PARTI TRAVAILLISTE

KANAKY

mardi 23 octobre 2018

Macron a dit "La colonisation est un crime contre l'humanité", alors Kanaky doit porter plainte également !

Une plainte a été déposée le 2 octobre devant la Cour pénale internationale contre la France pour crimes contre l’humanité en raison des essais nucléaires expérimentés en Polynésie, a affirmé mardi à l’ONU le dirigeant indépendantiste polynésien Oscar Temaru.
«Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire», a ajouté l’ex-président de la Polynésie, un archipel français situé dans le Pacifique et qui compte 270.000 habitants.
Cette annonce a été faite au cours d’une réunion sur la Polynésie française organisée au sein d’une commission de l’ONU spécialisée dans les sujets de décolonisation.
«C’est avec un grand sentiment du devoir et de détermination que le 2 octobre nous avons déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays», a-t-il dit.
«Pour nous, les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d’une colonisation. Contrairement au discours français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l’établissement d’une gouvernance militaire si nous refusions», a aussi affirmé Oscar Temaru.
Le dirigeant indépendantiste a précisé qu’un «dialogue responsable» avait été recherché depuis 2013 avec «la puissance administrative» sous la supervision des Nations unies. Mais les appels à venir à la table de discussions faits à la France ont été «ignorés et méprisés», a-t-il affirmé.
De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français qui ont eu des effets sur la santé des populations et l’environnement. En 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation mais il est jugé trop restrictif, selon des associations de vétérans touchés par des maladies radio-induites.
  AFP 
 
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L'indépendance, la seule solution.

A l’est de la Nouvelle-Calédonie, le désespoir des jeunes Kanak

Par
Exploitation minière à ciel ouvert et à grande échelle, territoire sous-doté en infrastructures de base, exode rural, échec scolaire massif, suicides : la côte Est de la Nouvelle-Calédonie est un concentré des inégalités qui déchirent l’archipel. La région est peuplée presque exclusivement de Kanak.

Nouvelle-Calédonie, de notre correspondant.-  « C’est le bout du rouleau : le suicide ou la prison, les addictions, trop d’alcool, on se noie dedans. » Le cri du cœur de John Poupoorou, jeune Kanak habitant les environs de Thio, village minier de la côte Est de la Nouvelle-Calédonie, ne correspond pas à un cas isolé ou individuel. D’un ton décidé mais sans colère, le jeune homme continue de témoigner : « La question des repères, du manque de repères, c’est un problème entre deux cultures : on est à cheval sur la culture kanak et la culture occidentale. Le jeune, il grandit en tribu, il vit dans la maison et on lui apprend à parler français, à s’habiller comme un Blanc. Si tu cherches du travail, on te dit que tu es mal formé, que tu ne parles pas assez bien, que tu n’es pas dans le modèle calédonien français comme il faut. Notre génération est au milieu. On te dit : “Tu ne travailles pas bien, tu ne respectes pas le règlement intérieur, tu as du caca dans le nez…” Et tu rentres dans ta tribu et on te dit que tu ne parles pas ta langue, que tu ne sais pas faire la coutume. Tu perds des deux côtés. Même les vieux, ils ne savent pas comment on est. Personne n’en parle, mais il y a beaucoup de suicides. » ...

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mercredi 17 octobre 2018

Perquisitions : le deux poids deux mesures sauce Macron

Ce matin, une quinzaine de perquisitions se sont déroulées dans l’environnement de La France insoumise, aux sièges du Parti de gauche et de La France insoumise, et même au domicile de Jean-Luc Mélenchon. Ces perquisitions, avec leur déploiement policier un peu inédit dans le milieu politique, sont liées à deux enquêtes : une concernant des assistants parlementaires européens qui auraient été utilisés à des fins politiques, l’autre concernant les comptes de la campagne présidentielle de 2017.
Même si l’on ne connaît pas tous les détails des affaires, on peut s’étonner d’un tel déploiement judiciaire et policier autour de La France insoumise, alors même que les comptes de Macron font l’objet d’une enquête préliminaire, sans la moindre perquisition à cette heure…
Le premier acte de ce nouveau gouvernement, exécuté le jour même du remaniement, est un signal donné à toutes celles et ceux qui lui résistent. À l’évidence, en Macronie, mieux vaut être dans la cour de Jupiter que dans son opposition politique et sociale.

Pour le NPA , Montreuil 16 octobre 2018
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dimanche 14 octobre 2018

Louis Kotra Uregei appelle à la non participation

Autogestion #2 - Kanaky, autodétermination : la longue patience du peuple kanak

Kanak : autodétermination et émancipation sociale

Robert Louzon, syndicaliste révolutionnaire, membre du noyau de la revue La Révolution Prolétarienne, avait eu cette formule « La révolution est une longue patience ». Ce raccourci s’applique parfaitement au combat du peuple kanak qui s’oppose au colonialisme depuis 165 ans et dont la lutte a pris un essor significatif à la fin des années 70 culminant, sur le plan des mobilisations sociales de masse, au cours des années 80. L’objectif est de mettre fin à l’occupation colonialiste de la France et l’État, géré par la droite comme par la gauche, n’a eu de cesse de louvoyer pour freiner toute perspective indépendantiste, fixant une consultation électorale du peuple qui aura finalement lieu le 4 novembre 2018, 30 ans après la réaffirmation du rejet du colonialisme par le peuple kanak dans des conditions qui garantissent une victoire du non. Aussi l’on peut raisonnablement considérer que la lutte pour éradiquer le colonialisme en Kanaky appellera un regain de mobilisation dans l’avenir.

NON, M. MACRON, la Kanaky n’est pas la possession de l’Empire colonial français…

Aidons les peuples originels Kanaks à reprendre leur terre volée par l'Empire et à retrouver leur souveraineté ;

Sans armes, ni haine, ni violence !

J'ai choisi cet excellent téléfilm ; "Kanaks, l'histoire oubliée" et à travers l'histoire du footballeur Christian Karembeu, qui permet de comprendre que le temps de la décolonisation, concertée, est venu et pourquoi c'est le préalable à toute chose et sans quoi, rien ne se fera et sans aucune chance de réussite.

Les peuples kanaks doivent retrouver la souveraineté de leur terre et nous pouvons les y aider, en remplaçant l'antagonisme à l'œuvre par notre complémentarité unificatrice ;

jeudi 11 octobre 2018

Respect du pluralisme des courants de pensée et d'opinion



Le parti travailliste veut du temps d'antenne pour défendre ses idées politiques

Dans un courrier adressé au Haut-commissaire de la République, le parti travailliste demande à rejoindre le débat médiatique afin de faire valoir sa position politique de non-participation à la consultation référendaire. 

