défend ses réformes », Maire Info, 13 avril 2018.
[20Samuel Laurent, Anne-Aël Durand et Adrien Sénécat, « ISF, retraités, SNCF…, les « carabistouilles » d’Emmanuel Macron sur TF1 », Le Monde, 13 avril 2018.
[23Là-bas si j’y suis, « Macron en marche vers la post-vérité », 2 février 2017.
[24Factoscope 2017-2022, « Le Récap’ du vrai et du faux de la semaine », le blog de l’école publique de journalisme de Tours, 20 avril 2018.

"Nous ne défendons pas la Nature, nous sommes la nature qui se défend " Proverbe ZADiste-