PARTI TRAVAILLISTE

KANAKY

vendredi 25 septembre 2015

Communiqué du Parti Travailliste sur l'exportation de minerai de nickel

Nouméa le 24 Septembre 2015 

Suite à la réunion hebdomadaire de sa Coordination Administrative et Politique, le Parti Travailliste tient à faire connaître à nouveau sa position déjà exprimée lors de sa dernière conférence de presse, sur le problème de l'autorisation d'exportations de minerai de nickel vers la Chine : 

1. Compte tenu de la perte non négligeable de volumes que connaissent les exportations de minerai de nickel vers les clients traditionnels ainsi que les pertes générées par la crise mondiale du nickel - stocks considérables et chute des cours - le Parti Travailliste estime primordiale pour la profession en général et le maintien de l'emploi en particulier dans le secteur, que le principe d'autorisation d'exportation puisse être adopté par le gouvernement.
 
2. Ce principe d'autorisation peut être provisoire et limité en volume, voire renouvelable par petites quantités, cela afin d'une part que le volume global d'exportations temporaires, puisse compenser les pertes constatées et que d'autre part, le pays garde un contrôle sur ces exportations dont chacun s'accorde à reconnaître la nécessité à court terme d'un arrêt sauf pour alimenter nos projets métallurgiques offshore existant ou à venir. 

Le Parti Travailliste ne relève pas dans ce positionnement, de risque quelconque pour la stratégie minière et n'appelle donc pas à soutenir la mobilisation prônée par le comité de défense de la doctrine minière. 

La réponse à ce problème est d'ordre pragmatique et non dogmatique surtout s'il s'agit de manipulation de l'opinion de la part de ceux qui dans le passé sont restés les bras croisés quand d'autres engageaient le bras de fer pour l'échange des massifs miniers et créaient ainsi les bases de cette stratégie minière. Par ailleurs, le Parti Travailliste considère malvenu de dresser des militants non seulement contre d'autres militants indépendantistes mais aussi contre les petits rouleurs engagés dans leurs syndicats. 

D'autres combats avaient une importance essentielle pour lesquelles il fallait se mobiliser, entre autres pour ne citer que ceux-là : 

 -  Pour le drapeau Kanak 

-  Contre les flux migratoires 

-  Pour la défense et la promotion réelle de l'emploi local chaque  jour contournées par une loi complètement inadaptée 

-  Pour des listes électorales sincères  

- Des transferts de compétences bidons

Les vertueux de la doctrine minière ont été complètement absents dans la défense de ces questions qui marquent l'échec de l'Accord de Nouméa.
                                                                            Pour le Parti travailliste
                                                                            Le Président
                                                                            Louis Kotra UREGEI

mardi 22 septembre 2015

A méditer ...

Faut se méfier des migrants. 

Parfois, ils s'introduisent dans ton pays

et s'accaparent de tes terres et de tes 

mines de Nickel.
 bateauleader

COMMUNIQUÉ de l'USTKE sur le conflit des rouleurs du 22/09/15

A nouveau le Pays risque d'être concerné par des mobilisations qui pourraient engendrer de grandes perturbations tant au niveau de la circulation qu'au niveau de la sérénité de la population du fait de la colère des rouleurs qui estiment que le protocole d'accord signé sous l'égide du médiateur Daniel GOA n'est pas respecté et tarde à être mis en œuvre à cause de l'entrave du Président du Gouvernement Philippe GERMAIN. 
  L'USTKE souhaite rappeler sa position déjà indiquée lors de sa conférence de presse du mardi 01 septembre 2015 qui était en faveur d'une autorisation exceptionnelle, temporaire et limitée d'une exportation de minerai latéritique vers la Chine. 
L'USTKE par cette position, veut prendre en compte le problème social des petits rouleurs, qui souffrent de cette situation d'opposition politicienne au-dessus de leur problème. 
L'USTKE veut aussi prendre en compte les conséquences sur l'emploi au niveau de certains petits mineurs, dont l'un, annonce déjà un plan social de réduction des effectifs à travers cette crise générée par une perte des volumes exportés et par une chute très forte des cours du nickel. 

Rien ne peut objectivement s'opposer à une autorisation temporaire : 

La perte des volumes exportés ainsi que des chiffres d'affaires des exportateurs doivent trouver une compensation, et seule l'exportation qui doit être temporaire et limitée peut être la solution. 
Ni le projet commun SMSP-JINCHUAN, ni la stratégie minière chère aux nationalistes, arguments chers aux opposants à cette autorisation temporaire, ne sont mis en danger dans cette solution responsable et pragmatique. 
L'USTKE tient à rappeler à certains qui s'agitent aujourd'hui pour défendre une soit - disant doctrine nickel, qu'elle a été seule avec l'UC en 1997 à se mobiliser pour l'échange des massifs miniers, précurseurs d'une nouvelle stratégie minière qui a pu se mettre en œuvre avec la signature de l'Accord dit de Bercy qui rappelons-le aussi, devait se terminer fin 2005. Cette échéance couperet avait conduit notre syndicat soutenu à l'époque seulement par le CAUGERN et le Sénat Coutumier à une grande mobilisation en décembre 2005 devant le Haut-commissariat et les subdivisions provinciales pour empêcher la reprise du Massif du Koniambo par Eramet, grande victoire dénoncée à l'époque par le PDG d'Eramet qui disait que l'État avait capitulé devant un syndicat indépendantiste. 
L'USTKE est donc très bien placée pour apprécier de manière très objective ce genre de situation. 
Pour terminer, le Bureau Confédéral de I'USTKE rappelle à tous ses adhérents et sympathisants qu'il est la seule structure ayant statutairement le pouvoir d'engager I'USTKE dans quelque stratégie que ce soit, de même que la communication des positions de l'organisation relève aussi statutairement du Bureau Confédéral et de lui seul. 

                                                                                     Le Bureau Confédéral

samedi 12 septembre 2015

Position du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes sur la question de l’intégration de la Nouvelle-Calédonie comme membre à part entière du Forum des Îles du Pacifique

Dans le cadre du 46ème Sommet du Forum des Îles du Pacifique (FIP) qui se tient actuellement (7 au 11 septembre 2015) à Port-Moresby en Papouasie-Nouvelle-Guinée, la candidature de la Nouvelle-Calédonie à un statut de membre à part entière est examinée.

En premier lieu, le rôle du FIP dans le soutien international au combat du peuple Kanak, a été considérable, et notamment dans le cadre de la réinscription, en 1986, de la Nouvelle-Calédonie sur la liste des territoires non autonomes des Nations Unies. Ce soutien a pu se développer entre autres sous l’égide de nos pays frères de la Mélanésie.