© Caroline Moureaux / La 1ère

Le parti travailliste persiste et signe : il ne participera pas au référendum du 4 novembre prochain. Une non-participation que le parti indépendantiste présente comme une véritable position politique et non une simple abstention. 

" Au nom du respect du pluralisme " 


Pour cette raison, le parti entend participer activement à la campagne et demande officiellement du temps d'antenne dans le débat médiatique, au nom du respect du pluralisme. Le parti a donc envoyé une lettre en ce sens au Haut-commissariat avec copie au CSA (le conseil supérieur de l'audiovisuel). 

" L'objet de ce courrier qui est envoyé au Haut-commissaire, puisque c'est le représentant de l'État qui fixe les règles, est que nous considérons que la mise à l'écart du parti travailliste qui a quand même déterminé dans un vote démocratique lors d'un congrès extraordinaire sa position politique de non participation au référendum mérite d'être porté dans cette campagne électorale. Il n'y a aucune raison objective, ni juridique ou morale, qui justifie que le parti travailliste ne puisse participer à cette campagne pour le référendum. " fustige Louis Kotra Uregei, président du parti travailliste.

S'il n'est pas entendu sur ce point, le parti travailliste entend saisir le tribunal administratif et " même au-delà " affirme Louis Kotra Uregei.
Louis Kotra Uregei, président du Parti Travailliste © Caroline Moureaux / La 1ère

Un référendum qui est une tromperie, selon le parti travailliste 


Le parti travailliste estime que le résultat du " non " au référendum est déjà acquis car les conditions du scrutin ne sont pas celles d'un référendum d'autodétermination, les kanak étant minoritaires sur la liste électorale. Et d'accuser les autres dirigeants indépendantistes qui ont appelé à participer à un scrutin de " tromperie ".

" Nous avons toujours dit que ce n'était pas un référendum d'autodétermination car tous les kanak n'étaient pas inscrits. On a vu que les conditions n'avaient jamais été sincères. Pour nous, le peuple kanak a été trompé. Et aujourd'hui, ils (les dirigeants indépendantistes) ont déjà fait le deuil du " oui ", ils ne veulent pas l'avouer publiquement mais le résultat prochain du " non " va les amener à laisser de côté l'indépendance kanak socialiste et à s'engager vers ce que préconise Philippe Gomès et l'État à savoir la mise en place d'un peuple calédonien. Et pour nous, cela est de la tromperie. "

Le parti travailliste sera en Congrès du 16 au 18 novembre à Maré, à la tribu de Rô. Au programme notamment, la situation politique après le référendum et avant les provinciales, mais aussi la réforme du projet de constitution. Sur ce point, Louis Kotra Uregei indique que l'identité kanak sera le point central de cette constitution et promet des propositions qui " vont surprendre et même parfois choquer ".

Nouvelle-Calédonie : deux camps et quatre tactiques


Côté souverainistes, le FLNKS milite pour le oui, le Parti travailliste pour l’abstention. Côté loyalistes, les pro-LREM s’adressent aux opposants, et la droite à sa base.


Le 4 novembre, les électeurs inscrits sur la liste référendaire spéciale devraient en majorité dire non à l’accession à la pleine souveraineté de la Nouvelle-Calédonie. C’est le pronostic de trois sondages, donnant le «non» vainqueur autour de 70 %. Le FLNKS, groupement des partis indépendantistes, oppose que ces études «se basent sur la liste électorale générale», et non sur la liste spéciale, plus restreinte. D’après lui, le oui l’emportera si la participation est massive.
Le mot d’ordre est donc lancé, en ville comme dans les 341 tribus kanakes. Martelé par Daniel Goa, porte-parole du FLNKS et chef du parti majoritaire l’Union calédonienne : «Il faut envahir les bureaux de vote et dire "oui, je veux mettre un terme à toute cette injustice" !» Si le non l’emporte, avertit-il, «le pillage et la gabegie continueront à aggraver la fracture sociale». Un message qui peut faire mouche sur le territoire de la République le plus inégalitaire, et le plus riche après Saint-Martin.

«A la pêche». Voix discordante, le Parti travailliste de Louis Uregei a aussi promis d’arpenter le pays, mais pour persuader les électeurs «d’aller à la pêche» le 4 novembre. Réfractaire à un «référendum bidon», le leader nationaliste avait dit qu’il enverrait prêcher «la non-participation» dans les tribus. Une position qui pourrait lui préparer le terrain en vue des élections provinciales de 2019. «Beaucoup de Kanaks ont des doutes sur la viabilité de l’indépendance. Comme il leur est très difficile de voter non, ils seront sûrement nombreux à ne pas voter du tout.

samedi 29 septembre 2018

Quoi de neuf à l’approche du référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?

À deux mois de la tenue du référendum, il n’est pas inutile de faire le point sur la situation pré-réfendaire. Nous passons en revue quelques questions : le maintien du corps électoral gelé après le 4 novembre, les conditions de vote, les sondages, appels à la non-participation, nouvelle réglementation de la vente des armes, désindexation des salaires…

