Mordechaï Vanunu, avec en arrière-plan l’image satellite du centre de production de plutonium militaire de Dimona, en Israël
Emprisonné durant 18 ans à Jérusalem, pour avoir révélé, en 1986,
qu’Israël possédait secrètement deux cent bombes atomiques, libéré en
2004, Mordechaï Vanunu, n’est toujours pas libre de ses mouvements. Il a
demandé à bénéficier de la loi dite de « révocation de la citoyenneté israélienne »
qui permet à la Cour suprême d’Israël de destituer de leur nationalité
les Israéliens condamnés pour traîtrise ou espionnage. La Cour a refusé
d’accéder à sa demande. Privé de liberté, cantonné à Jérusalem sous
surveillance policière, toutes ses demandes de pouvoir quitter Israël
lui ont été refusées. Nous l’avons vu la dernière fois en 2006. Il ne se
sentait pas bien en Israël où, disait-il, tout le monde le considérait
non pas comme un courageux lanceur d’alerte mais comme un traître. Il se
savait espionné en permanence ; tel une bête traquée, il craignait
d’être arrêté à tout instant. Ce qu’il nous a révélé, une année plus
tôt, dans ce remarquable entretien au sujet du prétendu danger nucléaire
iranien – un pays qu’Israël menace et diffame depuis plus de 30
ans – démontrait que les cruelles sanctions imposées par l’Occident à
l’Iran, ainsi que les incessantes accusations au sujet de l’arme
nucléaire, n’étaient que manœuvres et mensonges destinés à l’isoler, l’affaiblir et le saigner, pour assurer la prééminence d’Israël.