En effet, depuis 1986, le FLNKS fut membre observateur du FIP. En 1998, suite à la signature de l’Accord de Nouméa qui engagea le pays dans un processus d’émancipation et de décolonisation, les indépendantistes Kanak ont accepté d’intégrer le gouvernement de Nouvelle-Calédonie en lieu et place du FLNKS en tant que membre observateur au sein du FIP. Ce geste d’ouverture fut effectué lors du sommet du FIP à Palau en 1999. En outre, en 2006, la Nouvelle-Calédonie est devenue membre associée du FIP.

En septembre 2013, à la suite d’une mission du comité ministériel en Nouvelle-Calédonie, les dirigeants de l’organisation ont reconnu le bien-fondé de la candidature calédonienne au statut de membre à part entière du FIP.

Malheureusement, depuis 2006, nous constatons une mise à l’écart des responsables indépendantistes concernant toutes les décisions, aussi bien politiques que diplomatiques, relatives au FIP, prises par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Par ailleurs, nous sommes aujourd’hui dans la dernière mandature de l’Accord de Nouméa, et le développement politique de ces derniers mois ne nous permet pas d’envisager l’octroi à la Nouvelle-Calédonie d’un statut de membre à part entière au sein du FIP.

En effet, depuis les élections de mai 2014, le pays vit dans l’instabilité politique. L’illustration la plus parfaite est le blocage du Gouvernement pendant plus de trois mois, de décembre 2014 à avril 2015, par les partis politiques non-indépendantistes. Il a fallu une fois encore, toute la maturité politique des indépendantistes pour sortir le pays de cette crise politique. Les Ministres des Affaires Etrangères du GFLM avaient soutenu cette démarche par un communiqué signé le 23 janvier 2015 à Port-Vila, Vanuatu.


En tant que signataire de l’Accord de Nouméa, j’ai interpellé à plusieurs reprise les partenaires de l’Accord de Nouméa sur le respect de sa mise en œuvre sincère et entière. Le Groupe du Fer de Lance Mélanésien, le FIP et le Comité Spécial de Décolonisation des Nations Unies ont également été alerté sur les problèmes que notre pays traverse, notamment sur la question de l’établissement et de la révision des listes électorales spéciales pour les élections provinciales et pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté.

En outre, suite à sa mission de visite en Nouvelle-Calédonie en mars 2014, le Comité Spécial de Décolonisation des Nations Unies a pointé plusieurs points négatifs. Outre les graves problèmes de sincérité et de transparence des listes électorales, reconnus par l’Assemblée Générale des Nations Unies au travers du rapport de mission et des résolutions sur la Nouvelle-Calédonie, « [l]a mission est d’avis, comme beaucoup d’autres, que la situation actuelle en Nouvelle-Calédonie est extrêmement fragile et souligne qu’il importe d’établir un dialogue constructif entre tous les acteurs (…)».

Cet avis de la mission de visite du Comité des 24 vient d’être vérifié avec un conflit socio-politique d’envergure qui a vu la capitale, Nouméa, et plusieurs axes routiers stratégiques du pays, bloqués par un conflit autour de la « stratégie nickel », principale ressource naturelle du Pays. Devant l’incapacité du Gouvernement à gérer ce conflit, un responsable indépendantiste a assuré une médiation pour sortir de plus de trois semaines de blocage.
Par ailleurs, l’Océanie est considérée aujourd’hui comme le nouveau centre de la croissance mondiale, munie d’un potentiel considérable pouvant relever les défis du 21ème siècle (énergie, matières premières, ressources halieutiques, etc.). Ainsi, il est clair que la France, au nom de sa grandeur, de sa place dans le monde, de ses intérêts supérieurs, de son rang de deuxième puissance maritime au monde derrière les USA, souhaite s’assurer de garder les pouvoirs régaliens en Nouvelle-Calédonie.
Récemment, un colloque organisé par le sénat français en janvier 2013 à Paris a confirmé à nouveau l’intérêt de la France pour ses territoires français du Pacifique. Les intervenants de ce colloque préconisaient ainsi de défendre dans cette partie du monde les intérêts supérieurs de la France en lien avec les entreprises françaises publiques et privées.

La France défend aussi ses intérêts en se servant des territoires français comme tête de pont ou base arrière de la France et de l’Europe.

S’agissant ainsi des territoires ultramarins français, le Président français François Hollande lors de sa tournée des « dernières colonies » françaises avait une constante dans ses discours : «La France est présente de partout dans le monde, un pays où le soleil ne se couche jamais, la France est un pays d’Océanie, de l’Océan indien, de l’Amérique, de l’Atlantique, des Caraïbes ». Ces déclarations traduisent la politique de ligne rouge de l’indépendance interdite que la France met en œuvre. Parfois sous couvert de démocratie, nous pouvons déceler des manœuvres d’un Etat tentant d’assurer sa domination tout en faisant bonne figure devant la communauté internationale.

Les responsables indépendantistes que nous sommes avons quoi d’être inquiets au vu de cette situation en outre-mer français et eu égard aux déclarations de certains responsables politiques français de haut niveau à l’instar du président François Hollande lors de son dernier voyage en Nouvelle Calédonie en novembre 2014 affirmant dans son discours au Centre Culturel Tjibaou que les intérêts supérieurs de la France se situent aussi dans le pacifique.

Or, la Nouvelle-Calédonie est océanienne et la France est européenne. Le FLNKS a donné du temps au temps pour construire et atteindre son indépendance. Des résultats importants ont été obtenus, mais des dérives graves suite à une volonté délibérée d’enfermement de l’Etat, ont conduit la Nouvelle Calédonie vers une trappe dans laquelle la France l’enferme de plus en plus au nom des intérêts supérieurs de la Nation.

Pour nous, il est ainsi hors de question pour le moment, et tant que la Nouvelle-Calédonie n’est pas indépendante, qu’elle puisse obtenir le statut de membre à part entière au sein du FIP. Dans le même ordre d’idées, il est inconcevable pour nous, s’agissant du Groupe du Fer de Lance Mélanésien, que le FLNKS puisse céder sa place au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Car ce serait à coup sûr faire entrer la France, suivant le principe du « cheval de Troie » dans ces organisations régionales qui ont été de tous les combats pour l’indépendance du peuple kanak.