Maintien du corps électoral gelé après le 4 novembre
Nombreux sont ceux qui s’interrogeaient sur l’avenir du corps électoral à la sortie du référendum le 5 novembre en cas de victoire du « non ». La logique était que celui-ci reste le même jusqu’à la fin du processus prévu dans l’accord de Nouméa, soit au terme des trois référendums possibles. Et c’est en effet ainsi qu’a tranché le conseil constitutionnel.
Selon La Dépêche de Nouvelle-Calédonie (https://ladepeche.nc/2018/09/07/conseil-detat-le-corps-electoral-gele-devrait-perdurer/), Paul Néaoutyine a interpelé le Premier ministre, Édouard Philipe, sur ce qui allait advenir, après le référendum du 4 novembre 2018, des dispositions de l’accord de Nouméa qui ne devait durer que vingt ans. Le Conseil d’État, à la demande du Premier ministre, a rendu le 4 septembre un avis sur les élections provinciales qui doivent se tenir d’ici neuf mois en 2019 et les suites de l’accord. Si le référendum du 4 novembre 2018 voit le « non » à l’indépendance l’emporter, le corps électoral qui y participera sera maintenu dans les conditions actuelles avec le gel du corps électoral et l’irréversibilité constitutionnellement garantie :
« tant que les consultations n’auront pas abouti à la nouvelle organisation politique proposée, l’organisation politique mise en place par l’accord de 1998 restera en vigueur, à son dernier stade d’évolution, sans possibilité de retour en arrière. » (Avis du conseil d’État, 4/9/2018)
Des bureaux délocalisés à Nouméa pour les électeurs des îles pour le référendum du 4 novembre
Toujours d’après La dépêche de Nouvelle-Calédonie (https://ladepeche.nc/2018/09/07/electeurs-des-iles-derniers-jours-pour-choisir-le-bureau-de-vote-delocalise/), comme le réclamait notamment le FLNKS et comme le prévoit la loi organique du 19 avril 2018, un bureau de vote délocalisé pour les électeurs des communes des îles (Bélep, Ouvéa, Lifou, Maré et de l’île des Pins) résidant sur la Grande Terre est prévu à Nouméa. Pour pouvoir y voter, les électeurs concernés ont jusqu’au 14 septembre pour en faire la demande. Les procurations sont aussi possibles, mais selon les estimations, devraient avoisiner les 3 %.
Les Calédoniens seraient de 69 à 75 % contre l’indépendance le 4 novembre prochain
L’institut Quid novi[1] a réalisé un nouveau sondage en interrogeant 2 677 personnes (au cours de trois vagues successives selon la méthode des quotas entre juin et août 2018), à propos de leurs intentions de vote pour la consultation référendaire sur l’indépendance du territoire dont les résultats sont publiés en ligne par La dépêche de Nouvelle-Calédonie (https://ladepeche.nc/2018/08/31/sondage-tns-quid-novi-sur-le-referendum-69-a-75-des-caledoniens-pour-le-non/). Mais le FLNKS-UNI accuse ces sondages de campagne de désinformation :
Tract du FLNSK pour la campagne du 4 novembre 2018 © FLNKS Tract du FLNSK pour la campagne du 4 novembre 2018 © FLNKS
Quant à la représentativité des sondés, on peut en effet se poser des questions puisque, d’après quid novi, les « échantillons représentatifs de la population des 18 ans et plus [a été sélectionné] selon la méthode des quotas » avec une « stratification de l’échantillon par zone » et des « quotas au sein de chaque zone : âge, genre ». Quand on pousse plus avant, on s’aperçoit que le découpage de l’échantillon selon les zones n’est pas très précis et ne peut donc pas refléter les caractéristiques des différentes communes de la Grande Terre et des îles :
Échantillon des répondants © Quidnovi Échantillon des répondants © Quidnovi
174 154 électeurs sont inscrits sur la liste spéciale pour le scrutin référendaire (lesc). Dans ce sondage, 69 % à 75 % des personnes interrogées déclarent vouloir voter « non » à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie avec un taux de participation est estimé à 86 %[1] : c’est le pourcentage de personnes interrogées ayant répondu « oui » à la question « Avez-vous l’intention d’aller voter pour le référendum du 4 novembre prochain ? ». Mais ce pronostic est à nuancer selon les âges et les lieux d’habitation :
« 85 % des habitants du Grand Nouméa qui précisent qu’ils iront bien voter lors du référendum, un habitant sur quatre aux îles Loyauté (24 %) déclare ne pas vouloir se rendre dans son bureau de vote le 4 novembre. De plus, si les personnes de + de 60 ans déclarent qu’elles iront voter à plus de 91 %, chez les jeunes âgés entre 18 à 24 ans la participation serait pour l’heure comprise entre seulement 74 % à 77 %. »
Intentions de vote © Quidnovi Intentions de vote © Quidnovi

Intentions de vote © Quidnovi Intentions de vote © Quidnovi
Participation au scrutin © Quidnovi Participation au scrutin © Quidnovi

Quid de l’influence du mot d’ordre du Parti travailliste[3] de ne pas participer à cette consultation taxée de coloniale ? L’institut Quid Novi explique qu’il « ne semble pas avoir d’écho pour le moment » dans le camp indépendantiste.
Intentions de vote extrapolées © Quidnovi Intentions de vote extrapolées © Quidnovi
Ce sondage est le troisième réalisé en un an. Par rapport aux sondages précédents, la participation est en forte hausse puisqu’elle atteint désormais 86 % (contre 75,6 % lors du sondage de mai 2017) ne laissant donc que 14 % à l’abstention (contre 24,4 % en mai 2017). La part des indécis se réduit aussi de façon importante puisqu’elle n’est plus que de 5 % contre 15 % auparavant, voire 21,4 % en mai 2017, ce qui est le résultat des campagnes menées par les différents groupes politiques.
« S’agissant des pronostics de résultats, chez les partisans du “non” à l’indépendance, ils passent de 58 % à 69 %. Un chiffre sans grande surprise puisqu’il correspond grosso modo aux résultats des partis non indépendantistes durant les élections locales de ces trente dernières années. Dans le même temps, la proportion de personnes déclarant vouloir voter “oui” à l’indépendance augmente elle aussi, passant de 15 % à 20 %. »
Sondage Iscope avril 2017 © Iscope Sondage Iscope avril 2017 © Iscope
 L’institut Quid Novi estime, sur la base d’une ventilation entre les trois vagues du sondage et de la baisse du nombre d’indécis qui continuerait à s’accentuer, que 69 à 75 % des électeurs seraient susceptibles de voter « non » lors de la consultation du 4 novembre.
« Les écarts observés sont en fait directement liés à l’indécision d’une partie de l’électorat qui prend semblerait-il beaucoup de temps pour faire son choix. De plus, on constate que le vote indépendantiste pourrait être majoritaire uniquement dans le Nord Est de la Grande Terre. Dans les îles Loyauté, l’institut Quid Novi estime que “tout dépendra de la campagne qui sera menée mais il y a une probabilité non nulle que le vote indépendantiste ne soit pas majoritaire à date”. Dans toutes les autres zones, le refus de l’indépendance devrait être majoritaire. En tribu néanmoins, parmi ceux qui sont certains d’aller voter, 33 % voteraient “non”, 50 % “oui”, 11 % ne savent pas encore et 6 % ne répondent pas. […] De manière plus précise, la proportion de personnes inscrites sur la LESC et opposées à l’idée d’indépendance croît avec l’âge (30 % des moins de 30 ans, 38 % des plus de 30 ans). 43 % des moins de 30 ans pensent que la Nouvelle-Calédonie peut être un pays indépendant un jour mais que nous ne sommes pas prêts. De leur côté, 45 % des personnes appartenant aux catégories socioprofessionnelles de type cadre, profession libérale ou intermédiaire pensent que l’indépendance n’est pas viable. Ils sont plus de 60 % chez les Européens (qu’ils soient nés ou non en Nouvelle-Calédonie). » (https://ladepeche.nc/2018/08/31/sondage-tns-quid-novi-sur-le-referendum-69-a-75-des-caledoniens-pour-le-non/)
Analyse du Non par rapport à la notion d'émancipation © Quidnovi Analyse du Non par rapport à la notion d'émancipation © Quidnovi