Notre pays qui va commémorer les 162 ans de prise de possession par la France le 24 septembre 2015, n’a pas vocation à jouer éternellement le rôle de faire valoir de son autorité de tutelle dont le seul but est d’affirmer aux yeux des nations de cette région son statut de pays « océanien » afin de tirer profit de cette position. La réalité géographique et politique rappelle que la France, située à 20 000 km du Pacifique est un état européen et non océanien. Tordre le coup en permanence à cette réalité de base équivaut à entretenir le système colonialiste et impérialiste, et fait le lit des futures situations conflictuelles. Plus que jamais la Nouvelle Calédonie, la Mélanésie et le Pacifique, ont besoin de stabilité, de cohésion et de paix.

Compte tenu de la situation politique actuelle en Kanaky/Nouvelle-Calédonie, particulièrement dans la perspective de la consultation électorale sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, prévue à partir de 2018, et compte tenu des éléments développés ci-dessus, la position du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes est celle de repousser l’examen de la candidature de la Nouvelle-Calédonie au statut de membre à part entière du Forum des Îles du Pacifique.

Les pays frères de la Mélanésie, le Président de la République Française, la Ministre des Outre-mer, le Président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, et le Président du Comité Spécial de Décolonisation des Nations Unies, ont été informés et saisis à ce sujet.

Qui a gagné de la crise des réfugiés dans l’UE ?


Qui a gagné de la crise des réfugiés dans l’UE ?

L’UE est en concurrence avec les économies de certains pays comme la Chine ou l’Inde qui ont une population beaucoup plus importante que l’Europe et un taux annuel de croissance hors de portée. Pour être compétitif, l’UE aurait besoin d’un marché commun et plus vaste. Les anciens États communistes au sein de l’EU ont fourni à l’Allemagne, la France, l’Angleterre, un plus grand espace où elles ont pu facilement intensifier leur marché, l’Union Européenne devenant ainsi un concurrent plus fort pour non seulement la Chine et l’Inde mais aussi pour les Etats-Unis, le Japon et la Russie.

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Cette année a commencé avec un grand défi pour l’UE, en particulier pour l’Allemagne (moteur et contributeur majeur de l’UE) grâce à de coûteuses solutions financières pour maintenir la Grèce dans l’UE. Si la Russie ou la Chine avaient eu une implication quelconque dans cette affaire, il était très facile pour eux d’accorder un prêt à la Grèce pour sortir de l’UE. Mais ils ne l’ont pas fait.

Immédiatement après ce choc, il est apparu la crise migratoire qui n’a aucun lien avec la Grèce, mais trouve son origine dans la même tendance de vouloir saper l’économie de l’UE. Cette fois-ci, non plus, ni la Russie, ni l’Inde, ni la Chine n’apparaissent dans l’équation. La Commission Européenne a imposé des quotas obligatoires pour la redistribution d’un premier lot de 160 000 réfugiés. Etonnamment, l’Angleterre, fidèle allié des États-Unis, a été exemptée de la répartition des réfugiés sur son territoire. Et comme cette mesure encourage d’autres plus grandes vagues de migrants, il est prévu que l’ensemble des dépenses de l’UE serait supportées par les économies de la plupart des États membres.

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Les avions multi rôles des sultanats du Golfe (Qatar et Émirats Arabes Unis) ont été extrêmement utiles pour les Etats-Unis et l’Europe (France, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Canada, Danemark, Italie, Norvège, Espagne, Suède) lors de l’opération de bombardement de la Libye. L’opération a conduit au remplacement de Kadhafi par les hordes islamistes qui sont arrivées pour se battre entre eux depuis les quatre dernières années. Le phénomène de djihadistes de l’Isis qui détruit les fondations de la Syrie, a été créé avec l’aide de l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, et le soutien des Etats-Unis et ses alliés dont les principaux pays de l’UE.


Pour le complexe militaro-industriel européen, armer les riches califats du Golfe constitue une manne céleste. Cependant, ni eux ni leurs clients ne contribuent en rien à la résolution de la crise des réfugiés. Le Qatar est équipé de chars modernes Leopard 2A7 et d’obusiers automoteurs PzH 2000 fournis par l’Allemagne, de systèmes de missiles antichar HOT et MILAN et d’avions multi rôles Mirage 2000 fournis par la France.

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L’Arabie Saoudite a été armée par l’Allemagne avec des véhicules de transport amphibis TPz Fuchs , par la Grande Bretagne avec des avions multi rôles Eurofighter Typhoon, Panavia Tornado et des pièces d’artillerie FH-70, par la France avec des chars AMX-30, des véhicules de combat pour l’infanterie AMX-10P, des frégates de classe La Fayette, Al Madinah et des hélicoptères anti sous-marins AS565 SA Dauphin.

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Les Émirats Arabes Unis ont été armés par la France avec des chars AMX Leclerc, des véhicules de combat AMX-10P, des corvettes lanceurs de missiles de classe Baynunah, des avions multi rôles Mirage 2000-9, des avions de ravitaillement en vol Airbus A330 MRTT, des hélicoptères anti sous-marins Eurocopter AS 565 Panther ; par la Grande Bretagne avec des chars légers FV101 Scorpion, des pièces d’artillerie L118, des systèmes de missiles AA Rapier ; par l’Italie avec des corvettes lanceur de missiles de classe Abu-Dhabi.

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La morale et la politique multiculturelle dépendent en grande partie de la situation économique de l’UE. Par conséquent, l’introduction délibérée dans une économie en chute libre de millions d’immigrants, orchestrée par une main invisible, pourrait amener l’Union Européenne à y voir une solution pour mettre un terme à la dégradation de la qualité de vie des Syriens, des Yéménites, des Libyens, etc. L’UE pourrait traiter avec plus d’intransigeance des déclarations telles que celles de l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al-Thani, qui a dit que son pays ne reçoit pas de réfugiés Syriens, semblant motiver son refus par la crainte que les syriens puissent attaquer la population chiite locale. Cet argument ne tient évidemment pas puisque la Jordanie, beaucoup plus pauvre, a dans son territoire au moins 2 millions de réfugiés palestiniens sunnites (et chrétiens) à la suite des guerres israélo-arabes, 300 000 Irakiens et deux autres millions de réfugiés Syriens. Et personne n’a jamais entendu parler d’incidents entre chiites et sunnites en Jordanie.

Iordania.20150910jpgUne Union Européenne affaiblie signera sans aucune opposition le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TTIP), un accord commercial entre l’UE et les États-Unis, qui repousse les barrières du commerce (droits de douane, règlements et restrictions sur les investissements). L’essence du TTIP consiste à supprimer tous les obstacles tendant à limiter les bénéfices des sociétés transnationales.

En même temps, avec le TTIP, sont éliminés par les règlements qui protègent les citoyens européens, des abus des grandes corporations tels que le droit du travail, les règles de sécurité alimentaire, l’utilisation de produits chimiques toxiques et les lois relatives à la protection des données personnelles. Un mécanisme du TTIP appelé « résolution différends entre investisseurs et l’État » (ISDS), permet aux entreprises transnationales de poursuivre des gouvernements qui appliquent une législation nationale dont les décisions peuvent réduire leurs bénéfices. Une autre disposition de l’accord va permettre l’élimination des normes concernant les heures de travail et le minimum garanti des salaires, considérés comme des obstacles au commerce. Ainsi, les contrats collectifs de travail, sont considérés, dans le cadre du TTIP, comme des restrictions qui, du point de vue des entreprises transnationale, devront être éliminées.

Le but du TTIP est de créer de nouveaux marchés par l’ouverture, aux sociétés transnationales, des services publics et des marchés publics. Les cibles des privatisations massives sont les secteurs clés des États de l’UE, tels que la santé, l’éducation, l’ordre public, l’armée et les ressources naturelles.


Traduction Avic – Réseau International

Comment la consule honoraire de France alimente le trafic des réfugiès à Bodrum, en Turquie

Elle est propriétaire d'un magasin qui vend des bateaux pneumatiques et des gilets de sauvetage. "On est fautifs", avoue-t-elle, "mais si ce n'est pas nous, ç'en est d'autres."




L'enquête de France 2 démarre à quelques kilomètres de Bodrum, ville balnéaire de Turquie d'où partent depuis plusieurs mois les migrants vers la Grèce, puis vers les pays de l'Europe de l'Ouest. Sur la plage et dans les fourrés, les reporters de France 2 découvrent des vêtements épars, mais aussi des restes de bateaux pneumatiques et des emballages éventrés vraisemblablement destinés aux migrants. Qui vend ce matériel, utilisé notamment par les réfugiés qui prennent la mer ?
L'un de ces magasins appartient à la consule honoraire de France, installée dans la ville depuis de nombreuses années. Une plaque "Consul honoraire de France" est d'ailleurs apposée à l'entrée du magasin. Rappelons qu'il s'agit là d'une occupation bénévole, compatible avec une activité commerciale, comme l'indique le site du Quai d'Orsay.
Interrogée en caméra cachée, la patronne des lieux explique qu'elle n'est pas regardante sur l'identité de ses clients. A propos des migrants, elle assure : "On ne peut pas les empêcher de partir (...), et si nous, on ne vend pas, celui qui est à côté vendra, celui qui est derrière vendra…" se justifie-t-elle. Et d'ajouter : " Ça ne change absolument rien." A la question : "Vous êtes consciente que la consule honoraire de France alimente le trafic ?", elle répond "Oui", mais affirme qu'à Bodrum, d'autres sont dans ce cas : "la mairie", "le capitaine du port", "la sous-préfecture". "On est fautifs quand même, finit-elle par lâcher, mais si ce n'est pas nous, ç'en est d'autres."
Après la diffusion de ce reportage, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a aussitôt suspendu de ses fonctions la consule honoraire, indique le Quai d'Orsay.

mardi 8 septembre 2015

L’UC bouge sur le nickel

Avant de lire la nouvelle position de l'UC, un petit rappel des positions de nos leaders :
position du Président du PT le mercredi 12 août 2015
■ Rouleurs
Le parti travailliste considère qu’il faut suivre une stratégie minière de long terme, qui est de privilégier les usines calédoniennes on shore et off shore. Mais il faut dans le même temps résoudre le problème ponctuel que traversent les petits mineurs et les rouleurs. Par exemple en accordant une autorisation temporaire d’exportation vers la Chine. « Il faut éviter que les choses ne dégénèrent. »

Position du Vice-Président de l' USTKE  le vendredi 04 septembre 2015
Exportation sur la Chine
« Ouvrir une nouvelle ligne d’exportation, c’est un débat qui reste à entamer dans le cadre de la réflexion sur la stratégie minière. Nous ne sommes pas fermés vis-à-vis de cette question, explique le président par intérim du syndicat, ce qui nous intéresse, c’est que l’activité des rouleurs soit garantie. Si pour ça, il faut autoriser des exportations d’un volume déterminé et pour une durée limitée, il faut en parler. »

L’UC bouge sur le nickel

Publié le mardi 08 septembre 2015 à 03H00
Comme attendu, les membres du Groupe de travail des présidents et signataires ne se sont pas entendus sur la question électrique des exportations de latérites à destination de la Chine. Mais l’Union calédonienne a modifié sa position, et ouvre une porte.
Durant trois heures, les membres du GTPS ont échangé sur la définition et la valorisation des minerais à basse teneur.
Durant trois heures, les membres du GTPS ont échangé sur la définition et la valorisation des minerais à basse teneur.
Photo Thierry Perron
Rebelote. Comme le protocole d’accord signé le 28 août lors du conflit des rouleurs le prévoyait, les membres du Groupe de travail des présidents et signataires de l’accord de Nouméa (GTPS) se sont retrouvés, hier au haut-commissariat, autour de l’épineux dossier « nickel ».
Et à l’image de la précédente rencontre du 11 août, les acteurs autour de la table ne se sont pas entendus sur la question des demandes d’exportations de minerai à destination de la Chine. Bloc contre bloc. « C’est la deuxième fois que le GTPS est consulté sur la même chose. Qu’est-ce qu’il va y avoir de nouveau ? » soufflait un invité quelques heures avant le débat. Un petit bémol, en fait : les lignes de l’Union calédonienne ont bougé.