Les appels à la non-participation au référendum du 4 novembre

Pour l’instant, seules deux organisations sont concernées par cette non-participation, l’USTKE qui avait été signataire des accords de Matignon, mais pas de l’accord de Nouméa, qui a pris cette décision mi-septembre, et le Parti travailliste (PT) créé depuis par des membres de l’USTKE d’ailleurs. Lors du dernier congrès de l’USTKE, mi-septembre, Hnalaïne Uregei par exemple s’exprimait ainsi :
«  Rien na changé, c’est même encore pire […] la question de fond, la seule question, pour un nationaliste, pour nous indépendantistes : c’est quoi vouloir l’indépendance, c’est vouloir être responsable, c’est vouloir diriger notre pays, […] c’est un droit, c’est un droit qui est consacré par la charte des Nations unies, c’est un droit qui est consacré par le droit international auquel a souscrit la France, et donc ce droit international est bien spécifié, […] que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est uniquement réservé aux peuples colonisés, caractérisés de colonisés. Moi j’irai voter le jour où ce sera le vrai référendum d’autodétermination, c’est-à-dire que seul le peuple kanak vote […] C’est la première fois qu’un peuple colonisé fait une telle concession. Y’a aucun précédent dans l’histoire coloniale, qu’elle soit françaises ou anglaise […] on leur reconnaît le statut de victimes de l’histoire. Mais en contrepartie, qu’est-ce qu’on a reçu ? […] Pour un indépendantiste, c’est quoi la ligne jaune à ne pas franchir ? C’est quoi le plus important ? Le plus important, et tout découle de là, c’est de savoir si l’indépendance est négociable ou pas; l’indépendance ce n’est pas négociable. »
Selon Quidnovi :
« 11 % d’abstention chez les Mélanésiens AVANT l’appel du Parti travailliste (vagues 1 et 2), 7 % lors de la vague 3. L’appel du parti travailliste ne semble pas avoir d’écho pour le moment. »
Mais il semblerait que, malgré tout, des militants du PT comme de l’USTKE soient investis dans la campagne pour le « oui ». Comme nombre de militants indépendantistes sont à la fois FLNKS et syndiqués à l’USTKE, ils se trouvent donc pris entre deux consignes : faire campagne pour le oui ou la non-participation. Rien de plus normal alors que certains choisissent leur appartenance politique plutôt que celle syndicale pour cette consultation qui est des plus politique pour l’avenir de leur pays.
On peut se demander alors quel sens donner à une campagne pour l'abstention (bien qu’à ce jour, il n'y a eu aucune initiative publique du pt ou de l’USTKE pour mener campagne) sans proposer d'alternative. Quel en est l'objectif pour les responsables du PT et de l’USTKE ? Surtout, que comme nous le voyons dans les réactions au dernier sondage publiées par La dépêche de Nouvelle-Calédonie, les anti-indépendantistes arguent de l’importance du vote pour le « non » pour enterrer définitivement la demande d’indépendance, voire même ne pas poursuivre les deux autres référendums prévus dans les quatre années à venir. Et forcément, plus l’abstention sera importante et plus la part du « non » annoncée sera élevée.
Pour Sonia Backès par exemple, « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie dépendra de l’écart qu’il y aura entre le “non” et le “oui”, et on espère gagner le plus largement possible. » Pour Philippe Gomès :
«  […] voter pour l’indépendance, ça veut dire qu’on considère que le pays est capable d’être un État indépendant. Et beaucoup d’indépendantistes considèrent que le pays n’est pas capable aujourd’hui d’être un État indépendant. Donc cela ne m’étonne pas que l’on passe de 60 % de non à l’indépendance aux provinciales à 70 % à l’occasion de ce référendum, chronique d’un résultat annoncé. »
Enfin, pour Gaël Yanno :
« Jai toujours plaidé moi pour que ce référendum ait lieu et que la question claire soit posée aux Calédoniens après vingt ans d’accord de Nouméa. Et je suis heureux de voir que les Calédoniens répondent clairement et je suis convaincu que dans deux mois ils apporteront cette réponse claire d’un maintien de la Calédonie dans la république française. »
Et s’il est un réel enjeu dans le référendum du 4 novembre, c’est en effet pour les indépendantistes de pouvoir compter leurs voix. Et la campagne pour le « oui » est la suite logique de la signature par le FLNKS des accords de Matignon puis de Nouméa.
« Mettre fin à un système de domination dit colonial, de façon pacifique et organisée est possible par un bulletin de vote. C’est probablement ce que pensaient nos aïeux qui se sont battus pour nous offrir cette chance. L’heure de montrer qu’ils avaient raison est arrivée. En disant OUI le 4 novembre… » (Éditorial, La voix de Kanaky n° 9, sept-oct. 2019)
Comme l’a noté la mission de visite des Nations unies en Nouvelle-Calédonie en mars 2018 :
« Toutefois, la situation reste incertaine et fragile, compte tenu de la divergence des opinions au sujet du référendum. Certains avis sont tranchés, qu’ils soient favorables ou opposés au statu quo, et les désaccords intergénérationnels persistent quant au déroulement et au résultat du scrutin, quel que soit ce résultat. La génération des Néo-Calédoniens nés après les troubles civils et politiques des années 1980 est en général moins préoccupée par le processus d’autodétermination que les générations précédentes. Les délinquants juvéniles, notamment les jeunes d’origine kanak de Nouméa, sont considérés comme un problème potentiel. » (ONU, assemblée générale 2/04/2018, Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, Rapport de la mission de visite des Nations unies en Nouvelle-Calédonie (12-16 mars et 19 mars 2018), A/AC.109/2018/20, pp. 20-21)
Nouvelle réglementation sur la vente des armes
On ne peut s’empêcher de faire le lien avec cette nouvelle réglementation sur la vente des armes. Car comme nous venons de la voir, le rapport de force, au terme du processus des trois référendums, et le corps électoral débloqué, ne sera pas favorable aux indépendantistes. Sans compter, comme s’interroge Gomès, les risques de voir le territoire replonger à nouveau dans la violence… On sait déjà que certains Caldoches se sont réarmés en prévision du résultat du référendum :
« L’usage des armes a été libéralisé depuis cinq ans, explique Sylvano Adelkader, […] maintenant en une demi-heure, avec une pièce d’identité, vous obtenez votre permis de chasse, vous garez votre pick-up devant l’armurerie et vous ressortez les bras remplis de carabines et de munitions. […] “Ça va arriver, ils vont tirer, il y aura des morts”, prévient la marie.  » (Carine Fouteau, 5 mars 2018, « À Bourail, les non-indépendantistes se préparent à “défendre leurs terres” », Médiapart.fr)
Aussi, on voit d’un autre regard le fait que, depuis le 1er août 2018, le décret n° 2018-542 du 29 juin 2018, qui modifie le régime de détention des armes et leur commerce, est entré en vigueur. Désormais, toute vente entre particuliers doit être contrôlée par un professionnel.
« Rien à voir, nous dit-on, avec la période actuelle en Nouvelle-Calédonie et les échéances qui approchent, “ce décret achève la transposition de la directive européenne du 17 mai 2017 sur les armes à feu, prise après les attentats de Paris”, explique le haut-commissariat en ajoutant que “l’évolution du droit européen conduit au remplacement du régime de l’enregistrement des armes à feu par un régime de déclaration en préfecture” et que “les armes neutralisées, qui étaient libres de détention, sont désormais soumises à cette obligation déclarative”. » (https://ladepeche.nc/2018/09/09/armes-et-munitions-la-reglementation-a-change/)
Désindexation des salaires ?
Vestige de la France coloniale, les indices de majoration des salaires des fonctionnaires ont un impact sur le pays qui a de forts effets négatifs : « hausse des inégalités, niveau trop élevé des prix et de la dépense publique, surévaluation de la monnaie, choix d’investissement dispendieux dus à l’argent “facile” » (La voix de Kanaky n° 9, p. 7). L’auteur de l’article, Désindexation, quel impact pour notre pays ? dans La Voix de Kanaky indique que « La France donne beaucoup, mais mal » :
« En quinze ans, les dépenses de l’État ont doublé, même si cette part des transferts dans le PIB baisse tendanciellement. »
En résumé, un PIB de 1000 milliards de FCFP[1] (8,38 milliards d’euros) ; 155,5 milliards de transferts de la France (15 % du PIB) dont « 63 % de traitements et de pensions et seulement 24 % de dotations et contrats de développement ! […] D’ailleurs, […] l’essentiel des transferts, soir 120 milliards de FCFP repart vers la métropole : assurance-vie, cotisations retraites du secteur privé […], placements immobiliers en France et en Australie […]  ».
N’oublions pas que « l’indexation reste au cœur de la colonie de peuplement »…
Merci de nous avoir lu.
IL
Notes
[1] L’institut Quid novi (franchise de Kantar TNS) est une société d’études qui réalise régulièrement des mesures d’opinion auprès de la société calédonienne. Selon l’uni, « les entreprises qui pilotent ces pseudos-sondages sont la propriété de personnes opposées à l’indépendance, proche des partis anti-indépendantistes » (Tract FLNKS « Attention manipulations ! »).
[2] Ce qui dénote une très forte participation. À titre de comparaison, « au Québec, 93,52 % des électeurs avaient participé au 1er référendum sur l’indépendance de la province canadienne […] en Écosse, ils avaient été 84,59 % des inscrits à se déplacer pour voter au sujet de l’indépendance du pays vis-à-vis du Royaume-Uni. » (La dépêche calédonienne)