Doctrine. En préambule, le Syndicat des exportateurs de minerai (SEM), puis la Direction de l'industrie, des mines et de l’énergie (Dimenc), ont exposé leurs analyses sur les minerais dont la teneur en nickel est inférieure à 1,65 %.
Un stock de 21 millions de tonnes recensées aujourd’hui dans le périmètre des carrières en exploitation. Le point de la valorisation divise. Au point même d’avoir vu jaillir hier des échanges houleux entre deux des signataires, le loyaliste Pierre Frogier et l’indépendantiste Paul Néaoutyine. D’après le protocole d’accord, quatre sociétés minières ont déposé des demandes d’export de latérites vers la Chine. Les représentants de l’UNI et du Palika s’y opposent, confirmant la doctrine nickel promue dans le Nord : pas d’exportations de minerais, sauf à destination d’usines off-shore.
De même, Calédonie ensemble estime, notamment, ces sorties de produits contraires au schéma minier adopté par le Congrès à l’unanimité en mars 2009. Sur l’autre rive, les militants « Les Républicains » sont favorables aux demandes sollicitées.
Et l’Union calédonienne a hier créé un peu la surprise en modifiant sa position : d’accord pour les exportations vers l’« Empire du milieu », mais dans un temps et une quantité limités. « Ils jouent avec les limites du terrain ! » sourit un politique. « C’est plus compliqué », répond un cadre UC. Le plus vieux parti calédonien devrait préciser sa pensée devant les médias en fin de semaine. De prime abord, ce nouvel avis de l’Union calédonienne vient heurter sa résolution sur l’export de minerais adoptée au 45e congrès du mouvement, en novembre dernier à Koné.
L’organisation s’était engagée dans « l’arrêt total des exportations de minerais bruts non générateurs de plus-values pour le pays, dans un processus progressif à achever d’ici 2019 ».

Arrêt. Désormais, des mineurs « en grande difficulté », d’après des échos à l’UC, seraient donc autorisés ponctuellement à exporter, avant l’échéance, vers la nation chinoise. En clair, il ne s’agit « pas d’ouvrir des filières par exemple sur dix ans ». Ce n’est pas un grand secret, Wilfrid Maï, de MKM, est un proche de l’UC.
Suite à ces discussions électriques, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie doit maintenant ouvrir le dossier dans une semaine, mardi ou mercredi.
La nouvelle position de l’Union calédonienne, représentée par trois membres au sein de l’exécutif, peut faire pencher la balance en faveur des requêtes des sociétés minières. Les tractations se poursuivent.

L’avertissement de ContraKmine
Dans un communiqué diffusé hier soir, ContraKmine « prend acte de la décision des membres du GTPS qui ont statué favorablement aux différentes demandes d’exportations de minerais à destination de la Chine ». « Le président du gouvernement, à la sortie du GTPS, annonce, sans concertation avec les responsables du ContraKmine et du SEM, le report de la réunion du CCEM [Comité du commerce extérieur minier, NDLR], initialement prévue ce vendredi 11, au mardi 15 septembre. Nous rappelons aux personnes signataires de ce protocole de respecter leurs engagements au risque d’avoir un nouveau conflit dans le pays. Le ContraKmine marque son opposition à reporter la réunion du vendredi 11 septembre et souhaite que le président du gouvernement revienne à de meilleures intentions. Nous exigeons donc le maintien de cette réunion, comme prévu dans le calendrier.»

Réactions

Philippe Germain (CE)

« Faire évoluer le schéma minier »
« Le premier point de satisfaction est que nous sommes tous d’accord pour nous doter d’une stratégie nickel qui fasse évoluer l’actuel schéma minier.
S’agissant des demandes actuelles d’exportations, que ce soit vers la Chine ou vers le Japon, il n’y a toujours pas de consensus, ce qui montre bien que le gouvernement a eu raison de soumettre la question au GTPS et au Congrès. Cela dit, le positionnement de l’UC s’est modifié en prônant l’ouverture vers la Chine d’exportations en quantité limitée, dans une durée limitée, de sous-produits miniers dont c’est le seul débouché possible.
Mais il faudra voir dans quelle mesure cette position est compatible avec les demandes formulées par les mineurs. Il faudra que l’Union calédonienne précise les choses, auquel cas il pourrait y avoir une majorité. Si les conditions posées ne cadrent pas avec les demandes des mineurs, elles ne pourront pas être examinées en l’état. »

Victor Tutugoro (UNI)

« Des discussions assez vives »
« Nous avons examiné le document élaboré par le syndicat des exportateurs miniers et la Dimenc. Cela a donné ensuite des discussions assez vives, compte tenu de ce qui s’était dit lors des jours précédents.
Ce rapport va être transmis au gouvernement qui va l’examiner. Je retiens de cette réunion qu’il est important désormais d’élaborer très vite une stratégie à l’échelle du pays. En revanche, il n’y a pas eu de consensus sur la question des exportations vers la Chine.
Quant à la position de l’UC qui s’est modifiée sur cette question, dans l’éventualité où elle pourrait amener le gouvernement à se prononcer favorablement envers de telles exportations, c’est une mesure que nous condamnerions. On connaît le positionnement de la province Nord sur le sujet, on connaît la doctrine nickel que nous portons, et nous restons catégoriquement contre toute exportation de minerai en dehors des clients traditionnels. »

Pierre Frogier (Les Républicains)

« Sortir de cette crise »
« La question soulevée par les mineurs et les rouleurs des autorisations d’exportation de minerais vers la Chine est la conséquence d’une absence d’anticipation par les pouvoirs publics de la mutation qui s’est opérée ces dernières années, du fait de l’apparition de nouveaux opérateurs (KNS et Vale) aux côtés de l’opérateur historique :
la SLN. Une réflexion globale pour articuler, organiser et encadrer les relations entre ces trois opérateurs est seule susceptible de permettre à chacun des acteurs de trouver leur place (mineurs, rouleurs, industriels). En attendant l’aboutissement d’un tel schéma, pour lequel je ferai des propositions prochainement, je réaffirme la nécessité d’autoriser temporairement les exportations de latérites vers la Chine limitées en volume, en teneur et dans le temps pour sortir de cette crise et préserver notre secteur minier et industriel. »

Roch Wamytan (UC)

« Une durée très limitée »
« L’Union calédonienne a arrêté la position suivante. D’abord nous défendons la doctrine nickel du FLNKS qui a été mise en place en province Nord (contrôle de la ressource et des outils de valorisation).
Maintenant, il y a le problème conjoncturel mis à jour par le conflit des rouleurs.
Nous avons des familles, des militants qui traversent des difficultés et que nous devons écouter. Le document fourni par la Dimenc nous montre qu’il y a des sous-produits dans les verses, dans les curages et les décharges, qui ne peuvent être exportés que vers la Chine. Nous sommes d’accord pour que ça puisse se faire sur des volumes et sur une durée limités.
Ça ne revient pas à piller la ressource ni à contredire notre stratégie, qui consiste à aller vers l’arrêt progressif des exportations de nickel à l’horizon 2019. Et, bien sûr, ce serait reconsidéré si le partenariat entre la SMSP et le Chinois Jinchuan venait à se concrétiser. »

source 

dimanche 6 septembre 2015

je vous laisse à votre conscience !! Et surtout pas de pleurs ! »

« Je lui dirai ce que vous m’avez fait subir !
Je lui demanderai pourquoi vous ne m’avez pas laisser grandir ?
Je lui raconterai les souffrances de ma mère sans sommeil !
Je lui parlerai du désarroi de mon père impuissant, et sans travail.
Je lui demanderai pourquoi vous avez perturbé mon sommeil ?
Je lui dirai que vous avez détruit ma maison !
Je lui dirai aussi que vous avez détruit l’école de mes frères !
Je lui demanderai pourquoi le monde est resté sourd à mes pleurs ?


Je lui demanderai où sont passés les Hommes dignes et les valeurs ?


Échoué sur une plage, Je quitte ce monde et je vous laisse à votre conscience !! Et surtout pas de pleurs ! »

 
Dr Lahna, depuis Alep (Syrie) au petit matin… 


 

samedi 5 septembre 2015

DÉCRYPTAGE - Bougainville : l'indépendance et la mine

D'ici cinq ans, les habitants de Bougainville décideront s'ils veulent être indépendants ou s'ils préfèrent rester au sein de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. 
© ABC RADIO AUSTRALIA

C'est ce qui est prévu par les accords de paix de 2001, conclus entre les rebelles bougainvillais et le gouvernement de Port-Moresby à l'issue d'un conflit sanglant. L'utilisation des ressources minières de l'île est le principal déclencheur des violences. Encore aujourd'hui, la mine de Panguna est au cœur de l'avenir politique du pays.
 

Historique du conflit 

Les revendications sécessionnistes des Bougainvillais remontent aux années 1960, avant même l'indépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le mécontentement des habitants de Bougainville s'est encore intensifié quelques années plus tard, avec la construction de la mine de Panguna. En 1967, le groupe minier australien Rio Tinto signe un accord avec le gouvernement australien, alors puissance coloniale. La production a commencé cinq ans plus tard. 
Ciaran O'Faircheallaigh, chercheur à l'université Griffith, s'est rendu à Bougainville dans les années 1970 pour étudier les conséquences de l'accord : 
 
« La plupart des habitants ne voulaient pas de la mine, elle leur a été imposée par l'administration coloniale à travers une loi, l'accord de cuivre de Bougainville, et ils n'ont pas eu leur mot à dire. À plusieurs reprises, l'administration coloniale a dû faire appel à la police anti-émeute pour réprimer l'opposition à la mine. C'est une partie essentielle de l'histoire, et c'est même essentiel par rapport à ce qui se passe ces derniers temps. »
 
Si l'opposition à la mine est si forte depuis le début, c'est notamment parce que cela engendre des pertes de terrains. Des habitants ont été relogés dans des endroits où ils ne pouvaient plus cultiver leurs légumes. D'autres ont empiété sur les terres coutumières de leurs voisins.
 
 

Terrains perdus, rivières polluées

 
Alors que les Bougainvillais perdaient leur ressource principale, les propriétaires de la mine se frottaient les mains. L'exploitation de la mine d'or et de cuivre de Panguna marchait si bien que Rio Tinto a amorti son investissement en seulement deux ans et demi. 
 
En plus de ne verser que de minimes compensations aux habitants, l'exploitant de la mine a ravagé l'environnement. À l'époque, les compagnies minières avaient le droit de déverser leurs déchets dans la rivière. 50 millions de tonnes ont alors été tout simplement versées dans la nature. En l'espace de deux ans, les rivières des alentours de la mine étaient biologiquement mortes.
 
Le ressentiment de la population, qui voyait les bénéfices de cette exploitation dangereuse partir à Port-Moresby, n'a cessé de grandir, comme le rapporte Anthony Regan, avocat et conseiller de l'actuel gouvernement de Bougainville :
 
« Pendant les années 1980, une nouvelle génération de propriétaires de la zone où la mine a été construite devenait adulte. Eux n'avaient pas reçu de compensation pour la perte de leurs terres et la mine ne leur donnait pas de travail. Les Bougainvillais n'occupaient que 30% des postes, qui ont été réduits de 10 000 lors de la construction de la mine à 3 500 lors de son exploitation. »
 
La situation a dégénéré et la mine a fermé en 1989. Elle n'a jamais rouvert, jusqu'à présent.
Pendant des années, l'île a été le théâtre d'un conflit sanglant autour de l'indépendance, avec la mine de Panguna en arrière-plan.
 
 bougainville a besoin de l'argent des mines
 
Après sept ans de négociations, l'implication de la Nouvelle-Zélande, de l'Australie et des Nations unies, un accord de paix a été signé en 2001. Bougainville bénéficie depuis d'une large autonomie, y compris dans le secteur minier, souligne Ciaran O'Faircheallaigh :
 
« Compte tenu de l'histoire, la mine était bien sûr une question très sensible. L'accord de paix autorise Bougainville à prendre le contrôle du secteur minier dès que le gouvernement local a la capacité de le faire. La province vient en fait de terminer ce processus de prise en charge des questions minières, ça a été fait en mars dernier. C'est unique en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans toutes les autres régions, c'est le gouvernement national qui a le contrôle sur les mines. »
 
Maintenant qu'il a tous les pouvoirs en la matière, le gouvernement de Bougainville va-t-il relancer la mine de Panguna ? Une question inévitable, explique Anthony Regan :
 
« Il y a un consensus à Bougainville parmi les dirigeants et la grande majorité des habitants : ce sera très difficile d'avoir soit l'indépendance soit l'autonomie réelle sans l'exploitation minière. Le budget de la province est d'environ 150 millions de dollars aujourd'hui, alors que les recettes n'atteignent que 12 millions de dollars. Bougainville dépend des aides extérieures. Le cacao, qui est la principale industrie de l'île, ne génère que 80 000 dollars par an, donc même en augmentant les taxes sur sa production, ça ne suffira pas à garantir l'autonomie financière de Bougainville. »

 Pour tenter de trouver une porte de sortie à ce casse-tête, certains proposent une autre solution : ne pas rouvrir Panguna, mais exploiter d'autres mines dans la province.

vendredi 4 septembre 2015

Européens, BANDES D'HYPOCRITES !