[3] La non participation du pt au référendum du 4 Novembre 2018, suite au vote à l'unanimité durant le Congrès extraordinaire, samedi 14 juillet. Selon son président, Louis-Kotra Uregei, « C’est une position qui est réaliste. Le Parti travailliste ne participera pas à un référendum qui n’a d’autodétermination que le nom. Pour nous, c’est un plan de l’État pour emmener le peuple kanak dans une voie sans issue. Nous voulons que, dans ce pays, la réalité kanak existe et nous ne voulons pas devenir demain une communauté noyée dans le peuple calédonien. » (https://la1ere.francetvinfo.fr/nouvellecaledonie/parti-travailliste-ne-participera-pas-referendum-qui-n-autodetermination-que-nom-608833.html).

[4] 1 000 FCFP = 8,38 €.

jeudi 27 septembre 2018

Un facho de moins

Valls abandonne sa mission parlementaire pour la Nouvelle-Calédonie

L’ancien Premier Ministre de François Hollande sera donc candidat à la mairie de Barcelone. Il sera indépendant… mais quand même très proche de Ciudadanos ! Conscient des critiques, il a démissionné de tous ses mandats en France : aussi bien député d’Evry que président de la mission parlementaire sur l’avenir institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie… dont le référendum aura lieu en novembre !
Il la voulait cette mission parlementaire ! Et il l’avait obtenu en octobre 2017. Telle une pie, Manuel Valls abandonne un objet brillant pour un autre. Et que pèse un référendum d’auto-détermination pour lui face à la perspective d’être le maire d’une des plus importantes villes d’Europe ? L’ex-Premier Ministre de la France redevient donc Catalan, mais un Catalan espagnoliste, pire, un Catalan opposé à toute forme d’expression du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Lui qui se targuait de son identité française, plus jacobin encore que les natifs, fervent opposant à la diversité culturelle et linguistique dans son pays d’accueil, le voilà tête de liste face à la gauche espagnole comme catalane dans son pays d’origine. Quel grand écart !
Le 4 novembre prochain aura lieu un référendum décisif pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, mais le président de la mission de préparation de cet événement démissionne dans le plus grand silence des responsables politiques en place. C’est dire tout le sérieux que l’on porte à ce scrutin d’auto-détermination en France !

mercredi 26 septembre 2018

"La colonisation est un crime contre l'humanité" Macron Alger 2017

 

 Sauvages, au coeur des zoos humains

Pendant plus d'un siècle, les grandes puissances colonisatrices ont exhibé comme des bêtes sauvages des êtres humains arrachés à leur terre natale. Retracée dans ce passionnant documentaire, cette "pratique" a servi bien des intérêts. Ils se nomment Petite Capeline, Tambo, Moliko, Ota Benga, Marius Kaloïe et Jean Thiam. Fuégienne de Patagonie, Aborigène d’Australie, Kali’na de Guyane, Pygmée du Congo, Kanak de Nouvelle-Calédonie, ces six-là, comme 35 000 autres entre 1810 et 1940, ont été arrachés à leur terre lointaine pour répondre à la curiosité d'un public en mal d'exotisme, dans les grandes métropoles occidentales. Présentés comme des monstres de foire, voire comme des cannibales, exhibés dans de véritables zoos humains, ils ont été source de distraction pour plus d'un milliard et demi d'Européens et d'Américains, venus les découvrir en famille au cirque ou dans des villages indigènes reconstitués, lors des grandes expositions universelles et coloniales. Racisme populaire S'appuyant sur de riches archives (photos, films, journaux…) ainsi que sur le témoignage inédit des descendants de plusieurs de ces exhibés involontaires, Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet restituent le phénomène des exhibitions ethnographiques dans leur contexte historique, de l’émergence à l'essor des grands empires coloniaux. Ponctué d'éclairages de spécialistes et d'universitaires, parmi lesquels l'anthropologue Gilles Boëtsch (CNRS, Dakar) et les historiens Benjamin Stora, Sandrine Lemaire et Fanny Robles, leur passionnant récit permet d'appréhender la façon dont nos sociétés se sont construites en fabriquant, lors de grandes fêtes populaires, une représentation stéréotypée du "sauvage". Et comment, succédant au racisme scientifique des débuts, a pu s'instituer un racisme populaire légitimant la domination des grandes puissances sur les autres peuples du monde;

mardi 18 septembre 2018

Soutien au Peuple Breton

Soutien au Peuple Breton pour la manifestation à Nantes le 29/09/18 pour la réunification de la Bretagne et le droit de décider !!!
Face au refus du président (PS) du Conseil Départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, d’inscrire à l’ordre de la prochaine session de son assemblée, le débat sur le rattachement de ce département à la Région Bretagne, le collectif 44 = Breizh appelle à manifester à Nantes, le 29 septembre :

"Nous affirmons que les bretons de Brest à Clisson ont le droit de décider des limites de leur pays et du degré de souveraineté qu’ils souhaitent exercer, et cela ne pourra se faire que la mise en place d’un référendum auto-organisé sur l’ensemble de la Bretagne historique.
La campagne pour un référendum d’autodétermination sur l’ensemble de la Bretagne commence le 29 septembre à Nantes, les militant·e·s et les adhérent·e·s de Bretagne Réunie y sont bien sûr les bienvenus !"

vendredi 14 septembre 2018

Mort de Maurice Audin : Macron reconnaît un «système» de la «torture» en Algérie


Le chef de l'Etat admet pour la première fois que le militant communiste a été assassiné par des soldats français en 1957. Il annonce l'ouverture des archives concernant les disparus français et algériens durant le conflit.

Militant anticolonialiste, mathématicien et père de famille, Maurice Audin a bien été assassiné par l’armée française en juin 1957. Emmanuel Macron l’a reconnu ce jeudi, faisant de ce fait historique, soixante et un ans plus tard, une vérité officielle. Le chef de l’Etat s’est rendu en début d’après-midi à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), au domicile de Josette Audin. Et a remis à la veuve du disparu, aujourd’hui âgée de 87 ans, une déclaration reconnaissant que son époux est «mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France». Un assassinat pour lequel Emmanuel Macron a demandé «pardon» à Josette Audin.

José Bové raconte le gazage des forces de l'ordre

La députée écologiste Karima Delli gazée par les gendarmes sur le GCO

Lundi 10 septembre, au soir, une manifestation a de nouveau eu lieu contre le projet d’autoroute GCO, près de Strasbourg. Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogènes contre des élus et des députés européens. Karima Delli, députée écologiste, a été gazée en pleine figure. Alsace nature dénonce une « violence d’Etat inacceptable ». Le matin, la Zad avait été évacuée. Récit.
Plus de 300 citoyens et élus ont fait face aux forces de l’ordre lundi soir 10 septembre vers 20h dans la Zad de Kolbsheim, près de Strasbourg. Les manifestants avaient participé peu avant à un rassemblement au château de la commune, en compagnie des eurodéputés José Bové et Karima Delli. Les forces de l’ordre ont copieusement aspergé les manifestants de gaz lacrymogènes, manifestants parmi lesquels se trouvaient plusieurs enfants. « Il n’y avait aucune violence de notre part, témoigne Michel Dupont, un militant présent. A ce moment, nous avions les bras levés. » La députée Karima Delli a été sévèrement incommodée et s’est écroulée au sol, en pleurs, prise de difficultés respiratoires. Elle a été secourue par des manifestants, dont un médecin et José Bové, avant d’être évacuée. La tension est restée vive pendant une demi-heure avant que la plupart des manifestants refluent. Selon un communiqué de la préfecture du Bas-Rhin publié mardi 11 septembre, « les gendarmes engagés sur le dispositif de sécurisation ont fait usage de la force de manière strictement proportionnée ».
Karima Delli est présidente de la Commission des transports au Parlement européen.

GCO : EELV solidaire de Karima Delli et des opposant-es pacifiques

Ce lundi 10 septembre à 5h du matin, les forces de l’ordre ont chargé sur la zone à défendre du moulin de Kolbsheim, mobilisée pacifiquement contre le Grand Contournement Ouest de Strasbourg. Ce projet, qui agite la région depuis bientôt quarante ans, a pour vocation de construire un nouveau tronçon autoroutier sur des terres agricoles et des bois protégés, sur des lieux où subsistent encore difficilement certaines espèces protégées comme l’emblématique grand hamster d’Alsace. Malgré des recours juridiques non tranchés et plusieurs mises en causes administratives sur les conséquences écologiques du projet, l’État a validé sa mise en œuvre.
Europe Écologie – Les Verts dénonce la violence de cette intervention. Une violence contre ces espaces, avec l’intervention de tractopelles et l’envahissement des terrains en vue de les défricher d’une part. Et la violence à l’égard des personnes d’autre part.
Une partie des journalistes présents a été tenue à distance des lieux malgré leur carte de presse. Les attaques à l’aveugle se sont faites à l’encontre de militant-es pacifistes, enlaçant les arbres en signe de protestation. Enfants, personnes âgées, … personne n’a été épargné par les jets de lacrymogène, pas même la doyenne de la ville de Kolbsheim, malgré ses 89 ans, évacuée par des soutiens.
EELV a été directement et violemment touché avec l’agression lundi soir à bout portant et au visage par du gaz de poivre de Karima Delli, présente sur les lieux en sa qualité de Présidente de la commission transports du Parlement Européen. Une agression qui a fait perdre connaissance à la députée européenne et la laisse choquée mais déterminée à ne rien céder à cette violence institutionnelle, tout comme les militant-es, habitant-es et soutiens du mouvement.
Alors que la France se lève pour demander au gouvernement de faire enfin face à l’urgence climatique, la réponse cinglante s’est faite dès ce lundi : la politique du gouvernement trace sa route, droit dans le mur de l’épuisement des ressources.
EELV demande au gouvernement et à la préfecture de police des éclaircissements sur cette intervention, des excuses publiques pour les multiples victimes et particulièrement pour Karima Delli et l’abandon du projet de construction du GCO. Projet scandaleux, le GCO double la mise avec des actes de violence policière : stoppons le avant qu’il ne soit trop tard.
Julien Bayou et Sandra Regol, porte-parole

mercredi 12 septembre 2018

La non-participation, la seule solution à cette mascarade de référendum bidon !