Satanés hypocrites, 

Vous (l'oligarchie occidentale) créez des guerres dans des pays qui ne vous ont rien demandé
Votre seul projet, piller leurs matières premières, même si pour cela, les autochtones doivent saigner
Des dommages collatéraux cela entraîne, puisque vous transformez en NOMADES des SÉDENTAIRES qui ne se seraient JAMAIS vus, sans votre intrusion, quitter leur terres.
VOUS AVEZ LE CULOT de dire après cela que vous ne voulez pas d'eux sur vos terres.
Malins comme vous êtes, vous présentez ces "déportés économiques" comme des envahisseurs alors qu'ils viennent naturellement chercher ce que chez eux vous avez pillé.
Nous n'avons strictement QUE FAIRE de votre tour EIFFEL ou de votre BIG BEN. Allez dire cela à Sarko, Hollande ou Marine LE PEN. Cessez de PILLER CHEZ NOUS et plus personne ne viendra chez vous.
Vous n'êtes pas un rêve pour l'Humanité. Vous vous apparentez plus à un cauchemar lorsque l'on étudie réellement le fonctionnement de vos sociétés.

Un jour viendra où ce sera vous qui coulerez, et croyez le bien, personne ne viendra vous sauver.

Kanaky : Arrêt des exportations

Nakety 
L’arrêt des exportations de minerai demandé par Calédonie Ensemble et l’Union Calédonienne fait échos à la Doctrine Nickel développée par les présidents de l’assemblée de la province Nord et de SMSP. Au même titre que la participation majoritaire de cette dernière dans les projets industriels, il s’agit d’un projet politique visant à contrôler la ressource minière afin de garantir un retour de valeur ajoutée lors de sa transformation. Tel est donc le contexte qui détermine aujourd’hui le champ dans lequel nous entendons les autorités dire qu’il n’est pas opportun d’exporter du minerai en Chine. Aussi, pour justifier l’embargo, comme ce fut le cas en Indonésie, SMSP fait valoir un manque à gagner pour le territoire de plusieurs milliards par an – et ce sur la base d’une projection consistant à démontrer ce que pourrait rapporter à la Nouvelle-Calédonie l’exportation vers la Corée si le minerai destiné à des clients traditionnels était entièrement dédié à sa transformation par l’usine de POSCO. Or, si cette stratégie commerciale peut paraître logique et tout à fait légitime du point de vue strictement politique, elle repose en revanche sur des arguments techniques et économiques qui ne sont pas fondés. Il existe en effet un profond décalage entre le discours politique et les orientations stratégiques industrielles, les pratiques minières et les engagements pris au sein des partenariats. En voici la teneur…
Exportation des garniérites. Depuis l’entrée en vigueur du schéma minier en 2009 et durant la période allant du 1er janvier 2010 au 30 juin 2015, la Nouvelle-Calédonie a exporté très exactement 134 609 tonnes de nickel contenu dans des garniérites à destination de la Corée et 99 343 tonnes vers le Japon. Partant de là, caractérisons, même sommairement au cours de cette période, les teneurs contenues dans le minerai et ventilons-les selon les destinations. Les teneurs représentatives vont de 2,23% en 2009, puis de 2,09 à 2,0% avec une moyenne supérieure à 2,05% pour la Corée et de 2,13% à 1,5% avec une moyenne inférieure à 2% pour le Japon. En 2014, les teneurs en nickel contenues dans les garniérites exportées étaient de 2% pour la Corée et de 1,93% pour le Japon. Par la voix de son comité de soutien, la Doctrine Nickel réaffirme que les petits mineurs « pillent la ressource », déclaration qui au regard de ce qui précède n’est absolument pas justifiée. Mais au-delà du jeu de langage et de ses énoncés dénotatifs visant à discréditer les référents et à mobiliser les véritables destinataires, le but recherché est que le minerai traditionnellement destiné au Japon soit redirigé vers la Corée afin d’alimenter l’usine de Gwangyang pour le compte de NMC qui n’est pas en mesure de le faire. Dans une interview parue le 2 septembre dans La Tribune, André Dang affirme que « l’an dernier le volume de minerai calédonien envoyé aux fondeurs japonais s’est élevé à l’équivalent de 25 600 tonnes de métal. Si ce nickel métal avait été produit par l’usine en Corée, la Nouvelle-Calédonie aurait bénéficié de 5 milliards de francs CFP de dividendes supplémentaires ». Cette affirmation est totalement surréaliste, bien qu’étant assez révélatrice du type de projections que fait le président de SMSP. En effet, au cours de cette année 2014, NMC a exporté un volume identique, très exactement 24 497 tonnes de nickel contenu dans du minerai à destination de la Corée. Cela nous permet donc de se faire une idée des pertes et profits générés. A la lecture des comptes de résultats, la société minière NMC a réalisé une perte de 2,2 milliards de francs alors que l’usine SNNC a généré un profit de 4,1 milliards, soit un peu plus de 2 milliards de dividendes potentiels pour l’usine au titre des 51% pour un tonnage identique. Comment alors SNNC aurait-elle pu générer un profit additionnel de 10 milliards en doublant la production afin que SMSP puisse percevoir 5 milliards de dividendes supplémentaires ? Non seulement cela est absolument impossible au regard des performances de la filière, mais deux raisons majeures permettent de comprendre pourquoi ce ne peut pas être le cas. La première d’entre elles est purement technique et concerne le minerai et les hommes qui le transforment en métal. Il est en effet de notoriété publique que dans le domaine du nickel les coréens ne disposent pas du savoir-faire japonais vieux de plus de 50 ans. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’équipe de Konetec constituée d’anciens cadres de PAMCO est venue assister les coréens lors de la construction et mise au point de l’unité de production. Aujourd’hui encore, en dépit d’un véritable savoir-faire sidérurgique appliqué à l’acier et d’un avantage compétitif dû à la taille de leurs infrastructures, les coréens sont incapables de valoriser des minerais de nickel d’une teneur inférieure à 2%. Ce qui veut dire qu’il n’y a pas de débouché en Corée pour la plupart des minerais calédoniens envoyés au Japon. L’imparfaite maitrise des techniques de fusion s’explique naturellement par le manque d’expérience, puisque POSCO est un aciériste, non un fondeur – et que SNNC est la toute première unité coréenne transformant du minerai de nickel en métal contenu dans des ferronickels. La preuve en est que SNNC dut à plusieurs reprises changer les briques réfractaires de son four. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ses ingénieurs sont particulièrement intéressés par les visites de l’usine de Doniambo pour qui (1) la longévité des fours reste une énigme et (2) les techniques d’homogénéisation du minerai le résultat d’une longue expérience. Sur le plan commercial, POSCO bénéficie en revanche d’un accord lui garantissant la sécurité d’une partie de son approvisionnement ainsi qu’un prix mécaniquement inférieur au prix du marché pour la fourniture d’un minerai de teneur moyenne en nickel facturé sur la base d’une teneur de référence de 2,27%. SMSP a en effet très mal négocié l’accord valide pour une durée de trente ans et est aujourd’hui tenue par cet engagement, puisque pour les teneurs inférieures à la valeur pivot la société minière paie des pénalités au partenaire coréen (pour de plus amples détails sur le partenariat, se référer aux articles L’emprise de POSCO, Une autre ligne pour POSCO ou encore, Au-delà des intentions). Pour cette deuxième raison, les garniérites à basses teneurs exportées vers le Japon ne peuvent donc pas être traitées en Corée car cela génèrerait des pertes encore plus conséquentes pour NMC, qui serait contrainte, elle, d’acheter le minerai au prix du marché. Aussi, cette dernière observation conduit à admettre que les projections de manque à gagner faites par SMSP ne sont pas du tout pertinentes ; d’autant que ce sont justement les deux raisons ici invoquées qui font que NMC se trouve en difficulté. Du fait du déséquilibre structurel du partenariat, NMC n’a pas été en mesure de financer les campagnes d’exploration de son domaine minier (représentant tout de même 13% des surfaces minières concédées du territoire), raison pour laquelle elle ne peut donc pas alimenter seule l’usine coréenne.
Exportation des latérites. De 2010 à mi 2015, 81 710 tonnes de nickel contenu ont été exportées vers l’Australie et 3 000 tonnes vers la Chine. Dans les projections de SMSP faites sur la base des résultats du partenariat existant, figurent bien évidemment le minerai latéritique qui ne peut être traité dans une usine offshore en Corée, mais le serait en Chine, au travers d’un partenariat du même type avec Jinchuan. L’argument de vente consiste ici à dire qu’il vaut mieux nous-même transformer ce minerai en métal plutôt que de le vendre en l’état puisque dans les deux cas le consommateur final n’est autre que la Chine. Les volumes représentent en effet quelques 20 000 tonnes de nickel contenu par an (si l’on fait abstraction du premier semestre 2015), de quoi envisager l’alimentation d’une usine. Ici l’argument se tient donc, sauf qu’il va à l’encontre du schéma minier qui garantit les exportations vers le client traditionnel qu’est l’Australie. Mais admettons que ce soit le cas et que dans l’absolu, en raison de l’évolution du marché, la Chine soit désormais considérée comme étant un (nouveau) « client traditionnel ». Dans cette éventualité, même si SMSP obtenait les permis de recherche pour concrétiser son partenariat avec Jinchuan, il faudrait dans le meilleur des cas au moins cinq ans avant que sa filiale minière CCMC soit capable d’explorer son domaine, puis d’ouvrir les mines afin d’approvisionner l’usine en Chine. Vu les antagonismes existants que le conflit des rouleurs a révélé aux citadins, il est clair que l’obtention des permis de recherche puis des autorisations d’exploitation ne manquera pas de générer des oppositions multiples et frontales sur le terrain. En Nouvelle-Calédonie, force est de constater que la terre n’appartient pas à ceux qui la travaille mais à ceux qui pensent en avoir hérité du temps d’avant la colonisation, ainsi qu’à ceux qui pensent pouvoir parler en leurs noms au sein d’institutions nées de la colonisation. A l’instrumentalisation (classique) des syndicats et (nouvelle) des groupes de pression environnementaliste, vient donc s’ajouter celle de légitimités coutumières diverses et antagonistes – ceux qui se revendiquent comme tels, ou faute de reconnaissance par les instances coutumières en place, s’identifient comme ayant un lien de sang avec la terre. Aussi, les grands projets miniers n’ont pas la même résonance selon que l’on vive en brousse ou dans les quartiers Sud, selon que l’on s’inscrive ou pas dans le matérialisme historique de la lutte pour l’indépendance. Outre la gestion permanente des conflits, l’ouverture des mines nécessitera également des moyens financiers colossaux dont ne dispose pas SMSP. Enfin, au regard du schéma minier, rien ne peut contraindre les autres mineurs à alimenter l’usine de Jinchuan plutôt que l’Australie ou un autre client chinois, car il s’agit bien d’une exportation de minerai et non d’une transformation dans une « installation locale ».
Les limites intrinsèques à la Doctrine Nickel. Clairement, il existe une véritable rupture entre le but officiellement présenté par la Doctrine et ce qui relève de la stratégie industrielle. Par l’intermédiaire de SMSP, la province Nord prétend avoir bouleversé les règles du jeu de l’économie (internationale) du nickel alors que son discours a avant tout une vocation politique, donc domestique. En voulant s’imposer au niveau du territoire, et donc à l’ensemble de la profession, elle fait fi de l’hétérogénéité des différents prérequis économiques que sont la liberté du commerce, le jeu de la concurrence, la compétitivité des entreprises. Pour des raisons purement politiques, le rapport au savoir (détenu par la DIMENC) est légitimé par le recours au narratif (dédié au populaire). Cette démarche doctrinaire vise donc essentiellement à prendre le contrôle de la ressource minière (apparemment appartenant aux calédoniens) en échange d’une prise de participation majoritaire dans le capital social des co-entreprises portant les projets. Mais, contre toute attente et espérance, cette démarche ne permet pas de s’assurer du retour de valeur ajoutée produite – et pour cause ? Pour des raisons financières, les deux projets industriels existants ont été laissés aux mains des multinationales étrangères qui assurent l’intendance et gèrent donc d’une manière unilatérale les « usines de SMSP » ainsi que la « ressource du pays ». D’ailleurs, on peut s’imaginer que Glencore et POSCO ne resteront pas les bras croisés et qu’ils s’efforceront de faire en sorte qu’un nouveau partenariat (avec Jinchuan) ne voit pas le jour. Mais dans l’agora calédonien, malgré les données détenues par la DIMENC, on constate que la réalité sur la situation économique du nickel ne peut pas se légitimer par ses propres moyens réglementaires. Pour ce faire, elle doit avoir recours au non-savoir économique, c’est-à-dire au faire-savoir qui est strictement politique et passe par les fourches caudines des présidents de provinces et du gouvernement. Vu l’importance que revêt la terre (plutôt que le nickel) dans l’imaginaire collectif indépendantiste, il est clair que les ténors des partis aujourd’hui au pouvoir se doivent d’être discrets sur les difficultés financières que rencontre SMSP. Face à leurs militants, ils ne peuvent pas non plus admettre que, faute de surface financière et de culture industrielle, ils se sont totalement fourvoyés sur leur capacité à valoriser la ressource au profit des calédoniens. Reste donc le discours, seulement le discours !
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