Liste électorale truquée en Kanaky, une sale habitude de la france

Liste électorale spéciale pour le référendum d’AUTODÉTERMINATION du 04 Novembre 2018 :

175.000 électeurs dont :
  • 98.000 Non kanak
  • 77.000 kanak
VIVE L’INDEPENDANCE LE 04 NOVEMBRE AU SOIR !

GRAND MERCI AUX PARTISANS DE LA PARTICIPATION POUR LE OUI !
 
Une sale habitude de la france :

dimanche 9 septembre 2018

USTKE : Le XVIème Congrès se prononce en faveur de la non-participation au référendum



130 voix en faveur de la non-participation au référendum du 4 novembre prochain. 12 voix pour l’abstention. 16 voix pour une participation. C’est le résultat du vote  après deux heures de débat sur la participation ou non du syndicat à la consultation du 4 novembre.

Retour sur les points de vue. Louis Kotra Uregei, président du collège honoraire a pris la parole en mettant en avant les points forts de l’argumentaire du Parti Travailliste en faveur de la non-participation massive au référendum du 4 novembre.
- Ce n’est pas un référendum, c’est une consultation qui va s’appeler référendum d’autodétermination ;
- Les conditions de sincérité et de respect ne sont pas réunies ;
- Les accords n’ont pas permis au peuple kanak de vivre pleinement ses droits dans son pays ;
- Pourquoi participer à un référendum dont le non a été programmé pour l’emporter ?
Et il a fait le constat d’un racisme anti-kanak généralisé, dans l’accès à l’emploi, au logement avant de fustiger les indépendantistes qui en 1998 ont pris la décision de revenir sur le corps électoral figé en 88 lors des accords de Matignon-Oudinot. Une décision actant de fait une fraude électorale entachant les élections provinciales
« L’Etat n’a pas fait son travail de toilettage des listes électorales et aurait dû mettre en place une structure qui aurait été chargée de créer la liste.  Après 30 ans, aucune différenciation entre un fils de colon et un fils de kanak »

Décrépitude et la régression du mouvement indépendantiste. C’est un constat sans appel, voir même amer que fait Hnalaïne Uregei du FLNKS. « Heureusement que Eloi Machoro ainsi que les autres frères sont morts car on assiste à une régression et une décrépitude du mouvement indépendantiste ». Un mouvement qui n’est plus ce qu’il était. Il rappelle qu’une simple convention du FLNKS à Bangou à Paita en 1984 avait rassemblé 4000 militants. Il y avait Éloi, c’était l’âme d’un peuple... 30 ans après sa mort, on a encore régressé. En 1987, les indépendantistes ont boycotté le référendum du statut Lemoine pour les mêmes raisons mises en avant aujourd’hui par le FLNKS pour participer au référendum. Il  a insisté,  « c’est au peuple colonisé de se prononcer dans un scrutin d’autodétermination comme le stipule la charte des Nations Unies. J’irai voter quand seul le peuple colonisé sera appelé à voter.  Je refuse la disparition de mon peuple, ça ne se discute pas, ça ne se décrète pas ». Un responsable de la fédération enseignement Tué Wahmereungo a dit avec émotion son inquiétude et son refus de voir son peuple disparaître, être noyé au sein du peuple calédonien. Et il refuse de participer à cette mascarade et souhaite que ses petits enfants puissent vivre  dans un pays kanak libre. Yvette, une militante de longue date, elle a rappelé que l’épisode de l’urne fracassée à la hache par Eloi Machoro a renforcé  la revendication foncière, incitant le peuple kanak à récupérer les terres dont il a été spolié.  « On est chez nous, c’est notre pays ! »
« Qu’est ce qu’on fait après le référendum ».  C’est la question posée par Victor Wéjième, un responsable de la Fédération de l'Enseignement.  Après un constat d’échec au sortir de 30 ans d’accords. Hnalaïne lui répond en suggérant l’organisation d’un référendum d’autodétermination avec la seule participation du peuple colonisé en l’occurrence les kanak. Dick Saihu, président du CNDPA, invité du bureau confédéral, il indique que l’article 3 de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones fait état du droit à l’autodétermination.  Sylvestre, un vieux militant et ancien membre du bureau confédéral, annonce qu’étant du FLNKS, il ira voter mais salue le travail effectué par notre Organisation syndicale, notamment la veille à travers les rapports des différentes fédérations. « Il faut relancer la dynamique indépendantiste, je suis avec vous ». Les représentants de la communauté wallisienne, Fidel et Clothilde ont apporté leur soutien aux camarades kanak et sont prêts à aller voter si toutes les conditions sont réunies pour gagner ce référendum.



Après une heure de débat place au vote. Sur les 250 délégués présents, 156 ont exprimé leur choix. 130 ont levé leur bulletin vert pour une non participation au scrutin du 4 novembre.16 se sont déclarés favorables au référendum et 12 ont choisi l’abstention. Un verdict applaudi par les congressistes dont le président de l’USTKE a souligné à la clôture des débats : « c’est une cohérence qui s’est exprimée à la lumière des différents rapports des fédérations qui ont défilé à La tribune hier (*) . « Je pense que l’USTKE sort encore plus fort après ce congrès. « Merci camarades. On a réussi notre rendez-vous avec notre histoire »., a-t-il conclu.


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L'USTKE vote la non-participation au scrutin du 4 novembre

Comme le Parti travailliste, l’USTKE se prononce en faveur de la non-participation au référendum. C’est la décision qui a été prise lors du seizième congrès du syndicat, à Ko We Kara.
La décision a été prise par un vote à main levée. © NC la 1ère / Laura Schintu
Pour se prononcer en faveur de la non-participation au référendum d’autodétermination, les délégués de l’USTKE réunis dans la salle de Ko We Kara devaient lever un bulletin vert, ce samedi après-midi. Ils ont été 130 à le faire, contre seulement seize qui ont préféré la participation. Douze représentants se sont abstenus. Et c’est donc la non-participation qui est retenue, comme l’avait déjà choisi le Parti travailliste à la mi-juillet.
 

Attendu

«A la lumière des rapports qui ont été lus par les secrétaires généraux de fédération, on sentait déjà que quelque chose comme ça se dessinait», a réagi André Forest, actuel président de l’USTKE. 
«Vote massif en faveur de la non-participation»
 

Parole d'abstentionniste

Jocelyn Kaouma fait partie des délégués qui se sont abstenus. «Je n’ai pas voulu engager l’USTKE, explique-t-il. J’ai considéré que c’est un syndicat .» 
«A l'individu, de voter»

Le seizième congrès de l'USTKE se poursuit ce dimanche, avec la proposition et l’élection du nouveau bureau confédéral.
 

Quand la Guyane s'inspire de la Kanaky

Propos recueillis par Clément Billardello Samedi 08 septembre 2018
Quand la Guyane s'inspire de la Kanaky
La prochaine journée de soutien au référendum sera organisée le 4 octobre (Bernard Dordonne)
Cette semaine, deux sondages publiés en Nouvelle-Calédonie annonçaient une défaite des indépendantistes lors du référendum d'autodétermination, qui aura lieu le 4 novembre dans l'archipel. Le Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale (MDES) a organisé à Cayenne, mardi 4 septembre (1) , une soirée débat dédiée au référendum sur l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté. À deux mois, jour pour jour, de cette consultation, une journée internationale de soutien à l'indépendance de la Kanaky (2) a en effet été mise en place dans les pays que d'aucuns considèrent sous tutelle de la France (Martinique, Guadeloupe, Corse, etc.). La prochaine journée est programmée le 4 octobre. Réactions.

L'USTKE appelle à la non-participation au référendum

Dans la droite ligne du Parti Travailliste, son émanation politique, l'USTKE a appelé la « non-participation massive » au référendum du 4 novembre.
Après avoir étudié un bilan des accords, en partie dressé par Louis Kotra Uregeï, les délégués du syndicat indépendantiste, réunis en Congrès a Ko Wé Kara ont procédé au vote à main levée, ce samedi après-midi. Le vote a aussi été précédé d'un débat de plusieurs heures.
Si plusieurs voix, émanant surtout de militants de l'UC ou du Palika, se sont fait entendre en faveur de la participation, la plupart des intervenants ont dénoncé un « scrutin taillé pour que le non l'emporte ».
Dans son bilan de la mandature, le président de l'USTKE, André Forest, a, lui répété que les politiques publiques en faveur du rééquilibrage ou de l'accès des Kanak aux postes à responsabilités étaient « très loin des attentes » exprimées au moment des accords.

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vendredi 7 septembre 2018

L'ouverture du XVIème congrès est lancée ...



Le XVIème Congrès de l’Ustke s’est ouvert ce vendredi au Kowé Kara. Plus de 500 adhérents participent à ce rendez-vous. Ce rassemblement triennal sera marqué par plusieurs temps fort : la présentation des bilans de chaque fédération et la prise de position de notre Organisation syndicale au référendum du 4 novembre.
 

 
Le micro à la main, Louis Kotra Uregei sonne l’appel des troupes. Dans la grande salle de Kowé Kara, les camarades s’activent. Un à un, chaque adhérent s’installe sur les chaises soigneusement placées par l’équipe de la logistique, pilotée par Fidel Malalua, 4ème vice-président. D’emblée le président du Collège Honoraire, à l’origine de la création de l’Ustke en 1981 procède à l’ouverture du XVIème Congrès par un geste coutumier auprès des dignitaires de l’aire Djubéa Kapomé. « C’est avec toute humilité et avec respect que je m’adresse à vous les gens du sud », indique Louis Kotra Uregei, « cette coutume, c’est pour remercier de nous accueillir dans cet endroit. Ce congrès arrive dans un contexte important. Ce lieu va devenir un espace de discussion et d’échange. » Le geste coutumier a été remercié par Augustin Katé, responsable coutumier de la tribu de Saint-Louis. Un bouquet et des ignames ont ainsi été offerts par les bureaux, le collège  honoraire et confédéral.
Passés les gestes coutumiers, la troupe de « Black Pearl », originaire du Pays « Nengone » a procédé à une danse traditionnelle devant une salle comble. En plus des congressistes, plusieurs invités de marque ont répondu à l’invitation de notre organisation à l’image de Sylvain Goldstein de la CGT, Cristofanou Pistorozzi du syndicat corse de la STC et David Dusslam de la CNT. Chaque invité a été remercié chaleureusement.
Vient, le moment de l’ouverture de ce congrès faite par le président Honoraire de notre Organisation syndicale, Louis Kotra Uregei. « On m’a demandé d’ouvrir ce congrès » indique le leader du Parti Travailliste, « parce que vu les enjeux, c’est important que le Président Honoraire et à l’initiative de la création de l’Ustke ouvre ses travaux. » Il  a donné le ton de ce congrès. Il a ainsi rappelé l’historique de la création de l’Ustke et la motivation indéfectible de syndicalistes kanak prêts à défendre les intérêts des travailleurs kanak. « Il fallait se mobiliser. On ne pouvait pas rester inactif face à la situation des kanak » conscient le président du Collège Honoraire, « En créant l’Ustke, c’'était de donner la priorité dans ce syndicat à l’emploi local et aux kanak en particulier », assure-t-il. Dans un contexte d’évolution de la Nouvelle-Calédonie, la question des flux migratoires n’a pas changé, « depuis 1984, nous nous sommes battus contre ces flux migratoires. Il ne cesse d’évoluer et elle continue de nuire à la situation des kanak », insiste-il.
 


Ainsi en fixant la date de ce congrès en début de septembre au lieu de décembre, le bureau confédéral de l’Ustke a pris à bras le corps la question du référendum du 4 novembre 2018. « L’Ustke doit se positionner sur la participation ou à la non-participation à ce scrutin d’autodétermination », indique le président de l’Ustke, André Forest. Le sujet est mis à l’ordre du jour et sera débattu ce samedi après-midi. « Nous avons voulu un débat démocratique », insiste le leader de notre Organisation syndicale, « il va constituer un des moments forts de ce congrès ». Sur le déroulé de ce congrès, l’Ustke a choisi de faire le bilan des 30ans des accords de 1988 à 2018 et d’en tirer toutes les conclusions. « Ainsi chaque rapport de chaque fédération devra mettre en évidence la persistance des inégalités sociales et les insuffisances des politiques publiques en matière de rééquilibrage et d’accès des kanak aux postes à responsabilité », poursuit-il. A la fin de son discours, André Forest, a émis le souhait que « l’Ustke sorte encore plus forte à l’issue de ce congrès. Les réflexions et les décisions prisent à l’issue des travaux soient porteuses d’espoir et d’espérance pour notre pays.
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